CHAPITRE IV
PROPRETÉ CORPORELLE
Appareils actuellement en usage dans l'armée. — Appareils Barois-Bouvier, Herbet,
Flicoteaux.
Installation des bains-douches dans les casernes. Manière de prendre la douche. —
Bains froids. — Lavabos. — Pédiluves. — Hygiène de la bouche.
La proprété corporelle est la première condition de l’asepsie du milieu habité. La nécessité s’impose d’une façon encore plus urgente lorsque l’homme vit en collectivité. C’est assez dire son importance dans l’armée et dans nos casernes où le méphitisme de l’air des chambrées est dû, pour une bonne part, à la négligence des hommes à cet égard.
Lorsque la peau est laissée sans soins, elle se couvre rapidement d’une couche imperméable, formée par un mélange de sueur et de débris épithéliaux. Les poussières extérieures viennent en outre s’y fixer et complètent l’obstruction des pores de la peau. Or, le tégument externe est non seulement un émonctoire important destiné à éliminer avec les reins et la surface pulmonaire tous les déchets de notre organisme, mais il vient encore en aide aux fonctions du poumon, pour introduire dans nos tissus l’oxygène nécessaire aux échanges nutritifs destinés à maintenir leur intégrité.
La pathologie nous apprend quelle importance s’est attachée aux sueurs profuses, indiquant dans certaines affections une terminaison favorable, et l’élimination plus ou moins complète des principes morbides, et les physiologistes, d’autre part, ont déterminé souvent chez les animaux des accidents asphyxiques et la mort, en recouvrant leur surface cutanée d’un enduit imperméable.
Le foie, le poumon sont susceptibles de se congestionner à la longue chez les sujets malpropres, et la peau peut devenir le siège d’affections diverses telles que l’acné, le lichen, le prurigo, les furoncles, etc.
La peau est en outre un appareil régulateur de la température du
corps; elle permet de lutter contre le froid par la vaso-constriction dont elle est alors le siège, restreignant ainsi le champ de la circulation périphérique et mettant obstacle au rayonnement extérieur. Elle s’oppose à l’accumulation de calorique dans l’organisme en se congestionnant sous l’influence de la chaleur extérieure, augmentant ainsi la quantité de sang soumise à une température extérieure moins élevée que celle du corps. Si celle-ci est trop intense, la peau recourt aux glandes sudoripares pour rafraîchir la surface du corps.
Les surfaces muqueuses demandent non moins que la peau des soins tout particulier. Nous avons tous vu chez les soldats ces stomatites, ces gingivites ulcéreuses arrivant à déchausser complètement les dents et à hâter leurs lésions et leur chute, et qui ne sont dues qu’au défaut de soins pour la bouche.
La malpropreté des parties génitales cause des balanites, des herpès, des intertrigo parfois très rebelles.
De plus, grâce à la vie en commun que mènent les soldats, chaque homme devient pour son voisin un foyer d’émanations malsaines, propres à créer ce miasme humain sur l’influence duquel L. Colin a insisté autrefois et qui peut devenir, par la permanence des causes, une des origines multiples du terrain de culture propre à la génération des germes infectieux. C’est donc préserver encore les autres que de se préserver soi même, et c’est à cette préservation générale que tendent tous les hygiénistes quand, dans tous les conseils qu’ils sont appelés à donner chaque jour, soit pour la tenue des demeures particulières ou des logements publics comme les casernes, les hôpitaux, les écoles, les asiles, soit pour l’application des mesures destinées à nous présenter de l’envahissement des grands fléaux épidémiques, ils recommandent avant tout la propreté.
Il faut dire que ces préceptes gagnent du terrain tous les jours. Depuis de longues années déjà, la question est étudiée dans l’armée et, aujourd’hui, presque toutes les garnisons de France ont des appareils plus ou moins perfectionnés, destinés à maintenir la propreté corporelle des hommes. On a installé dans un grand nombre de locaux des lavabos qui ont remplacé avantageusement la pompe unique parfois, où le soldat était réduit à . aller chercher par tous les temps le peu d’eau qu’il pouvait se procurer pour satisfaire aux besoins d’une toilette toujours des plus sommaires. Dans presque tous, les bains par aspersion ont été organisés, permettant le nettoyage complet de l’individu une ou plusieurs fois par mois.
La ligue pour la propreté s’est étendue à la population civile où, grâce à d’intelligentes et énergiques initiatives, les bains douches ont trouvé dans la population ouvrière de certaines grandes villes des
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clients de plus en plus nombreux, comme le prouve cette statistique dressée par un des promoteurs de cette œuvre hygiénique, M. Charles Cazalet.
A Bordeaux, depuis la fondation d’une maison de hains-douches en 1892, jusqu’en 1904, il a été donné 1 089714 hains-douches; à Paris, depuis 1898 : 679 083; à la Piochelle depuis 1902, près de 70 000.
Il est à remarquer qu’à Bordeaux, le nombre des bains pris pendant la première année (1893) était seulement de 26 051, qu’il passait en 1900 à 112 816, <et qu’enfîn il a atteint en 1904 le chiffre de 191 391 . Il y a là une progression encourageante qui marque l’utilité de l’œuvre et la façon dont le public l’apprécie. La propreté jusqu’ici réservée aux riches pourra, grâce à ces établissements à bon marche (0fr.20 la douche savon compris) s’étendre à ceux qui en ont le plus besoin en raison même de la nature de leurs travaux, de la transpiration qui en résulte et de l’impossibilité où ils se trouvent de changer de linge aussi souvent cju’il le faudrait.
Il serait nécessaire de posséder des installations semblables dans les écoles, collèges, lycées afin d’y inculquer des principes de propreté en général si primitive !
Une circulaire ministérielle du 26 mai 1890 conseille bien de faire prendre aux élèves deux bains complets tous les mois et deux bains de pieds par semaine. Mais les bains en baignoire ou en piscine ne lavent pas, on en sort presque aussi sale qu’on y était entré.
Il est un moyen plus simple, plus pratique, d’assurer la propreté du corps tout entier : c’est le bain par aspersion. C’est le seul, qui satisfasse à la fois aux conditions qu’imposent l’hygiène et l'économie.
I. Appareils actuellement en usage dans l’armée. — Les notes ministérielles du 23 novembre 1893 et 11 avril 1894 revenant sur la décision prise en 1879 et en 1863, prescrivirent que les seuls appareils utilisables pour l’armée seraient : l’appareil Barois- Bouvier, l’appareil Herbet C et l’appareil Flicoteaux. La circulaire du 7 juin 1909 ajoute à la liste l’appareil Franck-Defoug. D’ailleurs, une certaine latitude semble être laissée aux chefs de corps qui ont utilisé des appareils analogues sortant de différentes maisons. Nous empruntons au traité d’A. Laveran la description des appareils réglementaires.
Appareil Barois-Bouvier. — L’appareil Barois-Bouvier est basé sur le principe du thermosiphon et comprend (flg. 1) :
Une chaudière C à double paroi et foyer central; un tuyau de fumée F qui traverse le réservoir afin d’utiliser la chaleur perdue: deux tuyaux de circulation EC et EF formant, par l’addition d'un pied à fourche, les quatre points d’une charpente métallique qui supporte un réservoir R de 500 litres de capacité. En bas le tuyau EG s’abouche à la partie supérieure de la chaudière, et le tuyau EF à la partie inférieure; en haut, ils s’abouchent l’un et l’autre au fond du réservoir R. Il en résulte que la chaudière, le réservoir et les tuyaux ne forment en réalité qu’un seul et même récipient. Dès qu’on allume le foyer FC, l’eau tiède étant plus légère monte dans le
Fig. 1. — Appareil Barois-Boumer. — C, Chaudière; F, Tuyau de fumée; R, Réservoir; EC, Conduite d’eau chaude; EF, Conduite d’eau froide; FC, Foyer; S, Pommes d’aspersion; T, Charpente métallique supportant le réservoir R.
réservoir par le tuyau EC et est remplacée par de l’eau froide qui, descendant par le tuyau EF, s’échauffe dans la chaudière, monte à son tour et ainsi de suite.
En une demi-heure ou une heure, suivant la température extérieure, l’eau du réservoir R est portée à 36° ou 37° avec une consommation de 6 à 10 kilogrammes de charbon, soit une dépense de 25 à 40 centimes.
La distribution a lieu par une artère principale formant nourrice de deux rampes, portant chacune 4 pommes d’aspersion S percées à leur périphérie seulement de deux rangées de 40 trous, du diamètre d’une épingle (sur la figure on n’a indiqué que 4 pommes au lieu de 8).
L’artère principale est munie d’un robinet chef D; deux autres robinets
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{non indiqués sur la figure) sont placés sur les deux rampes de distribution.
Le robinet chef est ouvert de façon à ne pas donner un débit supérieur à 3 litres un quart par pomme en une minute.
A l’aide d’un de ces appareils muni de huit pommes d’arrosoir, on peut laver 80 hommes (soit en moyenne tous les disponibles d’une compagnie) en vingt-cinq minutes, dont onze sont consacrées aux allées et venues de l'habillement.
Le prix d’un appareil à huit pommes (sans robinets individuels) est de 315 francs.
Ce système est représenté dans la région lyonnaise par l’appareil Bouchayes et Viallet.
Fig. 2. — Appareil Herbet C pour bains-douches. (Laveran, Traité d' Hygiène militaire.)
Appareil Herbet (fîg. 2). Il se compose :
1° D’une chaudière C, logée dans un fourneau en maçonnerie B.
2° D’un tuyau d’arrivée d’eau froide EF muni d’un robinet de réglage R.
3° D’un tuyau de départ d’eau chaude EC aboutissant à une nourrice N, -chargée de déverser l’eau tiède à environ 35° par 2, 4, 6 ou 8 pommes d’arrosoir, suivant les cas, formant de préférence des jets obliques. La nourrice peut être remplacée par un petit réservoir qui répartit l’eau comme on le désire.
4° D'un thermomètre T qui permet de constater la température de l’eau à chaque instant, et qui, relié à une sonnerie électrique, avertit dès que la température de l’eau atteint 45°.
5° D’une cheminée H, munie d’un registre Q.
Pour faire fonctionner l’appareil, on ouvre le robinet R d’arrivée d’eau froide et on remplit la chaudière. On referme ce robinet dès que l’eau sort en N et on allume le feu; pour cela, après avoir brûlé un peu de bois sur la
grille, on ajoute peu à peu le combustible (de préférence du coke n° 0) par l’ouverture O jusqu’à ce que la trémie soit pleine et on ferme après le couvercle.
Le registre Q de la cheminée doit être ouvert en plein pendant l’allumage; au bout de quinze minutes, on a de l’eau chaude.
Dès qu’on constate au thermomètre T une température de 45°, on ouvre progressivement le robinet d'arrivée d’eau froide pour la mise en train et on arrive, au bout de quelques minutes, au débit normal.
L’appareil une fois en marche, il suffit de mettre du coke toutes les demiheures par l’ouverture O pour remplacer celui qui est brûlé; une heure et demie avant la fin prévue de l’opération, on cessera de mettre du coke.
La régularité de la température pour un débit donné s’obtient par la
Fig. 3. — Appareil Flicoteaux pour bains-douches. (Laveran, Traité cl’Hygiène militaire.)
manœuvre du registre Q; suivant que la température tend à descendre ou à monter, l’homme chargé du service des bains doit ouvrir ou fermer progressivement ce registre.
L’appareil peut débiter à l’heure 1 400 litres d’eau à 35° en dépensant 60 litres de coke en trois heures de fonctionnement. (Herbet, Note sur V installation de bains-douches , Paris.) Grâce à la construction particulière de la chaudière, M. Herbet dit avoir réussi à éviter les variations trop grandes de température qui s’observaient jusqu’alors dans les appareils à circulation d’eau. Il suffit, pour que l’appareil fonctionne, d’avoir de l’eau à la pression de 3 mètres.
Appareil Flicoteaux (fig. 3). — Flicoteaux a construit à l’usage des casernes qui peuvent employer le gaz pour le chauffage de l’eau des bains, un appareil qui est représenté par la figure 3.
Cet appareil se compose d’un chauffage en cuivre, à surface tubulaire, munie d'une rampe à gaz reliée avec un réservoir en tôle sur lequel sont fixées les pommes de douches.
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L’appareil est d’une installation facile et il permet de donner des douches à un nombre considérable d’hommes aussitôt après l’allumage et avec une dépense de gaz peu considérable.
Il résulte d’expériences faites en 1891 à la caserne du quai d’Orsay, qu'un mètre cube de gaz suffit pour donner des douches tièdes à 100 hommes en été et à 50 en hiver.
Le prix d’un appareil permettant de donner quatre douches à la fois est de G00 francs.
II. Installation des bains-douches dans les casernes. — Cette installation est encore aujourd’hui des plus primitives. Elle consiste essentiellement en une salle de douches et une salle d’attente; ces locaux, situés au rez-de-chaussée, font en général partie de l’infirmerie et y sont accolés.
Il existe souvent une entrée»commune à tous, par où vont et viennent malades et hommes sains. Cependant, dans un assez grand nombre de casernes, les bains-douches sont installés dans un bâtiment spécial, complètement séparé des locaux d’habitation, mais leur aménagement intérieur ne varie pas. La plupart du temps, les salles d’attente et de douches sont insuffisamment chauffées ; de plus tous les hommes sont entassés dans une promiscuité regrettable à tous les points de vue. Aussi un certain nombre d’entre eux, esquivant ce qu’ils regardent comme une corvée dangereuse ou désagréable, profitent de la foule pour ne point passer à la salle de douches.
M. le médecin major Drouineau \ dans un rapport récent, est venu meme nous apprendre que souvent le soldat déserte la salle de douches du régiment pour les établissements de douches populaires qui commencent à s’.installer dans certaines grandes villes, dans des conditions de confort remarquables.
C’est ainsi qu’à La Rochelle l’établissement de douches populaires à donné 18 095 bains-douches à des militaires de 1902 à 1908, à Bordeaux ce chiffre s’est élevé à 244 144 de 1900 à 1908.
Une réforme s’impose donc, qui, déjà faite à l’étranger dans certaines armées, à reçu un commencement d’exécution chez nous au 144e de ligne, en 1905, à la caserne Babylone, à Paris, en 1907, à Rouen, etc.
Cette réforme consiste en l’adoption du régime cellulaire, autrement dit de la douche individuelle, adopté par la circulaire ministérielle du 30 mai 1907.
1. Drouineau, Rapport sur les bains-douches dans l’armée, 3e Congrès d'assainissement et de salubrité de V habitation , 6 novembre 1909.
Le 23 avril 1907, le ministre de la Guerre inaugura à la caserne Xaintrailles, à Bordeaux, les bains-douches du 144° régiment d’infanterie, dont nous donnons ici les dispositions détaillées (fig. 4).
Le local comprend un bâtiment sans étage de forme rectangu-
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Fig. -4. — Installation des bains-douclies au 144° régiment d'infanterie à Bordeaux. — CD, Cabines de déshabillage; BD, Bain-douche; Profil de l’installation; P, Porto des cabines.
laire, n’olîrant qu’une salle dont les dimensions sont 13 m. 83 de long sur 6 m. 80 de large; une porte à deux battants donne accès dans ce local qui est éclairé par quatre fenêtres et un lanterneau central à châssis vitré mobile disposé au-dessus du réservoir à eau chaude, de façon à assurer en même temps le dégagement de la
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vapeur d’eau. L’installation du bain-douche à cabines vestiaires individuelles forme ainsi dans son ensemble un rectangle de 11 m. 38 de long sur 3 m. 25 de large.
L’appareil de chauffage est un thermo-siphon.
L’appareil de distribution est constitué par deux conduites en cuivre garnies chacune de cinq pommes d’arrosoir dont le débit est de 6 litres par minute.
Il existe dix groupes de cabines : chaque groupe comprend une cabine de bain et deux cabines déshabilloires. Toutes les trois communiquent par des ouvertures et chacune d’elles mesure 1 m. 05 de long sur 1 m. de large. Le sol est cimenté et présente au centre de la cabine une excavation de forme carrée, sorte de cuvette profonde de 0 m. 20 et large de 0 m. 42 dans laquelle le baigneur se tient debout; au-dessus de la tête se trouve la pomme d’arrosoir, à 2 m. 50 du sol. Dans l’un des angles de la cuvette est disposé debout un tropplein constitué par un petit tube métallique mobile d’une longueur de 0 m. 16 ouvert à ses deux extrémités et communiquant inférieurement avec une canalisation centrale destinée à entraîner au dehors les eaux usées; l’eau amassée dans la cuvette se déverse quand elle arrive au niveau du trop-plein, les pieds du baigneur restant immergés. Le bain terminé, on soulève le trop-plein et la cuvette se vide complètement. L’ameublement de chaque cabine déshabilloire comporte des crochets porte-manteau, une descente de bain en liège comprimé et un escabeau.
Toutes les parois de l’ensemble sont en tôle métallique peinte et vernie, les angles arrondis sont soutenus par des poteaux en fer.
11 résulte de ce dispositif que, pendant qu’un homme prend un bain, un autre se déshabille, le baigneur ayant terminé se retire dans la cabine où il a laissé ses vêtements et est remplacé immédiatement dans la cuvette. Ces mouvements s’opèrent avec ensemble, au coup de sifflet donné par un gradé. La surveillance des baigneurs s’exerce par-dessus les portes, car, tandis que les parois des cabines s’élèvent à 2 mètres de hauteur, les portes n’ont que 1 m. 45, l’ouverture ne comporte qu’un rideau en toile cirée. Ce système ne nécessite qu’un infirmier pour conduire le feu et régler la température de l’eau du bain.
Les frais d’installation et d’achat se sont élevés à un total de 4 500 francs. Le 144" régiment d’infanterie est redevable de cette dotation à un généreux philanthrope de la ville de Bordeaux, le commandant Hounau.
L’installation de la caserne Babylone (système Frank-Defoug) comprend cinq cabines en tôle ondulée, adossées au mur du fond
d’un local de 3 m. 5 une salle de déshabillage commune pourvue de bancs, patères, boîtes à savon, glace, etc.
L’appareil a été placé dans la cage d’escalier, enfermé dans une armoire qui ne gêne en aucune façon la circulation.
L’eau, sortant en jets divisés de la conduite d’arrivée, s’échauffe à l’air libre et se déverse sans pression dans la conduite de distribution des pommes-douches. La pluie tombe obliquement.
Il faut trois à quatre minutes pour la mise en train ; un thermomètre donne la température de l’eau et permet le réglage au moyen d’un robinet unique commandant l’arrivée de l’eau et celle du gaz. Une fois atteinte la température qu’on s’est fixée, l’appareil peut être abandonné à lui-même sans surveillance.
Des relevés faits par l’officier de casernement il résulte que, pour 100 hommes, la consommation de gaz a été en moyenne de 4 m3 500 à 0 fr. 15, soit une dépense de 0 fr. 675. Une aspersion revient donc à 0 fr. 007.
Quelle que soit l’installation, certaines règles générales doivent être observées dans la construction de ces locaux. Le sol doit être imperméable et dirigé en pente douce pour favoriser l’écoulement des eaux. On pourra employer pour cela les revêtements de ciment.
D’ailleurs la surface du sol sera recouverte d’une claie en bois, facile à laver par un jet d’eau projeté à sa surface.
L’usage des matériaux imperméables devra s’étendre aux parois. Ici, plus que partout ailleurs, les joints à angle doivent être interdits.
D’autre part, le chauffage des locaux devra être l’objet d’une surveillance attentive, et on devra prévoir le maintien d’une température de 22 à 25°, celle de l’eau devra atteindre 35 à 37°.
Il serait nécessaire d’affecter aux établissements de bains-douches une ration spéciale de chauffage , comme on leur alloue une allocation d’eau particulière. Actuellement, le combustible est pris sur celui de l’infirmerie. Les deux services devraient être absolument distincts. Celui des bains n’est pas un service médical, ce doit être un service de la caserne analogue à ceux de la buanderie, de la commission des ordinaires, etc.
Enfin la disposition des cabines devra être en ligne. Chaque cabine sera séparée de la voisine par une cloison incomplète de 1 m. 80 à 2 mètres de hauteur. La largeur devra compter 3 m. 20 et la profondeur 1 mètre. En face de chaque cellule de douche sera un compartiment individuel de déshabillage séparé par une allée. Celle-ci qui s’étendra tout le long des cabines permettra la surveillance. Les cabines n’auront pas de porte. En somme, nous pensons
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que l’adoption du type vu à Bruxelles et à Ammersfort et figuré schématiquement ici est celui qui réalise la meilleure installation.
Le nombre des pommes d’arrosage devrait être, d’après le Dr Lachaud1, de 50 à 60 pour 3 bataillons. L’Instruction du 30 mai 1907 a fixé ce nombre à 12 pour 1 régiment.