lievuc d’Hayem , 1887, vol. XXIX, p
Lemoine. — Traité d’iiyg. milit.
part de vérité. Mais elles s' appliquent à des cas particuliers , et non à la méthode. Elles ne prouvent qu’une chose, c’est que l’épandage sur sol naturel doit être préparé par des enquêtes approfondies sur la nature des terrains, sur leur capacité d’écoulement et de filtration épuratrice, sur l’utilisation possible des produits fertilisants qu’amènent les eaux résiduaires, sur la richesse de celles-ci en engrais, sur leur abondance, sur leurs variatious de quantité et de qualité, etc. Enfin l’application du procédé demande des travaux scientifiquement conduits.
La question financière toutefois reste entière si, comme l’expérience le prouve, l’élévation du taux de rendement du sol demande de reléguer au second plan le bénéfice qu’on pourrait retirer de sa mise en culture. Peut-être cependant pourrait-on en augmenter la valeur en demandant l’aide des procédés que nous allons décrire.
Après une période d’enthousiasme, en effet, l’épandage sur le sol est aujourd’hui sur le point d’être abandonné, et on tend de plus en plus à lui substituer une nouvelle méthode d’épuration des eauxvannes à l’aide de supports artificiels.
2. Épandage sur sol artificiel. — -Domestiquer les bactéries en vue de l’application raisonnée de leur activité vitale à la purification du sewage, tel est le principe sur lequel repose l’emploi des lits bactériens, telle est la voie ouverte depuis quelques années seulement à l’épuration des eaux d’égout.
Les procédés employés dans ce but consistent à soumettre le sewage à deux équipes d’ouvriers microbiens :
Les anaérobies, chargés de solubiliser la matière organique; les aérobies, chargés d’oxyder les matières solubilisées et de transformer les produits en nitrates, dernier terme de leur dégradation. La méthode dite bactérienne substitue au sol naturel un sol artificiel de 1 à 3 mètres d’épaisseur constitué par des corps poreux. On choisit de préférence le coke, les scories ou mâchefers qui, grâce à leur perméabilité, favorisent la fixation des matières et leur oxydation. On peut encore utiliser les briques concassées, les laves et exceptionnellement les pierres calcaires. Les premiers essais tentés par Dibdin, en 1888, sur la rive gauche de la Tamise, à Barking, ne réussirent qu’en partie; les lits ne tardèrent pas à se colmater et furent laissés de côté. Mais quelle ne fut pas la surprise de Dibdin, lorsque plusieurs mois après il vit ces lits abandonnés recouvrer leur puissance épuratrice.
La nécessité de l’intermittence de l’irrigation était démontrée. Cet exemple servit en même temps à expliquer une partie des phénomènes qui depuis ont été relevés et étudiés au sein des lits de contact : destruction de la matière organique par l’oxygène de l’air, et
LE TOUT A L’ÉGOUT
effet favorable de celui-ci sur les microbes aérobies dont le développement est indispensable à la transformation des matières.
Certaines substances cependant restaient toujours inattaquées et encombraient soit les bassins de décantation précédant les lits, soit les lits eux-mêmes.
C’est alors que Donald-Cameron, mettant à profit les propriétés des anaérobies, découvertes par Scott-Moncrief, imagina le « Septic Tank », ou fosse septique où les eaux d’égout s’accumulent avant d’être dirigées sur les lits aérobies. Là se développe, à l’abri de l’air, une abondante végétation de microbes anaérobies qui ont pour mission de solubiliser les matières organiques non dissoutes. La méthode bactérienne , telle qu’on la conçoit aujourd’hui, est donc constituée par /’ association des deux systèmes. Certaines eaux industrielles cependant, les eaux de sucrerie par exemple, ne demandent pour être épurées que des lits de contact (Calmette, 1902). D’autres, un traitement chimique préalable1.
Le procédé est constitué :
l°Par une chambre à sable destinée à retenir les plus grosses impuretés et les matières minérales;
2' Par une fosse septique ouverte ou fermée où fermentent et se dissolvent les matières organiques, sous l’influence des microbes anaérobies apportés par les eaux-vannes. Ce bassin fonctionne d’abord pendant deux à trois semaines comme simple bassin de décantation, mais bientôt le travail microbien commence, les matières se solubilisent au fur et à mesure de leur arrivée, et le niveau des boues accumulées au fond de la fosse reste fixe au moins théoriquement .
Suivant l’expression de Sedgwick2 l’eau a travaillé dans le bassin comme le jus de pommes fermentant sous l’action des ferments apportés avec elles, et par là le bassin septique constitue, suivant le même auteur, la partie essentielle des méthodes bactériennes d’épuration. L’analyse suivante due à lliedel fait voir les transformations qui s’opèrent au sein de la fosse septhjue :