Demoor, Congrès de Bruxelles
4. Lafeuille, Traité d'hygiène. Brouardel et Mosny, J.-B. Baillière, 1906, fascicule 3, Exercices physiques, p. 321.
Lemoine. — Traité d’hyg. milit.
L'excédent de dépenses sur les recettes est dû surtout aux troubles apportés dans l’activité des masses musculaires.
Il se traduit d’abord par une diminution, puis une disparition complète des substances dynamogènes consommées par le muscle et le système nerveux pendant l’exercice physique, à savoir : l’oxyhémoglobine et le glycogène, qui en représentent les éléments essentiels. On constate ensuite une destruction exagérée des substances albuminoïdes.
Lahy \ passant en revue tous les travaux accumulés sur la question, a conclu que le travail excessif diminuait d’abord l’excrétion de l’urée, parce qu’alors les résidus azotés incomplètement oxydés s’accumulent dans l’organisme qui ne peut livrer au rein qu’une petite quantité d’azote complètement transformé. On sait en effet que l’azote urinaire est représenté normalement par l’urée dans la proportion de 90 p. 100. Les 10 parties restantes comprennent les acides urique et hippurique, la créatinine, la xanthine, etc., et représentent les substances azotées qui ont échappé à la transformation en urée. Le rapport azoturique envisagé de cette façon devient donc l’expression des troubles de la désassimilation azotée et en donne le degré. L’excès des autres corps que l’urée dans l’urine est la cause de ces dépôts plus ou moins épais qui se produisent au fond du vase des individus soumis à un excès de travail, lorsque le rein, suffisamment perméable, a donné passage aux produits albuminoïdes incomplètement oxydés en même temps qu’à l’urée.
Les décharges d’urée surviennent ensuite lorsque l’organisme, suffisamment reposé, a pu se livrer à la transformation complète des déchets azotés dont il était saturé.
D’autre part, par suite de la consommation des éléments hydrocarbonés, l’acide carbonique augmente dans le sang, provoquant par son accumulation un acte de défense de la part de l’organisme, une excitation du centre respiratoire.
Enfin, le muscle lui-même est atteint : outre les produits de déchet qu’il livre à la circulation, il voit la réaction de son tissu propre, de neutre qu’elle était, devenir acide par formation d’acide lactique. D’après Lagrange, Marcus, on retrouverait cet acide lactique dans les urines des individus surmenés. Même opinion a été soutenue par Colosanti et Mostacelli1 2. Sur huit hommes fatigués à la suite des marches d’épreuve, je n’ai pu en déceler la présence qu’une fois.