‹ Traité d'hygiène militaireChapitre 209 sur 252 · Thooris, Arch. de méd. milit., 1903, p · texte numérisé non relu

Thooris, Arch. de méd. milit., 1903, p

observe successivement, d’après les renseignements autorisés de M. Gaillot, directeur de la station agronomique de l’Aisne, 0 m. 45 de sable calcaire d’origine diluvienne, résultat de la décalcification de la grève calcaire; au-dessous, environ 2 mètres de craie roulée, puis 30 mètres de craie blanche à « belemnites quadrata ».

Au-dessous de la craie blanche, on trouve la craie fendillée, noduleuse, magnésienne, caractérisée par les oursins, le micraster et le cor testudinarium.

Enfin, la craie à silex et la craie marneuse ou argileuse imperméable, qui détermine dans toutes les assises une hauteur d’eau de 200 mètres environ.

Le sol est donc absorbant et la nappe est située profondément.

Les eaux usées destinées à l’épandage ne contiennent pas de matières fécales.

Le tout à l’égout y est pratiqué seulement pour les eaux usées provenant des cuisines, lavoirs, lavabos et urinoirs fixes.

Les eaux de lavage de gamelles traversent dans la cuisine une boîte à graisse qui empêche celle-ci de pénétrer dans la canalisation, s’opposant ainsi au colmatage.

Le réseau est constitué par des tuyaux en grès vernissé de 0,30 à 0,15 de diamètre. La pente est une pente faible de 2 millimètres. Aussi a-t-on installé sur le parcours de la canalisation des réservoirs de chasse espacés de 175 mètres.

L’égout collecteur débouche dans un dépotoir souterrain étanche de 130 mètres cubes de capacité; cette quantité correspond à la quantité d’eaux usées par une brigade d’infanterie, soit 4 000 hommes à raison de 40 litres par homme.

Ce dépotoir est situé à une extrémité du camp, à côté du champ d’épandage. Un grillage placé sur l’égout collecteur retient les corps étrangers. Une cheminée d’aérage assure la ventilation.

Le champ d’épandage est situé à 1 800 mètres du camp habité et à 1 500 mètres des premières maisons du bourg de Sissonne. Sa superficie totale est de 2 hectares 70 ares. Le sol épure en moyenne 5 555 mètres cubes par hectare et par an. La moyenne journalière est de 120 mètres cubes du 15 mai au 15 septembre, et on compte en plus 600 mètres cubes pour l’épandage intercalaire de la non occupation.

Les analyses ont permis de déterminer les qualités fertilisantes de l’effluent qui, pour les 120 mètres cubes journaliers, donne :

Azote

Acide phosphorique Potasse

LE TOUT A L’ÉGOUT

On voit donc que les eaux usées du camp sont réellement riches en principes utiles et constituent un engrais de premier ordre pour la fécondation du sol irrigué. D’ailleurs, l’eau par elle-même remplit déjà dans ces terrains secs un rôle capital au point de vue de la végétation.

Les objections faites a l’épandage sur le sol naturel sont de deux ordres : les unes, d’ordre financier; les autres, d’ordre hygiénique.

V objection principale d’ordre financier faite à l’épandage sur sol naturel est que le procédé demande une grande étendue de terrain. Calmette estime que pour les 800 000 mètres cubes journaliers de Paris 12 000 hectares seraient nécessaires. Bezault porte même l’évaluation à 15 000 hectares et Bechmann a fait voir qu’à Berlin, pour 240 000 mètres cubes journaliers d’eau d’égout on employait 6 000 hectares et que la ville a en plus à sa disposition 6 000 hectares; d’autre part, l’engrais1 ne serait contenu dans les eaux résiduaires que dans de faibles proportions, 7 p. 100. Sur 1271 kilogrammes d’acide phosphorique apportés par les eaux, 126 seulement seraient retenus par la culture ; 1 1 45 se perdraient dans les drains, soit 90 p. 100. Il en serait de même pour la potasse dont la perte s’élève à 85 p. 100, pour l’azote à 93 p. 100 et la chaux à 90 p. 100.

Les bienfaits attribués à ces eaux proviendraient beaucoup plus de l’arrosage qu’elles procurent à la terre que de leurs qualités fertilisantes.

Objections d'ordre hygiénique. On a parlé d’abord du colmatage progressif du sol qui, à un moment donné, ne pourrait plus être utilisé. Le colmatage se produit très certainement à la longue au point de diminuer quelquefois de moitié le rendement du terrain irrigué. Les exemples de Turin où l’épandage se fait depuis 900 ans; de Bunzlau depuis 300 ans, d’Edimbourg depuis 90 ans au taux de 40 000 mètres cubes par hectare et par an, de Beiins depuis 60 ans, font voir que cette objection n’est pas complètement fondée et que, s'il y a diminution de rendement au bout d’un certain temps, celui-ci reste suffisant indéfiniment avec un terrain bien choisi et bien entretenu. Reims, il est vrai, n’évacue pas les matières fécales. Pour les sols graveleux de la presqu’île de Gennevilliers, le fait a été établi 2, par la constatation analytique, que des irrigations intensives, continuées pendant un quart de siècle, n’étaient pas parvenues à accroître sensiblement la teneur du terrain en débris organiques et en humus cumulés. Même à la dose très notablement supérieure à 40 000 mètres

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