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Fischer, Bull, de la Soc. de méd. milit., juillet

PRATIQUE DE LA DÉSINFECTION

fait diminuer le contenu des fosses des trois quarts. Le contenu consistait à la fin en os calcinés enveloppés d’une couche de résine concrète. La dépense fut évaluée à 0 f. 15 par homme. — C’est par cette méthode que furent désinfectées après la campagne les tombes accumulées sur un parcours de 50 kilomètres entre Beaumont et Illy.

Les cadavres de contagieux1 doivent être l’objet de mesures semblables, surtout lorsque leur nombre est assez grand et qu’on ne possède absolument aucun autre moyen de procéder à une désinfection méthodique. Dans ce cas les cadavres seront placés dans des caisses Légères et brûlés. Un tiers de mètre cube de bois, un peu de paille et quelques litres de pétrole suffisent à consumer un cadavre en 5 heures.

Les exhumations après une campagne sont parfois nécessaires, soit pour rassembler dans un même lieu les restes enfouis dans des tombes isolées, soit pour éviter les dangers d’inhumations défectueuses.

Dans ces cas, les opérations consistent à découvrir les corps et à les arroser d’un liquide désinfectant. On s'est beaucoup servi dans ces circonstances de mélanges divers dans lesquels la chaux et l’acide phénique tiennent la première place. Le formol mérite à cet égard d’attirer l’attention.

Cette désinfection faite, on procède au transport des corps dans des fosses creusées dans de bonnes conditions. Les travailleurs doivent prendre toutes les précautions prescrites pour les désinfecteurs.

Les exhumations concernant les cadavres de sujets morts d’affections contagieuses demanderont des précautions spéciales. Brouardel et Vallin, au Conseil d’hygiène de la Seine, ont déclaré à ce sujet qu’en dehors des cas où le corps a été placé dans un cercueil de plomb, les exhumations après décès résultant de maladies contagieuses ne peuvent être opérées sans danger qu’après quatre ou cinq ans. Néanmoins aucune disposition législative n’a encore été prise à ce sujet.

La désinfection s’impose non seulement en cours de campagne, mais encore à la fin, lorsqu’une armée ou un corps expéditionnaire rentre dans ses foyers. Les précautions à prendre dans ce cas doivent viser en première ligne les convalescents de maladies contagieuses, mais il peut être indiqué aussi d’opérer une désinfection en masse.

Celle-ci a été exécutée par les Japonais après la guerre avec tant de soin que leur pratique peut être regardée comme un modèle.

Elle a été exposée avec détails dans le livre de notre collègue Matignon '.

I. Matignon, La désinfection des troupes japonaises rentrant de la campagne de Mandchourie, Revue d'hygiène, 1900, p. 602.

Une direction générale des services quarantenaires avait été créée au ministère de la Guerre à Tokio.

Elle était confiée à un général, qui avait auprès de lui tout un comité technique comprenant des ingénieurs et des médecins.

Chaque section quarantenaire était commandée par un lieutenantcolonel ou un chef de bataillon suivant son importance, ayant sous ses ordres un personnel militaire et civil comprenant des médecins, des ingénieurs, des mécaniciens et employés divers.

Le personnel des établissements importants comprenait :

1 colonel commandant;

8 à 10 officiers de troupe;

000 sous-officiers ou soldats, employés aux transports, empaquetages des effets, bains, distributions des effets;

52 médecins, surtout des aides majors;

2 pharmaciens ;

300 infirmiers (dont un certain nombre de civils) ;

2 officiers comptables;

Plus un personnel de chauffeurs, mécaniciens, blanchisseurs, etc.

Ces établissements quarantenaires correspondaient à un double but : la désinfection des hommes et des effets, l’observation, l’isolement et l’hospitalisation des troupes suspectes d’être atteintes de maladies contagieuses au moment de leur débarquement. Aussi les établissements comprenaient-ils deux parties, avec personnel distinct: la désinfection et l’hôpital d’observation, hôpital de capacité très variable. Celui de Hiéroshima, par exemple, pouvait parfaitement recevoir 15 000 hommes. Les baraquements étaient en bois, sans étage, longs de 50 mètres, larges de 8 mètres, hauts de 3 m. 50 du parquet au plafond. Celui-ci était en bois. Le parquet était surélevé de 1 m. 20 au-dessus du sol. Les parois des constructions étaient à simple épaisseur. Tout autour des bâtiments courait une galerie protégée seulement par en haut par l’avancement du toit.

Les pavillons ne communiquaient pas entre eux.

Les salles étaient ordinairement partagées par deux ou trois cloisons. La ventilation et la lumière y étaient assurées par un très grand nombre de larges fenêtres opposées. Ces baraquements n’ont d’ailleurs pas eu l’occasion d’être utilisés par les troupes japonaises. Us n’ont servi, à Hiéroshima, que pour 10 000 prisonniers russes amenés de Port-Arthur et qui y passèrent quelques jours seulement, en attendant d’être conduits dans les divers dépôts organisés à leur intention.

A Dairi, à Hiéroshima, à Wada, les dispositions étaient à peu près identiques.

PRATIQUE DE LA DÉSINFECTION

La désinfection des hommes se faisait par des bains dans l’eau de mer très chaude, à 50 degrés, suivis d’un savonnage à l’eau douce.

Celle des habits et des effets d’équipement se faisait suivant la nature de ceux-ci, par la vapeur sous pression dans des étuves, par la vapeur fluente formalinée dans des chambres spéciales étanches ou par simple spray d’eau formalinée.

Les établissements quarantenaires, toujours installés au bord de la mer, avec une ou deux jetées d’atterrissage, avaient l’air, vus du large, avec leurs baraquements de bois, les hautes cheminées, les câbles électriques, les innombrables chariots circulant sur rails, de quelques cités industrielles brusquement sorties de terre, cités à vie intermittente, les transports n’arrivant pas tous les jours, au moins au début des rapatriements.

Les emplacements de ces stations avaient été bien choisis pour éviter les causes de contamination : ils étaient loin des villes, sur un îlot ou une presqu’île, et de la sorte la surveillance en était plus facile, et l’isolement parfaitement assuré.

A l’intérieur, tout un système de couloirs assurait une double canalisation d’hommes et d’effets, grâce à laquelle aucun contact ne pouvait s’établir entre les désinfectés et ceux qui se rendaient à la désinfection. Toutes les opérations se passaient dans le plus grand calme, sans â-coups, sans reflux humain; l’écoulement se faisait avec une régularité de manœuvre sur le terrain. Cette régularité de fonctionnement nous explique le débit quotidien considérable de ces stations dans leurs périodes d’activité.

Le matériel se compose de piscines, d’étuves, de chambres pour la désinfection par la formaline, d’appareils de transports de toutes sortes, chariots métalliques, ou de bois montés sur des trains de roues ayant tous le même écartement.

Les diverses phases de la désinfection des hommes et de leurs effets sont simultanées ou presque.

Pendant que l’homme se baigne, ses effets sont passés à l’étuve ou à la formaline, et pendant qu’il s’essuiera les derniers effets seront désinfectés et il les trouvera sur sa route et sous sa main en quittant les salles de désinfection.

Les piscines sont aménagées pour les hommes, les officiers et parfois pour les généraux. Elles sont du même type et ne se distinguent que par leur dimension. Elles sont en granit, bâties dans le sol creusé à I m. 60. Leur largeur est de 2 mètres et leur longueur varie de 6 à 10 mètres.

Dans certaines stations, les piscines bâties étant en nombre insuf-

fîsant, on avait suppléé à ce défaut de matériel par des piscines en bois de dimensions identiques.

IL Bésinsectiora. — Le rôle des animaux et insectes dans la genèse ou la propagation des maladies a acquis dans ces dernières années une importance de premier ordre.

Pasteur le premier montra le rôle du ver de terre dans la transmission du charbon : on sait que le rat et la puce sont les hôtes du microbe de la peste, que le rat intervient dans la transmission del’influenza des chevaux et de la fièvre aphteuse puis de la trichinose, que la punaise jouerait un rôle dans la propagation de la tuberculose1, de la fièvre récurrente2.

La mouche transporte avec elle les germes d’un grand nombre de maladies infectieuses.

Des faite récents montrent son rôle dans la propagation de la fièvre typhoïde ainsi que celui des punaises. (Dutton.)

On a observé, soit, pendant la campagne cubaine, dans les camps de volontaires de l’armée des Etats-Unis en 1898, soit dans les corps de troupe anglais ayant participé à la guerre du Transvaal, ou dans ceux appartenant à l’armée des Indes, que souvent la propagation de la fièvre typhoïde était due aux mouches qui essaimaient autour des matières fécales accumulées dans les latrines à ciel ouvert et non désinfectées (Austin3). Weder4, à Cuba, rapporte le fait du voisinage d’une cuisine avec une tranchée où les matières fécales fraîches étaient recouvertes de myriades de mouches. Or, il est à présumer qu’au cours d’une épidémie de fièvre typhoïde, des hommes, ne se sentant pas encore assez malades pour demander les soins du médecin, déversaient dans les feuillées des matières déjà infectieuses et dangereuses.

Même remarque a été faite par Munson5.

D’expériences qu’ils ont faites à Metley en 1902, le lieutenantcolonel médecin Firth et le major Horrocks0 concluent que : la mouche de nos maisons peut porter les microbes infectieux des excréments spécifiques aux objets sur lesquels elle se pose, se promène et dont elle se nourrit.

Les germes infectieux paraissent s’attacher, non seulement à la

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