Caducée
2. Ringeling, Prophylaxie sanitaire de la peste, Congres de Bruxelles , 1903. Proust et Faivre, Rapport sur différents procédés de destruction des rats.
3. Raynaud, Prophylaxie de la peste en Algérie, Revue d hygiene, 1909, p. 1106.
4. Mandoul, La pétrolisation à bord contre les stég-omyg-as et les rats, Gaz. hebd. de Bordeaux, 1909.
Lemoine. — Traité d’hyg. milit
Aspery1 a proposé l’acide carbonique. Il suffirait de placer à fond de cale des tonneaux remplis d’un mélange de bicarbonate de soude et d’eau acidulée. Le gaz, plus lourd que l’air, se déposerait dans les parties inférieures de la cale. Malheureusement les rats fuient devant l’aspbyxie en grimpant le long des parois et se réfugient dans les superstructures de la cale (Vallin). Jacques (de Marseille) propose l’acide carbonique liquide détendu (Delafond). L’inconvénient est le même que pour le procédé précédent. De plus le procédé est coûteux.
L’appareil de Nocht-Giemsa, qui fournit de l’oxyde de carbone en grande quantité, paraît excellent. Mais ce gaz a l’inconvénient de n’avoir pas d’odeur et présente par là même, un danger considérable. 11 pourrait être réservé pour les cargaisons qui ne supportent pas l’acide sulfureux.
Au congrès de 1900, l’acide sulfureux a été proposé pour dératiser es navires. On l’emploie aujourd’hui également pour tuer les moustiques que peuvent recéler bagages et marchandises dans les cales.
U acide sulfureux a été jusqu’à ces derniers temps le désinfectant traditionnel des locaux infectés, réglementaire dans les casernes, officiellement recommandé par le Conseil supérieur d’hygiène publique de France. Mais, en 1881, il fut attaqué et discuté par Wolffhügel, sous la direction de IL Koch; seul le docteur Janssen (de Bruxelles) le défendit.
On l’emploie à la dose de 30 à 30 grammes par mètre cube donnant 20 à 33 litres de gaz. Chantemesse et Borel2 demandent 68 grammes par mètre cube pour les cales des navires.
Il est avant tout nécessaire de rendre les clôtures hermétiques, en recouvrant les joints des portes et fenêtres par des bandes de papier collé; on sature d’humidité l’air du local pour fixer l’acide sulfureux, soit en passant un linge mouillé sur les murailles peintes et sur le sol, soit en faisant bouillir de l’eau dans un large bassin; on place sur le sol un certain nombre de récipients en poterie grossière, de 13 à 20 centimètres de diamètre et de 4 centimètres de profondeur, contenant au maximum 230 grammes de soufre en canon concassé. Si le sol de la chambre est planchéié, il est indispensable, pour éviter l’incendie, d’interposer sous chaque réchaud un lit de sable de 23 centimètres d’épaisseur et de 30 centimètres carrés. Le nombre des réchauds doit varier suivant le cubage du local.
1. Aspery, Revue d’hygiène, 1900, p. 269. Koll, La lutte contre les rongeurs, Arcli.f. Schiff und Tropen-Hygiene, 1905, p. 289.
2. Chantemesse et Borel, Un procédé pratique et économique de sulfuration des navires, Bull, médical, 1909, p. 103.
PRATIQUE DE LA DÉSINFECTION
On enflamme le soufre à l’aide d’une, mèche de tonnelier placée dans chaque récipient ou, à son défaut, à l’aide d’alcool, de papier, en commençant par le foyer le plus éloigné de la sortie, puis on se retire en fermant hermétiquement la porte. L’acide sulfureux altère les objets métalliques et les effets de lin et de coton par suite de la transformation rapide de l’acide sulfureux en acide sulfurique par absorption de la vapeur d’eau atmosphérique. De plus ce procédé offre des dangers d’incendie. C’est pourquoi on a pensé à employer un four à soufre brûlant en dehors de l’habitation ou du navire, et projetant ensuite la vapeur sulfureuse au moyen d’un ventilateur. C’est le procédé Clayton l.
Dans ce procédé le gaz sulfureux contient encore une assez forte proportion d’acide sulfurique qui altère les marchandises. D’autre part l’opération elle-même est longue.
Aussi a-t-on pensé à employer l’acide sulfureux liquide renfermé dans des récipients métalliques, le détendre et l’envoyer à flot dans les locaux. Les appareils Marot et Sanito-Cleaner ont réalisé ce progrès.
Enfin on a employé pour détruire les rats un dernier procédé qui non seulement peut être utilisé dans les habitations, les navires, mais encore dans les champs, les égouts, etc.
Danisz2 a eu l’idée de se servir dans ces divers cas d’un bacille spécial mortel pour les rats : le bacille typhi murium découvert par Loffler. Ce microorganisme n’cst pathogène que pour les rats, souris, campagnols; il 11e l’est pas pour les rats gris. Danisz, par des passages successifs en sacs de collodion, est parvenu à rendre le bacille pathogène pour cette espèce. Il suffit de verser sur du pain, du grain, une petite quantité de la culture diluée pour communiquer aux rats une épizootie intense.
Le bacille de Danisz aurait, en Allemagne, donné des résultats contradictoires. Abel3, qui a repris la question, est arrivé aux conclusions suivantes :
Dans les expériences de laboratoire, quand on fait manger aux rats du pain enduit de cultures de bacille de Danisz, les animaux succombent au bout de six à douze jours. Les organes contiennent alors des bacilles de Danisz. On obtient aussi la mort des animaux en leur faisant manger les organes des rats ayant succombé à l’infection; seulement, après six passages à travers 1 organisme des rats, le
1. Calmi.TTE et IIautefeuille, Désinfection par le procédé Clayton, Revue d’hygi'ene, 1902, p. 865.