Tiiémoin, Arch. de méd. navale
3. G. -II. Lemoine, Académie de médecine, mars 1903. Rapport du développement de la tuberculose pulmonaire dans l'armée avec la tuberculose pulmonaire familiale ou acquise avant l’incorporation. Archives de méd. mil., mars 1903. Revue de la tuberculose, juillet 1903.
Lemoine. — Traité d’hyg. milit.
Il serait donc désirable que, suivant l’opinion exprimée à plusieurs reprises par Landouzy, Granjux, et par le médecin inspecteur Kelsch, il fut établi pour chaque homme un livret sanitaire dont l’ordonnancement reste à étudier.
VI. De quelques autres signes propres à décider de l'inaptitude au service militaire. — Sous ce titre, Duponchel1 ajoute aux signes donnés par les mensurations diverses et par le poids, rabaissement de la pointe du cœur et l’expiration prolongée et soufflante aux deux sommets des poumons et particulièrement au sommet droit.
Ces derniers phénomènes sont attribués par Duponchel à une sorte d’asthénie des alvéoles pulmonaires, qui, n’ayant plus complètement leur élacticité normale, reviennent moins rapidement sur elles-mêmes au moment de l’expiration : pour lui, l’expiration simplement prolongée s’explique sans qu’il soit besoin de faire intervenir la tuberculose.
L’existence de celle-ci se révélerait surtout par la rudesse de l’expiration. Quoi qu’il en soit et quelque interprétation que l’on donne à ces signes du côté du sommet, le résultat est le même et l’ajournement s’impose lorsqu’on constate l’un quelconque de ces phénomènes au sommet du poumon, et l’exemption lorsque ceux-ci persistent, surtout si le sujet a des antécédents familiaux ou personnels suspects au point de vue de la bacillose.
auscultation du poumon peut encore donner une indication précieuse en révélant, soit une diminution d’intensité de l’inspiration de la région sous-claviculaire droite, soit une inspiration rude et basse sous la clavicule gauche.
Ces deux modalités du murmure vésiculaire ont été bien mises en lumière par le professeur Grancher, comme signes de la tuberculose pulmonaire à une période bien antérieure à celle dite « premier degré » par les auteurs classiques. Nous avons fait voir 1 que pareilles anomalies respiratoires pouvaient s’accompagner d’un état, général excellent et étaient compatibles avec le service militaire. Mais cependant, il ne faut pas oublier que ces anomalies , lorsqu’elles sont fixes et persistantes, s’observent presque toujours chez les héréditaires et que, par là même, elles doivent inspirer une certaine suspicion concernant les sujets qui les présentent. Ces hommes doivent être surveillés de près, signalés aux officiers et sous-officiers et arrêtés à la première bronchite. L’état général vient-il à péricliter, l’appétit diminue-t-il, survient-il une perte de poids, existe-t-il une élévation de température persistante après exercice, il faudra éliminer ces hommes au moins temporairement et sans retard.