E. Arnould, Revue cVhygiene, 1909, p
dans ces derniers temps des crachoirs en carton paraffinés (Fournier), garnis à l’intérieur de poudre de tourbe et devant être incinérés après usage. Ils ont donné de bons résultats; reste à évaluer la dépense qui incomberait de ce fait au service de santé. Mais il y a lieu de remarquer que la fragilité des crachoirs en porcelaine est une cause de dépense considérable.
On peut utiliser comme abaisse-langue des tiges de verre ou simplement le manche d’une cuiller conservée d’une façon constante dans un vase contenant un liquide antiseptique. Les objets culinaires , y compris les couteaux, devront être à manche métallique.
Chaque lit devra être muni, suivant indication, d’une éprouvette en verre remplie d’un liquide antiseptique et contenant un thermomètre et les canules à lavement et à lavage. Les irrigateurs devront être remplacés par des bocks métalliques. Chaque salle ou chaque groupe de salle devra être muni de plusieurs baignoires roulantes et de prises d’eau chaude et froide.
Vases plats. — Les vases destinés à recevoir les déjections alvines des malades au lit doivent être plats. Ils seront en porcelaine et désinfectés après chaque exonération.
Seaux hygiéniques. — Les plus simples sont les meilleurs. Ils sont d’autant plus défectueux qu’ils sont plus compliqués.
Les chaises percées doivent disparaître.
Les vases de nuit , les tinettes à linge sale doivent être fréquemment et facilement désinfectés. Ces dernières seront assez maniables pour permettre de les placer près du lit dont on change le linge. Les tinettes métalliques actuelles sont trop lourdes et trop encombrantes.
On devra prévoir en outre des meubles pour pansements, constitués par des chariots roulants construits en fer avec deux plateaux superposés en tôle peinte sans rebords et avec lavabos formés par deux tonnelets dont l’un contient de l’eau et l’autre un antiseptique, soit une solution de sublimé à 1 p. 1000.
Hospitalisation des contagieux. — L’hospitalisation des contagieux a été réalisée de différentes façons. Ou bien on a réservé pour cette catégorie de malades un hôpital entier comme à Aubervilliers, réservant pour chaque maladie un ou plusieurs pavillons. Avec ce système on s’expose à voir condamner un pavillon, ou une grande salle pour un seul malade, gros inconvénient au point de vue financier et administratif. Ou bien l’hôpital a été aménagé en chambres individuelles avec quelque salles pour convalescents; ce type est réalisé par l’hôpital Pasteur.
L’hospitalisation purement cellulaire, telle qu’elle y est pratiquée, permet de traiter à la fois dans un même pavillon les maladies con-
HYGIÈNE HOSPITALIÈRE
tagieuses les plus différentes, à condition de posséder un personnel nombreux, discipliné et pour ainsi dire cloîtré. L’hôpital possède en effet à peu près une sœur pour 6 malades. Aussi les résultats obtenus sont-ils en rapport avec le perfectionnement des installations et des services. Parmi les maladies contagieuses qui semblent être particulièrement tributaires du mode d’aménagement intérieur des hôpitaux, la rougeole et la diphtérie occupent la première place. Tous les médecins des hôpitaux de Paris affectés à la clinique infantile sont unanimes à attribuer à la mauvaise installation et au fonctionnement défectueux des services, la mortalité relativement considérable qui sévit sur la population hospitalisée. Depuis l’application de la sérothérapie la mortalité-diphtérie a notamment baissé , mais celle de la rougeole conserve à peu près ses chiffres antérieurs du fait de la hroncho-pneumonie dont l’agent pathogène s’essaime par voisinage et par les mains d’aides trop peu nombreux. Or, à l’hôpital Pasteur, la léthalité est excessivement réduite, comme le démontrent les chiffres suivants qui nous ont été obligeamment communiqués par M. L. Martin.
Rougeole.