Simon, Arch. de méd. milit ., 1908, p
HYGIÈNE HOSPITALIÈRE
U instruction du 27 août 1907 adopte pour les hôpitaux militaires à construire le type à pavillons séparés : L’hôpital comprendra les pavillons de malades et les bâtiments nécessaires pour l’installation des services généraux et spéciaux.
Il comportera deux pavillons de fiévreux, deux pavillons de blessés et un pavillon de contagieux; celui-ci sera complètement séparé de l’hôpital général, tout en restant desservi par les mêmes organes généraux à la faveur de dispositions spéciales maintenant son isolement.
Pour éviter de multiplier les bâtiments, les officiers et les sousofficiers, en raison de leur petit nombre, pourront être logés à l’étage du pavillon de l’administration.
Le plan général de l’hôpital sera subordonné aux dispositions du terrain choisi. On se conformera toutefois aux règles générales ciaprès, les pavillons de malades, le pavillon de l’administration, celui des bains et des cuisines, le pavillon des services spéciaux (bactériologie, radiographie, etc.) seront groupés au centre et reliés entre eux, au rez-de-chaussée, par des galeries couvertes fermées par des châssis vitrés mobiles.
Sur les côtés trouveront place : le casernement des infirmiers et les autres dépendances : buanderie, service de désinfection, dépôt mortuaire, ateliers, etc., etc.
Les parties libres du terrain seront transformées en jardins et en cours, aménagés de manière à attribuer, autant que possible, un secteur à chaque catégorie d’hospitalisés (fiévreux, blessés et divers groupes de contagieux).
Un mur d’enceinte clôturera le tout. Un chemin intérieur longera ce mur et les bâtiments annexes qu’il desservira. Des bouches d’incendie seront établies à la portée des bâtiments.
B. Dispositions générales intérieures. — Ces dispositions comprennent :
La répartition des salles de malades et services annexes.
L’installation des services généraux.
La constitution des différentes parties du logement : sol, murs, plafonds.
Le mobilier.
1° Répartition des services , des salles de malades , services annexes et services généraux. Les dispositions modernes qu’on doit rechercher sont différentes suivant qu’il s’agit d’un service de chirurgie ou de médecine.
En chirurgie , le grand principe à réaliser, c’est avant tout la séparation des suppurants et des non suppurants.
On le mettra en pratique en établissant doubles salles de malades, d’opérations, de pansements, d’anesthésie.
TRAITÉ D’YIIGIÈNE MILITAIRE
Les grandes salles pourront être conservées sans inconvénient, à condition d’y annexer un certain nombre de chambres individuelles destinées aux opérés. Ce nombre sera calculé sur la moyenne journalière des opérations exécutées. Il sera très différent suivant les hôpitaux et on ne peut tracer de règle à ce sujet.
Les salles seront situées de préférence au rez-de-chaussée de façon à ne pas imposer un trop long et difficile transport aux hommes atteints de traumatismes.
Dans les services de médecine de nos hôpitaux existent actuellement de grandes salles contenant 30 à 50 lits. Ceux-ci sont souvent très rapprochés les uns des autres. C’est ainsi qu’à l’hôpital militaire du Val-de-Grâce, dans les salles affectées aux malades ordinaires, on compte 48 lits et ceux-ci sont répartis par groupes de deux séparés l’un de l’autre par un espace de 0 m. 25 à 0 m. 30 environ. Chaque groupe est distant l’un de l’autre de 1 m. 25. Une telle disposition est d’autant plus regrettable que les malades sont atteints en majeure partie d’angine, d’affections des voies respiratoires, s’accompagnant de toux, et donnant par conséquent naissance à la projection au dehors de particules extrêmement ténues, liquides, qui se disséminent autour du malade dans un rayon de 1 mètre à 1 m. 50. On observe souvent par ce fait des cas de contagion d’angine surtout. Il y a donc lieu d’une part de compartimenter ces grandes salles de façon à réduire le nombre des lits à 6 à 10 au plus et réserver de chaque côté un espace libre de 1 m. 50, au minimum.
De plus, il y aura lieu de prévoir pour chaque service un nombre de chambres individuelles égal au quart du chiffre total des lits soit : pour un service de soixante-dix à quatre-vingts lits en moyenne, vingt chambres d’isolement. Il serait désirable que chaque malade fébricitant atteint d'angine ou d'affection des voies respiratoires put être isolé pendant toute la période aiguë de sa maladie pour être évacué ensuite sur la salle commune.
Les dimensions des chambres seront calculées sur les bases de 10 mètres carrés par lit et de 40 mètres cubes par malade. En général le cubage des salles doit être pour chaque malade accru progressivement en rapport avec le nombre des lits. C’est ainsi qu’on devra prévoir ;
43 mètres cubes pour une chambre à 8 lits.
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