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Dépêche coloniale, 25 septembre

HYGIÈNE DES PAYS CHAUDS 719

mort de 268 000 individus, la variole a donné 36 000 décès et la dysenterie 64 900.

C’est dire que la question d’acclimatement est du ressort de l’épidémiologie plus que de l’hygiène proprement dite. Au fond les deux doivent confondre leurs efforts, la première pour dicter des règles prophylactiques appropriées, la seconde pour mettre l’organisme en état de résistance, en diminuant autant que possible l’action déprimante, secondaire mais réelle, des influences météoriques.

Les chapitres consacrés à la désinsection, au choix et à la surveillance des eaux potables, à l’évacuation des matières usées reçoivent ici leur application comme dans tous pays. Nous ne ferons donc qu’indiquer les modifications à apporter au recrutement et à la conduite des troupes allant opérer dans les pays chauds, à leur habillement et équipement, à leur alimentation, etc. Nous rappellerons enfin les mesures à prendre pour protéger le travailleur.

La chaleur joue le rôle primordial dans l’action des météores sur l'organisme. Fournie presque exclusivement par le foyer solaire, son intensité dépend de l’inclinaison de ses rayons. Tombant perpendiculairement sur la surface des régions équatoriales elle leur impose d’une façon presque constante son action qui devient plus intermittente à mesure qu’on s’avance vers les tropiques. De là deux zones se différenciant assez nettement; la zone équatoriale et la zone tropicale, celle-ci se divisant en région tropicale sud et région tropicale nord. La première, caractérisée par une température moyenne de 28° à 35° avec des variations saisonnières de 1 0 à 4°, est limitée un peu différemment suivant l’hémisphère considéré. Au nord la limite est de 12° tandis qu’au sud elle est de 3° à 5° de latitude. Cela tient à ce que l’hémisphère nord, constitué en grande partie par des continents,, absorbe et rend mieux la chaleur à l’atmosphère juxtatellurique. De ce fait l’équateu r thermique est reporté un peu au-dessus de l’équateur réel.

Les zones tropicales sont comprises entre 12° et 23° nord et 3° et 23° sud. La température y est de 20° en saison sèche et de 29° en saison humide avec des maxima de 32’ à 40° (Tonkin) et les variations saisonnières de 9° en moyenne pouvant aller jusqu’à 30° (Soudan).

Les variations nycthémérales sont de 12° à 20° en saison sèche au Soudan.

En résumé nous avons, correspondant aux diverses zones :

Un climat prétropical nord (Algérie), tropical nord (Tonkin), équatorial nord (Guinée), sud (Gabon), tropical sud (Réunion),

— prétropical sud (Cap).

Mais la chaleur n’est pas le seul élément dominant dans ces régions. Elle se double d’un autre agent météorique qui, par sa présence constante, vient aggraver son action autant par la dépression qu’il cause à l’organisme que par l’élément eugénésique qu’il apporte aux germes des maladies infectieuses. Le soleil entraîne en effet avec lui une masse considérable d'eau qui, par suite de l’évaporation énorme produite à la surface des océans, s’agglomère dans l’atmosphère sous forme de nuages, et se concentre au niveau de l’équateur, par suite de la pression qu’exercent sur elle au nord et au sud les vents alizés des deux hémisphères.

Le nom de « Pot au noir » donné parles explorateurs et les marins à cette zone équatoriale exprime bien l’aspect du ciel dans ces régions et les sombres conséquences d’un pareil climat pour les organismes soumis à son influence. Il résulte de cet état de choses qu’une humidité intense et continue élève l’état hygrométrique, aggravant l’action de la chaleur par la diminution de l’évaporation cutanée et pulmonaire qu’il produit. L’Européen est plus accablé par 28" de température humide à Saigon, que par 40° de chaleur sèche au Sahara.

Cette chaleur humide est constante à l’équateur où, par ce fait, il n’existe guère de saisons, la pluie tombant toujours plus ou moins dans les régions équatoriales, mais les saisons se dessinent lorsqu’on quitte l’équateur et deviennent bien tranchées lorsqu’on aborde les zones tropicales.

La répartition des saisons est en rapport direct avec la marche du soleil soit dans l’hémisphère nord, soit dans l’hémisphère sud. Elle se trouve résumée dans le tableau suivant qu’il importe de bien retenir, car c’est lui qui règle l’époque de débarquement des corps expéditionnaires et des troupes de relève :

1° Zone équatoriale.

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