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Lapasset, Revue d'hygiène

PRATIQUE DE LA DÉSINFECTION 675

habitations. II. Vincent1 lui préfère la solution de soude bouillante à 10 p. 100.

Les pulvérisations faites méthodiquement soit avec une solution de sublimé à 1 p. 1000, soit encore et mieux avec une solution d’aldéhyde formique à 5 p. 100, remplissent les conditions d’une bonne désinfection des parois des locaux. Il faut pour cela que les pulvérisations soient pratiquées jusqu’à ruissellement. Dans ces conditions, en effet, Dopter2 a reconnu qu’une pulvérisation de trente secondes amène au bout de vingt-quatre heures une destruction des bacilles diphtéritiques, typhiques et du streptocoque; le staphylocoque, les spores du charbon ne succomberaient pas toujours dans ces conditions. Une pulvérisation de 45 secondes stérilise des exsudats diphtéritiques étalés sur du papier, des crachats tuberculeux desséchés sur des fils de soie. Zetter, Schnidelka et Schürer3 ont obtenu d’excellents résultats avec des pulvérisations intenses d'une solution à 1 à 1,5 p. 100 d’aldéhyde formique.

Le Conseil supérieur d’hygiène publique de France, dans ses instructions du 23 juillet 1907, a indiqué l’emploi de gaz antiseptiques. Par ce moyen, on ne peut obtenir encore actuellement qu’une désinfection de surface , car tous les procédés proposés jusqu’à ce jour et autorisés par le Conseil supérieur d’hygiène publique sont incapables de donner un rendement plus puissant.

La quantité d’aldéhyde formique dégagé doit être égale au moins à 2,5 ou 3 gr. par mètre cube, soit le résultat de l’évaporation de 8V,57 de formol. Il est préférable d’aller jusqu’à 4 gr., soit 10 v. de formol.

L’aldéhyde formique exige pour pénétrer des conditions d’humidité, de température ou de pression qu’on ne peut réaliser dans les conditions ordinaires où se pratique la désinfection des locaux. Néanmoins, cependant, il est permis de penser que ce dégagement de gaz antiseptique diminue pour une part les dangers de contamination pour le personnel chargé ensuite de procéder au lavage des murs et des planchers.

Une distinction doit être établie entre les divers appareils proposés jusqu’ici par l’industrie.

Nous avons fait voir, en effet, avec le médecin major Sacquépée \ que

LU. Vincent, Bull, de la Soc. de méd. militaire, 1907, p. 671.

2 Dopter, Désinfection des locaux par la pulvérisation d’une solution de formol, Revue d'hygiène, 1902, p. 131.

3. Zetter, Pratique de la désinfection par la formaldéhyde, Congres intei national d assainissement et de salubrité de l habitation, 1904.

4 g |p Lemoine et Sacquépée, Désinfection des locaux collectifs par le formol,

Revue d’ hygiène, 1907.

la désinfection des locaux était d’autant plus parfaite que le nombre des foyers de production d’aldéhyde formique était plus multiplié. Or, il s’en faut que tous les appareils répondent à ce désideratum.

Ceux-ci forment en effet deux groupes : le premier utilise plus spécialement la solution d’aldéhyde formique pure ou associée à d’autres produits destinés à retarder ou à empêcher la polymérisation ( formo-chloral , holzène, g ly co-formol, formacétone) .

Ces appareils sont tous constitués par un autoclave dans lequel la solution portée à une haute température dégage du gaz aldéhyde formique sous pression. Un des plus anciens est Y autoclave Hoton qui emploie une solution d’aldéhyde à 10 p. 100, soit, pour 1 litre, 750 gr. d’eau -f 250 gr. de solution commerciale. Cette quantité est nécessaire pour la désinfection de 30 mètres cubes.

Cet autoclave est muni à sa partie supérieure d’un tube métallique flexible dont l’extrémité libre peut être introduite par le trou de la serrure de la pièce à désinfecter.

A ce type appartiennent les appareils Fournier et Lingner.

Au lieu de dégager l’aldéhyde sous forme de gaz, le procédé Gnasco procède par pulvérisation d’un composé formolé spécial.

Pour les pièces de 70 à 80 mètres cubes, ces appareils sont en général suffisants, mais au delà, la désinfection du local n’offre plus la même sécurité. Quelle que soit la quantité de gaz dégagée, les tests déposés à l’autre extrémité d’une pièce un peu grande ou très longue sont incomplètement stérilisés.

Les résultats de la désinfection sont beaucoup plus sûrs avec les appareils plus récents du second groupe qui, de petit volume, sont disséminés à la surface du parquet du local, et dont le nombre peut être multiplié suivant les besoins.

A ce type appartiennent notamment deux appareils qui, au lieu d’employer la solution de formol, ont recours à la volatilisation du trioxyméthylène. L 'Hélios n’est autre qu’un récipient métallique de dimensions assez restreintes dans lequel on place des cubes de trioxyméthylène. Chacun de ceux-ci présente un volume déterminé de façon à correspondre au dégagement d’une quantité d’aldéhyde formique suffisante pour désinfecter 1 mètre cube.

Le récipient est obturé à sa partie supérieure par un couvercle percé d’une grande quantité de petits orifices du volume d’une grosse tête d’épingle par lesquels s’échappe le gaz antiseptique.

Le Fumigator consiste simplement en une cartouche de cuivre contenant le trioxyméthylène h

1. Le trioxyméthylène dégage 90 à 100 p. 100 d’aldéhyde formique. Son action semble plus profonde que l’aldéhyde formique provenant d'une vaporisation du formol.

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Cette cartouche est entourée d’une pâte qui, allumée à l’aide d’une allumette, brûle lentement sans flamme et porte bientôt la matière antiseptique à une température où elle se volatilise rapidement sans brûler ni s’altérer, en donnant d’abondantes vapeurs d’aldéhyde formique qui se répandent dans tout le local à stériliser.

La pâte, brûlant sans flamme ni projection, n’offre aucun danger d’incendie.

Ce dernier procédé présente le réel avantage de ne pas engager l'avenir, car il ne nécessite l’emploi d’aucun appareil fixe.

C’est sans doute à ce titre qu’il a été adopté officiellement par le Ministère de la Guerre pour la désinfection des effets usagés, à la date du 30 avril 1906.

Les cartouches sont de volumes différents, ce qui permet de les adapter à tous les cubages, et de multiplier à volonté le nombre des foyers de production du gaz aldéhyde formique — c’est là le point capital, comme nous l’avons dit plus haut.

Procédé de fortune.

Mais on peut arriver au même résultat par un procédé encore plus simple imité de celui de Flügge.

Il consiste à faire évaporer la solution de formol du commerce à 40 p. 100 additionnée d’une quantité d’eau suffisante pour en faire une solution d’aldéhyde formique au tiers.

Pour plus de simplicité, nous employons pour 1 mètre cube à désinfecter la solution suivante :

Solution de formol du commerce à 40 p. 100 Eau

qui dégage 4 grammes d’aldéhyde formique.

Il ne reste qu’à multiplier chacun de ces chiffres par le nombre de mètres cube à désinfecter.

D’autre part l’expérience nous a enseigné qu’il fallait compter un foyer pour 80 mètres cubes.

Soit un local à désinfecter de 800 mètres cubes : on emploiera 8 litres de solution de formol du commerce, plus 1 litre 600 d’eau et cette solution sera répartie dans '10 récipients placés sur un trépied et disséminés à la surface du sol.

Au dessous de chacun d’eux on placera une forte lampe à alcool destinée à porter le liquide à l’ébullition jusqu’à évaporation complète.

10 cm3.

Par prudence, si le sol du local, est recouvert de parquet, les trépieds seront placés sur du sable.

Ces dispositions prises, le local, dont toutes les fentes des fenêtres auront été obturées au préalable par du papier collé, est ensuite fermé hermétiquement.

Une seule fois, au cours de nombreuses expériences, les vapeurs ont pris feu dans 2 récipients. — Cet incident, d’ailleurs, n’a pas eu de suite fâcheuse car la flamme s’est développée uniquement dans le récipient. Cependant il est bon d’être averti afin de ne pas disposer les foyers près de lits ou de tentures. Mais cette inflammation de gaz peut être facilement évitée en utilisant des vases métalliques très larges, de telle façon que la flamme de la lampe à alcool limite son action au fond et ne vienne pas lécher les parois. — Ou bien en couvrant le récipient d’un couvercle portant en son centre une large ouverture.

Ce procédé de fortune1 2 offre l’avantage de pouvoir être appliqué facilement à la campagne où le sol des maisons est en général recouvert de carreaux, ou constitué par de la terre battue.

L 'Autane* et l’aldogène sont des produits qui, sous l’action de l’eau, donnent lieu à un dégagement d’aldéhyde formique. Le premier est un mélange de paraformaldéhyde, de peroxyde de baryum et d’une poudre inerte.

UAldogène Carteret 3 est basé sur la réaction de la paraformaldéhyde sur l’hypochlorite de chaux en présence d’eau. Si, à un mélange renfermant une partie de paraformaldéhyde sec et deux parties d’hypochlorite de chaux sec, on ajoute environ trois parties d’eau et si l’on agite pour bien homogénéiser, il se produit une ébullition très vive dans toute la masse donnant lieu à un abondant dégagement de vapeurs de formaldéhyde et d’eau.

Les voitures et les wagons ainsi que les brancards qui ont servi au transport des contagieux seront désinfectés par les mêmes moyens que les meubles et les locaux.

Les cabinets d'aisance dans les casernes seront désinfectés avec le lait de chaux à 20 p. 100 ou le crésyl à 5 p. 100 à parties égales avec le volume des matières dans tous les cas où la maladie régnante appartiendra à la catégorie dont le contage est contenu dans les selles et les urines (fièvre typhoïde, choléra, dysenterie). Il en sera de même pour les baquets de propreté et les urinoirs. Dans les

1. G.-H. Lemoine, Désinfection d’une chambrée, Bulletin de la Société de méd. mil., 30 novembre 1907, p. 630.

2. Société anonyme des produits F. Bayer et G‘% usines à Fiers, par Croix (Nord).

3. Société générale parisienne d’antisepsie, à Paris, rue d’Argenteuil, n° 15.

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hôpitaux, les cabinets d’aisance communs seront interdits aux malades atteints de ces affections, et les seaux hygiéniques destinés à recevoir les déjections recevront au préalable une certaine quantité de solution de crésyl à 5 p. 100. Il en sera de même pour les fosses à fumier , les vidoirs, les éviers. Les puits d’une habitation où sévit l'une des affections précédentes seront désinfectés à la chaux ou au permanganate de potasse.

Les boues , ordures ménagères , matériaux de démolition seront désinfectés par la chaux vive à raison de 5 kilogr. pour 1 mètre cube. La chaux aura été délayée au préalable dans moitié de son poids d’eau et on ajoutera assez de liquide pour en faire un mélange suffisamment pénétrant dans les matières à désinfecter.

Pratique de la désinfection d la caserne. — Des mesures de désinfection seront prises à la caserne toutes les fois qu’il se produira un cas de maladie contagieuse entrant dans la liste dressée par le décret du 10 février 1903. Ces mesures consisteront dans tous les cas, après isolement du malade, à recueillir dans le sac à désinfection réglementaire les linges, les vêtements et les fournitures de literie du malade ; la paille des paillasses sera incinérée. De plus, on aura soin de nettoyer, à l’aide de la solution de crésyl à 5 p. 100 ou de carbonate de soude à 10 p. 100 bouillante, le sol et la paroi de la muraille jusqu’à hauteur d’homme au niveau de la place du malade. Celui-ci sera transporté à l’hôpital dans une voiture spéciale. Dans le cas de maladie infectieuse du tube digestif, on procédera à la désinfection des latrines ou des urinoirs. Les fièvres éruptives, les oreillons, les méningites cérébro-spinales n’entraîneront la désinfection générale des locaux que dans des cas tout à fait exceptionnels.

Rappelons que les circulaires du 30 avril 1000 et 11 décembre 1907 prescrivent de désinfecter au fumigalor tous les effets usagés au moment du départ de la classe. Ces effets peuvent encore être désinfectés par des pulvérisations de formol conformément aux prescriptions de la circulaire du 20 février 1905. D’autre part, la circulaire du 25 mars 1907 prescrit que la désinfection des lits et objets mobiliers dans les casernes sera faite au compte du Service de santé. Elle sera faite par frottage et lavage avec une solution désinfectante de crésyl à 5 p. 100, ou eau de Javel à 2 p. 100, ou carbonate de soude chaude à 20 p. 100. Les deux premières valent mieux parce qu’elles dégagent une certaine odeur qui permet de constater l’emploi qui a été fait de l’antiseptique.

Désinfection dans les hôpitaux. — 11 y a lieu ici de faire une distinction entre les malades des services de chirurgie et de médecine ordinaire et le service des contagieux. Pour les premiers, les linges

et objets à usage seront nettoyés par les moyens ordinaires : lavage à froid ou à la lessive; les vêtements d’hôpital seront exposés aux vapeurs d’aldéhyde formique dans un local spécialement affecté à cet usage.

Pour les contagieux, les linges et objets à usage seront placés dans des sacs à désinfection spéciaux ou dans des cylindres métalliques ainsi que les vêtements, pour être portés à la station de désinfection de l’hôpital. Là, les linges seront immergés immédiatement dans une solution de crésyl à 2 p. 100 (circulaire du 3 décembre 1907) en évitant toute manipulation. Le mieux est de plonger les sacs contenant le linge directement dans des bacs remplis d’une solution de crésyl à 5 p. 100. Les vêtements seront passés soit à l’étuve à vapeur, soit à l’étuve à aldéhyde formique, il en sera de même pour les fournitures de literie. Il serait à désirer que chaque service pût être muni de bacs contenant une solution de crésyl ou de carbonate de soude, de façon à ce qu’au moins les linges ne soient l’objet d’aucune manipulation à sec. Les objets de pansement sans valeur doivent être mis dans un récipient spécial pour être versés ultérieurement et directement dans un incinérateur.

Désinfection en campagne . — En campagne la désinfection des linges par la lessive , et la désinfection des produits d’excrétion par le lait de chaux se présentent comme les moyens de fortune les plus utilisables. D'autre part, il est bon de rappeler qu’il existe des hôpitaux de campagne appelés à abriter les contagieux dont l’emplacement sera choisi soit par le médecin divisionnaire, soit par le directeur du Service de santé du corps d’armée, suivant les cas, et que les désinfectants nécessaires et les étuves à désinfection dont sont munies certaines formations sanitaires de l’arrière (hôpitaux d’évacuation) peuvent être envoyés sur demande là où leur présence sera jugée nécessaire.

En l’ahsence de tout appareil on peut faire une bonne désinfection avec de l’eau bouillante, du carbonate de soude et de la chaux.

Inhumation — Désinfection du champ de bataille. — Les inhumations intéressent l’hygiéniste surtout en ce qui concerne les cadavres d’individus morts d’affections contagieuses. Nous savons en effet qu’un certain nombre de microbes spécifiques peuvent vivre assez longtemps dans le sol, le cadavre ou en dehors de lui. Karlinski a fait voir que le b. d’Ebcrth pouvait vivre 3 mois dans les cadavres de typhoïdiques. Grancher et Deschamps, Levy et Kayser ont démontré que cet organisme vivait encore en pleine terre, au milieu des organismes variés qu’elle recèle pendant 5 mois.

Il y a donc grand intérêt à prendre des précautions spéciales vis-

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à-vis de ces sources d’infection. Le meilleur moyen est de recourir à l’isolement hâtif du cadavre dans un cercueil plombé et avant d’en fermer le couvercle de recouvrir le cadavre de chaux vive, ou de poussières de charbon, sciure de bois, cendres fortement imbibées d’une solution de formaldéhyde à 5 p. 100.

La désinfection du champ de bataille et les inhumations en général devront être l’objet de mesures énoncées d’ailleurs dans une notice spéciale annexée au règlement sur le service de santé en campagne. Les cadavres d’animaux seront incinérés.

Les inhumations sont individuelles pour les officiers, et se font en masses pour les hommes; pour les uns comme pour les autres, le choix de l’emplacement est le premier point qui doit attirer l’attention du médecin militaire.

Le terrain devra être perméable, disposé sur une surface assez étendue et d’une épaisseur suffisante pour que les fosses, une fois creusées, le fond se trouve encore assez éloigné de la nappe d’eau souterraine. On devra éviter le bord des rivières, le voisinage des sources, le fond des vallées basses et humides, et choisir de préférence les terrains à flanc de coteaux en aval des collectivités urbaines ou rurales par rapport au thalweg, et assez éloignés des lieux habités.

Avant l’inhumation l’homme est dépouillé de ses vêtements, de sa plaque d’identité et de ses bijoux ou valeurs. Il est ensuite déposé dans la fosse. Celle-ci, longue d’une dizaine de mètres, doit être profonde d’au moins deux mètres; son fond est tapissé de branchages pour faciliter l’écoulement des liquides et le drainage du sol. Les cadavres sont ensuite superposés par couches, de préférence perpendiculaires entre eux ou tête-bêche.

II. U irrey, en 1871, proposa de jeter au préalable au fond de la fosse une couche de chaux vive1, qu’on renouvela entre les cadavres et au-dessus d’eux. — C’est là, en somme, une crémation véritable, facile à exécuter, et donnant toute sécurité.

Les fosses sont ensuite remplies avec la terre de déblai qui sert à la formation de tumuli. La surface en est ensemencée de plantes avides d’azote (ray-grass, luzerne, avoine).

Le drainage des fosses pourra emprunter sa technique au procédé indiqué par les médecins majors Le Goïc et Coupry2.

Ces auteurs proposent de creuser des fosses de 10 mètres de long, 2 mètres de large et 2 mètres de profondeur, dimensions telles

1. On peut évaluer la quantité de chaux vive nécessaire à 5 kilos par cadavre.

2. Le Cou; et Coupry, Installation à Saint-Nazaire du « Cimetière de l’Avenir ». Annales d'hygiène publique et de médecine légale, 1900.

qu’elles permettraient d’y placer 75 ou 100 cadavres en trois ou quatre rangées superposées.

Tout autour et au fond de la fosse, en contre-bas, on pourra creuser un fossé de 30 centimètres de largeur et 30 centimètres de profondeur destiné à empêcher les cadavres d’être baignés par les eaux. On sait, en effet, que, pour que les corps se décomposent normalement et rapidement, ils doivent être mis à l’abri des eaux1, car celles-ci détruisent les insectes destructeurs de cadavres. Pour arriver à ce but, on mettra ce fossé en communication, par une sorte d’aqueduc, avec une petite fosse ou puits perdu, où les eaux venant de la fosse commune se réunissent pour être absorbées naturellement par les terres. Cet aqueduc et ce puits seront tapissés de branchages, de cailloux, de sable, qui laissent passer l’eau.

Enfin, à la hauteur de l’avant-dernière rangée de cadavres, un autre conduit partira de la fosse, venant aboutir, à une certaine distance de cette dernière, à une sorte de puits-cheminée, où l’on brûlera les gaz de dégagement, ou bien, sans les brûler, on les fera absorber par du charbon de bois.

On a utilisé aussi au cours ou à la fin de certaines campagnes la combustion des cadavres, mais cette pratique se heurte à des croyances et à des usages qui empêcheront encore longtemps ce procédé d’entrer dans nos mœurs. Il a cependant été employé par les Japonais.

Il a aussi été utilisé par l’armée russe en 1812 pour détruire un grand nombre de morts abandonnés par les Français. En 1814 les Allemands incinérèrent 4 000 cadavres à Montfaucon, les cadavres des animaux seuls auraient été1 brûlés2.

Au Dahomey, en Erythrée les Français et les Italiens auraient eu recours à l’incinération pour les corps des indigènes. Les Anglais font de même aux Indes.

Dans certaines circonstances épidémiques l’incinération s’imposerait.

Le procédé le plus pratique est celui du bûcher employé jadis chez certaines nations comme traitement du corps des grands et des riches, qui étaient placés sur des lits de bois de combustion.

En 1870, Créteur a utilisé le goudron de houille pour désinfecter les fosses remplies de cadavres au cours de la campagne. Celui-ci, après déblai de la couche superficielle, fut versé à raison de 5 à fi tonneaux pour 300 cadavres. Une fois le feu mis à l’aide de paille imbibée de pétrole, l’opération était terminée en une heure, après avoir

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