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Mémorial de l'officier du génie, p

CASERNES

nous voyons adopter ensuite ces bâtiments monumentaux, ressemblant plutôt à un fort qu’à une habitation, avec cour intérieure, fermée de tous côtés par des logements énormes n’ayant qu’un escalier à chaque extrémité, et dans lesquels les chambres prennent des dimensions plus grandes. Il existe un corridor longitudinal placé à l’intérieur, qui réunit les différentes chambres.

Les reproches faits à ce genre de construction peuvent être résumés dans les quelques formules suivantes : Cour obscure, mal aérée, et par conséquent humide. — Orientation forcément mauvaise de deux bâtiments sur quatre. — Communication constante et forcée des hommes entre eux en raison de la pénurie des dégagements qui ae peuvent se faire que par quatre escaliers à raison de un à chaque mgle de la caserne. Il est difficile dans ces conditions de chercher à limiter une maladie contagieuse au début. La caserne du Châteaud’Eau, àParis, représente d’une façon complète le type quadrangulaire.

A ce groupe appartiennent en général les vieux couvents, séminaires, etc., aménagés après la Révolution pour y recevoir des troupes.

On ne vit d’abord que les inconvénients d’une obscurité gênante pour le service et les dangers d’une humidité persistante, et les seules modifications apportées dans la suite au type quadrangulaire eurent pour but d’aérer la cour en séparant les bâtiments les uns des autres, tout en conservant leur disposition en carré. Le nombre des escaliers était augmenté à raison de deux par bâtiment. A ce type répond la caserne Coislin, de Metz1 (1726-1731).

Tous les bâtiments construits jusque-là pour l’usage de l’armée restaient encore insuffisants, et les bourgeois des villes réclamaient de plus en plus contre l’obligation du cantonnement; l’Etat ne les avait pas encore exonérés et la situation était restée la même dans nombre de villes de garnison privées de casernes. Leurs revendications faillirent aboutir sous le ministère du marquis de Monteynard, qui prit en considération les griefs des villes et décida la création de bâtiments assez considérables pour loger toute l’infanterie. En 1786, il fit ouvrir un concours entre les ingénieurs français pour un nouveau projet de casernement; il était spécifié que des locaux accessoires, aménagés en dehors des bâtiments affectés aux hommes, seraient réservés aux cuisines. Mais la Révolution arrêta l’exécution de ces projets en mettant à la disposition du gouvernement les biens ecclésiastiques.

Durant les guerres de l’Empire, les troupes furent plus souvent

cantonnées en pays conquis que sur le sol français; néanmoins, pendant les courtes périodes de répit que lui laissaient ses victoires. Napoléon envisagea souvent la nécessité d’une amélioration dans le casernement des troupes.

En 1804, la substitution des cuisines communes aux ordinaires par chambrée entraîne la disparition des cheminées dans les chambres.

Dans les casernes Yauban, la suppression de la cheminée permet, en réunissant par une grande baie deux chambres de 12 hommes, d’obtenir des grandes chambres (22 lits) éclairées sur les deux façades.

En 1818 la construction des casernes entre dans les attributions des officiers du génie.

Ceux-ci reprirent le type quadrangulaire dans lequel ils supprimèrent le corridor intérieur.

En 1820 le général Haxo supprima l’un des deux escaliers de chaque élément pour créer des chambres de sous-officiers à chaque étage; le rez-de-chaussée fut muni de galeries couvertes à arcades très utiles pour les cas de mauvais temps.

En 1822, le colonel Emy élargit les chambres et les cages d’escaliers et perça dans tous les murs de refend une porte permettant à toutes les chambres de communiquer entre elles, disposition regrettable au point de vue hygiénique.

En 1823, le colonel Belmas rétablit le corridor intérieur mais limite la hauteur de ses parois à 1 mètre, puis il ménage sur toute la longueur une série de colonnes soutenant le plafond. Ces dispositions étaient destinées à supprimer l’obscurité du couloir central et donnaient la possibilité de placer entre les colonnes des râteliers d’armes et des armoires destinées à contenir les effets des hommes. En même temps on répudie les chambres de 8, 10 et 12 lits en usage d’après les types Yauban. Belmas chercha à justifier le système des vastes pièces en invoquant des considérations d’économie et la facilité plus grande de la ventilation.

De 1830 à 1860, on voit adopter cet aménagement intérieur, consistant à y accumuler quatre rangées de lits dont une double placée au milieu1. Les cuisines, latrines, locaux disciplinaires, etc., étaient séparés du bâtiment principal et placés dans des constructions spéciales adossées au mur qui entoure le quartier.

On commence, en somme, à introduire dans l’aménagement intérieur de la caserne une notion hygiénique qui consiste à favoriser la ventilation naturelle et l’accès de la lumière par la suppression aussi complète que possible des cloisonnements. Il ne faut pas perdre

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