‹ Traité d'hygiène militaireChapitre 34 sur 252 · Lahy, Revue scientifique · texte numérisé non relu

Lahy, Revue scientifique

2. Colosanti et Mostacelli, Sur la présence des acides paralactiques dans l’urine des soldats après des marches pénibles, Academia Medica di Roma, 1887.

ACCIDENTS LOCAUX ET GÉNÉRAUX DES EXERCICES

Le muscle perd encore son glycogène quelquefois au point de n’en plus contenir que des traces (Kulz 1).

Cette désassimilation exagérée entraîne donc dans le sang une grande quantité de produits anormaux. Ceux-ci produisent l’intoxication, soit par le fait même de l’accumulation de ces poisons, les émonctoires étant sains, soit par insuffisance des organes préposés à l’épuration de l’organisme, le taux des déchets étant relativement peu exagéré. C’est ce qui explique l’apparition plus rapide de la fatigue chez les gens ayant une perméabilité rénale compromise, un tégument dans lequel la circulation périphérique est peu active où la sécrétion des glandes sudoripares se fait mal.

C’est ce qui explique encore la plus grande fréquence de ces accidents d'intoxication en temps chaud et humide, parmi des hommes marchant en rangs serrés, ou trop couverts, ou portant des vêtements imperméables, etc., ces dernières circonstances empêchant les émonctoires de fonctionner normalement.

Aussi ne saurait-on trop porter son attention du côté de ces organes pour en apprécier l’intégrité ou l’état pathologique.

Les expériences d’Abelous2, de Charrin et Langlois3, de Carnot et Josserand permettent de considérer les capsules surrénales comme un organe de défense contre les poisons de la fatigue.

Cette pathogénie, si elle se vérifiait complètement, aurait une conséquence thérapeutique que le médecin major Sabatier4 a bien mise en lumière.

La fatigue, premier degré de surmenage, est donc constituée par une excitation exagérée qui a comme conséquence de détruire l’équilibre organique en augmentant les déchets de la désassimilation et en produisant l’auto-intoxication.

Comment réagissent les divers appareils de l’organisme?

Appareil de la respiration. — Sous l’influence du travail, il se produit ordinairement une accélération des mouvements respiratoires.

C’est ainsi ([uc se produit ordinairement l’essoufflement, sentinelle avancée de la fatigue, qui en compense ainsi les ellets, tout au moins dans une certaine mesure, et évite le surmenage (Lagrange).

Le centre respiratoire entre en action et provoque une accélération des mouvements respiratoires, qui fera pénétrer dans l'organisme

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