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Masson et Calmette, Revue d'hygiène, octobre

3. Une ordonnance du Ie' juin 1910 du Préfet de la Seine interdit le déversement direct de ces effluents dans les puisards absorbants ou dans les rivières.

LE TOUT A L’ÉGOUT

Pour remplir la seconde condition on devra calculer la quantité d’eau d’égout à évacuer, son taux de dilution moyen et user d’appareil pour rendre le débit régulièrement intermittent.

La répartition des eaux sera faite de façon à multiplier les contacts et à les étendre en même temps à toute la surface épuratrice ; on utilise pour cela des sprinklers fixes ou mobiles, des distributeurs à mouvement de va-et-vient et des becs pulvérisateurs.

L’épuration par les lits bactériens est certainement moins complète que celle produite par l’épandage sur le sol, c’est ainsi que l’effluent contient encore 5 à 10 p. 100 du nombre total des germes de l’eau brute et qu’on peut même y retrouver encore des germes pathogènes. Pour l’élimination des « nuisances » de l’eau d’égout en général, l’épandage agricole l’emporte de beaucoup sur tous les procédés biologiques.

Pour Masson et Calmette !, l’épuration par lits bactériens devra être considérée comme satisfaisante :

1° Lorsque l’eau épurée ne contient pas plus de 0 gr. 03 de matières en suspension par litre;

2° Lorsque, après filtration sur papier, la quantité d’oxygène que l’eau épurée emprunte au permanganate de potassium en trois minutes reste sensiblement constante avant et après sept jours d'incubation à la température de 30°, en flacon bouché à l’émeri;

3° Lorsqu’avant et après sept jours d’incubation à 30° l’eau épurée ne dégage aucune odeur putride ou ammoniacale;

4° Enfin lorsque l’eau épurée ne renferme aucune substance chimique susceptible d’intoxiquer les poissons et de nuire aux animaux qui s’abreuveraient dans le cours d’eau où elle est déversée.

Le tableau suivant, dressé par M. Ilouchy, donne les résultats comparatifs des différents modes dépuration au point de vue chimique et bactériologique.

Eau d’égout Par sol

brute. naturel.

Par lits Par colonne do contact, épuratrice.

Matières organiques

Ammoniaque

Nitrites

Nitrates

Germes microbiens

Coefficient de consommation. .

Cube épuré en 24 h. par m1 2. .

11 lit.

traces 0

400 lit. 400 lit.

1. Masson et Calmette, Instructions générales relative à la construction des égouts-

à l’évacuation et a l’épuration des eaux d’égout, Revue d’hygiène , octobre 1909.

Au point de vue bactériologique, l’eau est encore fortement chargée de germes, 100 000 et plus au centimètre cube. D’ailleurs cette abondance des germes est si grande qu’il faut songer à la traiter par les désinfectants chimiques. Le chlorure de chaux à 3 à 6 milligrammes par litre suffirait à faire tomber le chiffre des bactéries de 113 000 à 70 L

Au point de vue financier, le dernier système présente des avantages considérables. Sur une grande installation de lits de contact, on peut traiter jusqu’à 6 000 mètres cubes d’eau d’égout par jour et par hectare, soit 2 200 000 mètres cubes par an (50 fois la dose de l’épandage sur le sol).

Oalmette calcule qu’à Paris, avec les lits bactériens, pour épurer les 600 000 mètres cubes journaliers il faudrait 150 hectares, au lieu de près de 7 000 hectares. Mais il faut ajouter que cette surface est nécessitée par les exigences de la culture, il n’en serait pas de même pour le sol nu qui épure 600 000 mètres cubes par hectare et par an. Ce procédé ne nécessiterait donc que 425 hectares pour les 255 500 000 mètres cubes d’eaux-vannes annuels de Paris.

Une application des procédés bactériens a été faite dans t armée au camp de Sathonay et à Châlons pour l’annexe militaire de l’hôpital civil par M. Bezault.

Installé en mars 1907, le résultat parut tout d’abord excellent, malgré les apports variables faits par un système d’égout unitaire. L’effl lient était suffisamment clarifié, quand, en décembre de la même année, des pluies abondantes vinrent entraîner les matières fécales hors de la fosse septique d’où elles se répandirent en abondance sur le lit de deuxième contact. On dut laver le mâchefer de plusieurs lits et on établit le système séparatif. Malgré ces améliorations on constata bientôt le colmatage des lits. Les bassins de premier contact notamment durent être récurés à la main chaque jour. On procéda alors à l’évacuation des fosses, on lava le mâchefer et à l’heure actuelle le système semble reprendre la marche du début.

L’échec partiel de l’installation semble être dû à l’irrégularité du débit de l’eau à épurer. La régularité est une condition indispensable au bon fonctionnemment des lits bactériens.

Quelle que soit l’explication qu’on puisse donner de ces divers incidents, ils démontrent que l’organisme est délicat, qu’il demande sans doute à être surveillé de très près par des hommes éduqués à cet effet, et, avec le service de deux ans, il est sans doute malaisé d’avoir

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