Calmette, Revue d’hygiène, 1901, p
LE TOUT A L’ÉGOUT
culose même y serait moins fréquente. En 1902 1, sur 202 décès survenus à Gennevilliers, on n’en compte pas un seul dû à la fièvre typhoïde. Pas de maladies infectieuses chez les habitants de Villeneuve-la-Garenne qui boivent l’eau du drain du moulin de la Loge. A Bunzlau2, qui fait de l’épandage depuis le xvie siècle, la mortalité est inférieure à la mortalité allemande moyenne. Ces faits d’observation doivent être opposés aux craintes manifestées par certains auteurs. On a encore reproché à l’épandage sur le sol de favoriser la souillure de la nappe d'eau souterraine , mais les faits qu’on cite à l’appui ne prouvent qu’une chose, c’est que les terrains d’irrigation doivent être l’objet d’une enquête géologique afin de se rendre compte de l’état de leur perméabilité; la souillure de la nappe d’eau souterraine survenue en 1885 sur les plateaux de Méry-Pierrelaye a été due en effet à l’existence de fissures au sein des terrains d’épandage, et à un apport d’eau trop intensif. Il a suffi de pratiquer des drainages pour voir disparaître ces inconvénients.
Quant à la souillure microbienne, les expériences de Cornil, Chantemesse et Widal, celles de Grancher et Deschamps nous rassurent à ce sujet. Après avoir arrosé de la terre de Gennevilliers avec des cultures de b. d’Eberth, jamais ces auteurs n’ont retrouvé celui-ci dans l’effluent qui avait traversé 2 à 3 mètres de cette terre. Grancher et Deschamps ont même observé que cet élément microbien ne parvenait pas à plus de 40 centimètres de la surface, malgré des arrosages quotidiens. Il est vrai que les expériences de Wurtz et Bourges ont fait voir que des microbes pathogènes tels que la bactéridie charbonneuse, le bacille tuberculeux, et le vibrion cholérique
I déposés à la surface de la terre et même enfouis à une certaine profondeur, sont retrouvés lors du développement des plantes qui y
I" poussent et se retrouvent sur les feuilles et le long des tiges. Mais ce n’est là qu’un inconvénient facile à faire disparaître en interdisant, comme l’a fait le Conseil supérieur d’hygiène publique de France, la I culture des plantes dont la partie comestible est en contact direct I avec le sol. Plus sérieux serait le résultat des expériences faites par Smee junior en 1886, qui a démontré que les plantes fourragères cultivées sur les terrains d’épandage entraîneraient pour les vaches qui les consomment une altération de leur lait. Celui-ci aigrirait et se putréfierait rapidement. Mais les faits publiés par Yincey, après une I expérience de plusieurs années, ne permettent pas de généraliser ces I résultats.
En somme, les objections faites renferment toutes une certaine