‹ Traité d'hygiène militaireChapitre 28 sur 252 · Lamy, Bulletin médical, 1904, p · texte numérisé non relu

Lamy, Bulletin médical, 1904, p

du pas ont fait voir que lorsque l’accélération de la marche compte 80 à 150 pas à la minute, le parcours d’un kilomètre se fait en des temps de plus en plus courts en rapport avec l’augmentation du nombre des pas.

Mais aussitôt que ce nombre dépasse 130, le marcheur, raccourcissant instinctivement la longueur de son pas, parcourt d’autant moins d’espace en un temps donné que son pas est plus accéléré.

La charge diminue aussi l’amplitude du pas.

L’allure la plus avantageuse pour une troupe d’infanterie chargée et équipée est de 115 à 125 pas pour le pas cadencé, et de 105 à 125 pas pour le pas de route, avec une longueur de pas de 80 à 90 centimètres1.

Le pas de charge est de 140 et le pas de gymnastique de 170 avec une amplitude de 0 m. 86, de 165 à 170 dans l’armée allemande avec une longueur de 1 mètre.

La façon de marcher, a aussi une influence sur la vitesse de la marche. C’est ainsi que la marche en extension, qui consiste à lancer le membre inférieur en avant, la jambe tendue, est extrêmement fatigante et contribue par conséquent à raccourcir le pas. C’est un pas de parade à utiliser dans les défilés, dans les revues mais non dans la marche. Firmin Weiss, puis le capitaine de Raoul en 1890 ont consacré d'importantes études à la marche en flexion, dite encore en messager. Elle s’exécute en levant la pointe du pied juste ce qu’il est nécessaire pour éviter les aspérités de la route et en fléchissant légèrement la jambe sur la cuisse. On augmente ainsi la souplesse de la marche, et on évite le retentissement du choc du talon sur le sol. La méthode chronophotographique de Marey, en décomposant le mécanisme du mouvement du marcheur, montre comment la simple inclinaison du tronc en avant force les jambes à se fléchir. Cette attitude est en somme celle qu’on prend lorsqu’on est fatigué par une longue course, et qu’on cherche instinctivement à diminuer le travail en atténuant en hauteur les oscillations du centre de gravité, et supprimant en partie la dépense de force nécessaire pour soulever le poids du corps. Le montagnard, le paysan marchent ainsi et acquièrent par ce moyen une rapidité que les citadins ne peuvent égaler.

La réglementation de la marche dans l’armée a fait l’objet de tout temps de recherches multiples. Le but à atteindre, dit le règlement du 22 octobre 1902, est d’amener la troupe à effectuer les plus longs parcours avec le minimum de fatigue.

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