Munson, Military Hygiene, p
3. Bréchot, Désinfection de l’effluent des water-closets par incinération des matières fécales et stérilisation des liquides par ébullition. Revue d’hygiène, 1909, p. 1366.
MATIERES USÉES
L’incinérateur G est formé de trois parties : une enveloppe extérieure F fermée en haut par un couvercle ; à l’intérieur un cylindre de moindre dia-
mètre G formant, en bas, un foyer avec son cendrier, dont le fond porte un trou qui le met en communication avec la cuve B et qu’un tampon permet de fermer.
Au-dessus de ce foyer une grille tronconique K ayant, en son milieu, une ouverture fermée par une petite grille qui s’enlève à volonté.
Sur la grille tronconique K repose un tube percé de trous sur toute sa surface qui sert de réservoir aux matières que retient une couche de coke placée sur la grille tronconique, tandis qu’elle filtre les liquides qui tombent dans la cuve.
Des ouvertures ménagées sur la paroi supérieure de la cuve entre l’enveloppe F et le cylindre G permet la circulation des vapeurs pendant l’ébullition dans l’espace libre entre ces deux parois.
Une tubulure H, portant une vanne, reçoit le branchement de la canalisation du water-closet.
Une cheminée I, qui traverse la cuve B, conduit les gaz et fumées de l’incinérateur dans le brûleur de gaz A, où ils circulent autour du foyer pour venir passer ensuite dans les flammes et sortir par la cheminée qui traverse aussi la cuve B, pour se rendre à l'extérieur.
Cette cheminée contient à son départ, au-dessus de la cuve, un serpentin dans lequel circule de l’eau que chauffe le passage du gaz et qui se rend dans un réservoir.
Un second serpentin plongé dans la cuve B sert, lorsque l’incinération et la stérilisation sont terminées, à récupérer la chaleur de l’eau et à envoyer ainsi de l’eau chaude dans le réservoir.
Ces 2 serpentins fournissent pour bains, lavoirs, etc., plusieurs milliers de litres d’eau à 70° environ sans qu’il en coûte rien.
Il y a toujours 2 appareils reliés chacun avec la canalisation du water-closet. Chacun, à tour de rôle est mis en charge vingt-quatre heures, de cinq heures du soir par exemple à quatre heures le lendemain. La vanne en est alors fermée et il est incinéré le lendemain, pendant que l’autre, mis en charge pour vingt-quatre heures, s'emplit.
Pour incinérer on allume le feu du brûleur A, on laisse passer un peu d’eau dans le serpentin de la cheminée. Quand ce feu est bien pris on allume celui de l’incinérateur C.
On active les feux avec une soufflerie disposée exprès; quand l’opération est terminée on retire les feux, on ferme le serpentin de la cheminée et on ouvre celui de la cuve.
La température du liquide dans la cuve monte à 102°; après vingt minutes d’ébullition la stérilisation est complète.
Aucune odeur révélatrice n’est émise au dehors.
L’effluent stérilisé peut être évacué dans un puisard. Il pourrait encore être utilisé comme engrais.
Au point de vue financier, l’appareil installé dans un des pavillons de l’hôpital militaire du Val-de-Grâce, permettant de récupérer 1500 litres d’eau chaude en vingt-quatre heures, a dépensé en combustible une quantité de coke équivalente à celle du gaz d’éclairage employé antérieurement à entretenir un thermo-siphon installé dans ce bâtiment pour le chauffage de l’eau nécessaire au service soit 140 litres de coke n° 1 à 1 fr. 70 = 2 fr. 38 par jour. En somme, la dépense d’entretien a été nulle. Restent l’amortissement du prix
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d’achat et d’installation 1 de l’appareil et les dépenses incombant aux réparations et à l’usure. L’avenir nous fixera sur toutes ces questions. Mais l’expérience qui se poursuit à l’hôpital Claude- Bernard depuis le mois de février 1908 permet de penser que les appareils sont très résistants, et que les réparations ne s’élèvent pas à un taux très élevé. Il ne faut pas oublier que, d’autre part, le système Goux revient à 0 fr. 35 par homme et par mois 2.
Emmagasinage général. — Dans les procédés que nous venons de passer en revue, quel que soit le mode adopté, ce dernier suppose forcément un séjour plus ou moins long des matières fécales dans la maison d'habitation. Or, nous avons vu que l’objectif des hygiénistes était d’éloigner immédiatement de la maison les matières excrémentitielles. Deux procédés de nos jours assurent cette évacuation immédiate :
Le système à canalisation spéciale.
Le tout à l’égout.
Vidange a canalisation spéciale. — De date relativement récente, ce système, qui compte à n’en pas douter un grand nombre d’avantages, a pris de nos jours une assez rapide extension puisque, en 1892, on comptait en Angleterre 40 villes utilisant ce système, en Amérique 50 villes, en Allemagne 10 villes. En Italie les hygiénistes se sont prononcés en sa faveur. Ajoutons cependant qu’en France la faveur paraît avoir été moindre. Actuellement on ne compte que 4 à 5 villes (Cannes, Levallois-Perret, Trouville, un quartier de Paris, etc.) ayant fait l’essai de ce système.
Ce mode de vidange consiste à séparer dans l’évacuation des matières usées les eaux de pluies et de lavage, qui sont peu nocives, des urines, des matières fécales et même, dans la plupart des cas, des eaux ménagères.
Trois procédés différents arrivent à ce résultat. Ce sont : le système Waring, le système Liernur, le système Berlier. — Tous ont pour but d’amener, à travers une canalisation spéciale par aspiration les matières fécales et urines, jusqu’à une usine centrale où elles sont l’objet de traitements divers. Le système Berlier est appliqué à la caserne de la Pépinière depuis 1882.
Les modes d'emmagasinage et d'évacuation usités dans Vannée empruntent leur aménagement aux systèmes adoptés dans les villes
1 . Les deux appareils en essai au Val-de-Gràce ont entraîné une dépense de 6 000 francs.
2. Pour un elfectif de 500 hommes le système Goux entraîne une dépense annuelle de 2 400 francs. Celle-ci ne serait que de 2 300 francs avec l’incinération Bréchot. Traitement et stérilisation des matières usées par la chaleur. Revue du Génie , mars 1910, p. 147, et Montloup, Th. Lyon, 1907.
de garnison. A ce titre ils rentrent dans l’étude générale des latrines, et, suivant les circonstances, l’autorité militaire arrêtera les dispositifs à adopter. Mais, à côté des garnisons urbaines, il y a lieu de se préoccuper de certaines installations en dehors des centres urbains. Les forts et les camps , forment un groupe autonome libre d’adopter des dispositifs appropriés. Le camp forme une véritable ville militaire dans laquelle l’emmagasinage et l’évacuation des matières usées sollicite d’autant plus l’attention que ces agglomérations passagères ou permanentes sont en contact plus intime avec le sol, et que l’expérience montre le danger des souillures accumulées à sa surface. Les maladies des camps sont les maladies du sol et de l’eau.
C’est donc là un problème important de l’hygiène militaire.
Nous avons indiqué, au chapitre consacré à l’étude des camps et des cantonnements, les précautions générales à prendre pour l’installation des latrines.
Quant à l’emmagasinage, à l’évacuation et au traitement des matières usées, les procédés à employer seront choisis parmi ceux usités dans les agglomérations urbaines. Mais le choix devra se porter sur les systèmes ayant fait leur preuve. Ils devront avant tout évacuer rapidement hors du camp toute matière dangereuse, ou mieux la détruire complètement sur place. L’évacuation au dehors devra éviter de souiller les agglomérations urbaines ou rurales voisines, respecter les champs environnants et les cours d’eau, c’est dire que l’effluent sera aussi épuré que possible, et que le sol naturel ou artificiel destiné à la purification des eaux usées des camps sera complètement isolé. Une étude des camps à ce point de vue s’impose. Elle dévoilera très certainement une installation le plus souvent défectueuse. Mais il faut dire à la décharge de l’autorité militaire que le problème de leur amélioration ne peut actuellement que se poser en face des incertitudes du moment présent.
Les camps sont encore mieux installés que la plupart de nos collectivités urbaines, car ils sont au moins l’objet d’une surveillance médicale qui atténue pour une part les dangers d’installations primitives adoptées. Des essais d’ailleurs sont tentés par les services compétents. Quant aux camps du temps de guerre, on ne peut pour leur aménagement utiliser la plupart des procédés en usage. Leur salubrité est plus affaire de soins, d’ordres, de discipline que de l’adoption de systèmes plus ou moins perfectionnés. Les essais faits pour l’incinération des matières fécales semblent jusqu’ici peu pratiques, et on sera le plus souvent obligé de recourir à la désinfection chimique des feuillées , seul système rapide, convenable et commode pour une occupation extemporanée.
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Une circulaire en date du 22 août 1889 indique minutieusement quelles doivent être leurs dispositions. Ce sont des fosses de la largeur d’une pelle, d’une profondeur de 80 centimètres à 1 mètre. Cette exiguïté de largeur permet à l’homme de placer ses pieds de chaque côté du sillon; la terre du remblai se trouve rejetée de part et d’autre et elle est utilisée après chaque exonération par l’homme pour recouvrir les matières. Matin et soir ces feuilîées sont désinfectées par le rejet d’une certaine quantité de terre et le versement d’une solution de lait de chaux à 5 p. 100 ou de sulfate de fer à o p. 100. On doit calculer 910 grammes de chacune de ces substances par homme et par jour.
Lors de l’abandon du camp, la feuillée devra être comblée complètement, le sol tassé au-dessus d’elle et l’on y plantera des piquets pour éviter l’établissement ultérieur d’habitations ou de nouvelles feuilîées au même endroit.
Quant aux urinoirs , ils sont constitués par de simples tinettes métalliques mobiles.
L’installation des latrines dans l’armée a été l’objet d’un rapport très complet du médecin principal Hublé au IIIe Congrès de l’assainissement de l’habitation réuni à Paris en 1909. Les discussions qui ont suivi la lecture de ce rapport, et les communications faites à l’occasion de celui-ci ont indiqué les vœux suivants comme répondant le mieux aux desiderata actuels. Les questions d’épuration par fosses septiques et lits bactériens et d’incinération ont été réservées, ces procédés étant encore à l’étude.
Le congrès a donc émis les vœux :
1° Que les bureaux d’hygiène militaire actuels voient leur rôle s’étendre à tout ce qui concerne l’hygiène militaire des garnisons, et qu’ils s’entendent avec les municipalités pour l’évacuation des matières usées en vue de réclamer des installations communes, servant à la population civile et à la population militaire au lieu d’exécuter dans les casernes ou autres établissements des installations particulières, qui demandent un personnel spécial difficile à trouver dans le contingent annuel.
2° Que les latrines aient au moins 0 m. 90 de largeur.
3° Quelles soient toujours convenablement et suffisamment éclairées de jour et de nuit.
4° Que des latrines distinctes soient affectées à chaque unité dans les corps de troupes et nettoyées par chacune d’elles.
5° Que les permanentes soient installées à proximité des champs
de tir.
6° Que, pour retirer de l’emploi des tinettes Goux tous les avantages
qu’on est en droit d’en attendre, le cahier des charges spécifie nettement :
A. Que les récipients doivent être garnis de matières non seulement sèches mais encore pulvérulentes afin d’être absorbantes (paille bâchée et terre sèche).
B. Que leur enlèvement doit se faire avant que les tinettes débordent.
G. Qu’il est indispensable de procéder à leur désinfection.
La question des latrines des forts et des camps reste en dehors de ces conclusions. Car, dans ces circonstances, comme nous l’avons dit, l’autorité militaire ne pourra guère s’entendre avec les localités voisines, et devra recourir à des moyens en rapport avec les conditions locales d’installation de ces collectivités particulières.