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Traité de médecine légale militaire, p

CONDITIONS D'APTITUDE AU SERVICE MILITAIRE

L’expert devra se rappeler qu’il existe des anomalies inspiratoires physiologiques1 dont nous connaissons encore mal la pathogénie. Les gauchers, par exemple, présentent souvent une inspiration plus forte à gauche, ce qui peut être interprété soit comme un signe de congestion, alors qu’il n’y a là que l’expression d’un développement plus intense des alvéoles pulmonaires. Nous avons fait voir2, d’autre part, avec mon collègue et ami le médecin principal Sieur, l’influence que pouvaient exercer les obstructions légères des fosses nasales sur l’intensité de l'inspiration.

Enfin il faudra avoir soin, pour obtenir des phénomènes de comparaison exacte, de bien ausculter les hommes au niveau de régions bien délimitées et identiques3 à l’aide du sthétoscope.

Quant à V abaissement de la 'pointe du cœur, il indique en général non une hypertrophie de cet organe, mais une étroitesse de la cage thoracique, comme l’a bien démontré Huchard.

Germain See avait prétendu que les exercices militaires devaient être regardés comme favorables pour ces hypertrophies de croissance.

La plupart des médecins militaires sont d’un avis opposé.

Daga4 5, Larrey3, Longuet6, Duponchel, Laveran7 8 se prononçaient autrefois expressément pour l’ajournement ou l’exclusion des jeunes gens présentant cette tare. La tachycardie permanente avec palpitations est encore un signe important à releA^er, étant donnée la coexistence fréquente avec la tuberculose pulmonaire au début (Schultzen, Braun, Ptechow).

Venant de passer en revue tous les éléments d’appréciation de la vigueur physique des recrues, nous devons nous demander en terminant quels sont ceux que nous devons retenir, comme devant nous permettre de porter un jugement sûr et rapide sur l’aptitude physique des jeunes gens soumis à notre examen?

Aucun ne peut être regardé comme un critérium absolu et il serait imprudent de fixer des limites réglementaires, même minima, de périmètre, de poids, d’indice numérique, etc. Le médecin major Jolly*

1. Moncorgé, De la respiration faible physiologique à droite, Lyon medical, 22 avril 1894.

2. G. -II. Lemoine et Sieur, Inlluencedes obstructions nasales sur les phénomènes respiratoires. Bull, de la Soc. méd, des hôp., 12 décembre 1908.

3. G. -II. I æmoine, L’auscultation du sommet du poumon chez les jeunes soldats, Presse médicale, janvier 1907. La tuberculose dans l'armée et la marine, Doin, 1909, p. 62 à IL

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