Tüillat, Acad, des Sciences
L’azote semble n’être qu’un milieu destiné à diluer l’oxygène, ses proportions ne sont pas modifiées dans un air vicié par la respiration ou les combustions (Jaubert et Laborde1). L’air contient encore de l’ozone en quantité variable avec les vents, ceux de la région sud de Paris en renferment une assez grande quantité d’après les analyses d’Albert Lévy faites au parc Montsouris en mars 1905. Pour 100 mètres cubes d’air, cet auteur a trouvé 4 mg. 2 alors qu’il n'en trouve que 0 mg. 5 à 2 mg. 8 lorsque règne le vent du nord. L’acide carbonique contenu normalement est de 3 p. 10 000, cette proportion varie avec les lieux mais dans des limites fort restreintes.
L’oxyde de carbone, l’hydrogène sulfuré, les acides nitreux, nitriques, la formaldéhyde existent encore dans l’air à l’état de traces. Henriet et Trillat ont surtout démontré la présence de ce dernier corps dans les fumées qui ont en outre l’inconvénient d’obscurcir l’air et, par conséquent, de diminuer la lumière et les oxydations auxquelles elle préside (Berthod2). L’atmosphère est encore chargée de poussières minérales et de microbes. Tous ces corps que nous venons d’énumérer peuvent être considérés comme des souillures, car ils sont ajoutés à l’air par les déchets de la vie.
Mais leur présence dans l’atmosphère n’a pas de gros inconvénients hygiéniques. Ils y sont presque toujours en très petite quantité, négligeable la plupart du temps, et si l’air de la campagne, des montagnes, de la mer est certainement plus pur, plus vivifiant, on peut vivre cependant dans l’air des villes dans de bonnes conditions hygiéniques.
Il n’en est pas de même lorsque ces souillures s’accumulent dans des espaces clos, elles constituent le danger de l’air confiné.
La viciation de l'air des locaux habités est proportionnelle à l’acide carbonique qu’ils contiennent. Elle est causée par les produits usés, poussières organiques et microbes.
A. Rôle de l’acide carbonique. — A l'air libre l’acide carbonique n’atteint jamais des proportions dangereuses; il faut en effet un taux de 280 p. 1000 pour que l’homme soit sérieusement incommodé. Il n’en est pas de même dans les locaux habités, où sa présence mesure la nocivité de l’air.
A ce titre les analyses suivantes démontrent les rapports de la souillure de l’air avec le mode d’habitation, la durée du séjour des habitants et leur état de santé.
C’est ainsi que diverses analyses ont montré que ce taux s’élevait à :
1. Jaubert et Laborde, Académie de médecine, 1899, vol. XLI, p. 124.