‹ Traité d'hygiène militaireChapitre 210 sur 252 · IIamèon, th. Lyon, p · texte numérisé non relu

IIamèon, th. Lyon, p

2. p. Vint. f, y, La Lire d'épuration, Mémoires de la Société nationale d’ Agriculture de

France , 1890.

cubes par hectare et par an, l’épandage agricole prolongé n’occasionne aucun feutrage persistant, lorsque le terrain perméable est habituellement soumis aux façons culturales.

L 'accumulation sur le sol de débris organiques et de microbes dangereux est une objection plus sérieuse. Pasteur avait en effet combattu le système autrefois pour cette raison. Il ne l’avait admis qu’au cas où on laisserait le sol sans culture. Calmette1 a évoqué le danger provenant des insectes ailés (mouches, moustiques) ayant séjourné sur ce sol. Il a rappelé aussi à ce propos le rôle des helminthes dans l’appendicite. Certains faits de transmission de la fièvre typhoïde par des légumes ou des fruits provenant de champs fumés avec l’engrais humain viennent à l’appui de cette manière de voir. Mais il faut remarquer qu’il s’agit là de déversement direct de matières fécales pures, sur des champs n’ayant reçu aucun aménagement spécial. L’assimilation de ceux-ci avec les champs d’épandage n’est donc pas tout à fait juste. D’autre part,Wurtz, dans des expériences de laboratoire, a fait voir que des légumes et des fruits provenant des champs d’épandage de Gennevilliers pouvaient conserver à leur surface des bacilles pathogènes. Mais nous savons, d’autre part, comme l’avait déjà fait remarquer Duclaux, que les microbes pathogènes périssent vite au contact de l’air et de la lumière, puis des expériences de Chantemesse et de Widal ont permis de constater la stérilité de la pulpe des légumes provenant de Gennevilliers; en tout cas, on pourrait prescrire de ne consommer les produits j uxta-telluriques que cuits, ou défendre la culture des plantes maraîchères, des tubercules et des fruits qui, comme les fraises, ont un contact avec le sol et ne tolérer que des plantes fourragères ou des arbres fruitiers. Dans ces conditions et en prenant ces précautions, toute crainte semble devoir être écartée du fait de la consommation de produits venant des terrains irrigués. D’ailleurs, si le danger signalé était grand, on devrait constater dans la région où se pratique l’épandage un état sanitaire défectueux.

Or, il résulte de l’observation faite depuis de longues années que la santé des populations habitant Gennevilliers, Asnières, Colombes n’est pas moins bonne depuis l’installation de l'épandage; en effet, les statistiques de Brouardel font voir que la mortalité de Gennevilliers qui-, avant l’épandage, était de 15,49 p. 100, n’est que de 12,87 p. 100 depuis les installations actuelles. De son côté Bertillon assure que la fièvre typhoïde n’est pas plus fréquente là que dans d’autres communes des environs de Paris ne pratiquant pas l’épandage, la tuber-

Page 1