Treille, Ilyyicne coloniale
rations du régime de vie qu’il faut chercher les causes d’altération de la santé de l’Européen. »
Ce qu’il convient de dire, c’est qu’il n’y a ni un climat intertropical, ni un climat équatorial. Il y a entre les tropiques et sous l’équateur une succession de climats partiels à la constitution desquels concourent des éléments absolument variés. Parmi ces éléments figurent l’altitude, la nature du sol, le voisinage des mers, l’étendue des contrées ou des îles, le régime des vents ou la distribution des pluies; et naturellement reliée à toutes ces causes, la tension de la vapeur d’eau atmosphérique.
Au reste il convient d'observer que les affections communes de nos pays tempérés, les bronchites, les pneumonies, les pleurésies sont rares en Cochinchine, et que les seules affections endémiques à redouter, celles des organes abdominaux, diarrhée, dysenterie, hépatite sont plutôt dues aux imprudences individuelles, à des causes d’infections évitables qu’à des influences météorologiques.
Le sol domine la pathologie de l’habitant des pays chauds, le ciel en régit la physiologie, disait Féris1, exposant ainsi en quelques mots les deux données principales du problème de la vie de l’Européen dans les pays chauds.
Si la première occupe la place la plus importante, il ne s’ensuit pas cependant que la seconde doive être envisagée comme une quantité négligeable; les troubles simplement fonctionnels de nos organes pouvant créer la prédisposition aux troubles pathologiques et aux lésions définitives, lorsque l’organisme se trouve aux prises avec les éléments infectieux.
L’étude de l’hygiène coloniale se borne donc en somme à ajouter un chapitre à l’hygiène générale, pour préciser la conduite à tenir vis-à-vis des milieux météoriques spéciaux, dont l’action entraîne un certain degré de dépression dans l’accomplissement des fonctions organiques, et favorise ainsi l’invasion des maladies infectieuses communes aux pays chauds.
Si, en effet, on pouvait supprimer le règne du paludisme, de la dysenterie et des maladies infectieuses spéciales à nos colonies* celles-ci n’olîriraient aucun obstacle à l’immigration européenne.
Les chiffres suivants sont assez éloquents par eux-mêmes pour qu’il suffise de les citer.
Au Bengale2, pendant une période de cinq ans, 1903-1907, le paludisme a fourni 1 120 000 décès. En 1908 le choléra a causé la