Nimier, Caducée
ALIMENTATION EN GÉNÉRAL
roues, les effets du conducteur, etc. A la partie supérieure des compartiments 3, 4 et 5, on fixe, au moyen des courroies, dans les évidements et mortaises pratiqués à cet effet, la scie passe-partout, la hache, la cuiller à pot, la fourchette, le tisonnier, la brosse pour nettoyer la chaudière, et le racloir pour nettoyer la cheminée. Le seau se dispose sur le couvercle postérieur du coffre, dans une galerie installée à cet effet.
Le coffre de la cuisine de cavalerie est divisé en quatre compartiments : dans le compartiment n° 1, le plus grand, avec porte du côté droit du coffre, on place le bois de chauffage, on remplit également de bois la boîte à feu sous la chaudière; le compartiment n° 2, doublé de feuilles de zinc, est destiné à la conservation de la viande pour le déjeuner, ou de la viande cuite et désossée pour le dîner, lorsqu'il est nécessaire de retirer celle-ci de la chaudière pour l'empêcher d’être trop cuite; dans le compartiment n° 3, du bas, avec porte du côté gauche du coffre, on place le couteau de boucher, la scie passe-partout, la hache, la cuiller à pot, la fourchette, le tisonnier, la brosse pour nettoyer la cheminée; dans le compartiment n° 4, le plus bas, avec porte en avant, sur le marche-pied du conducteur, se trouvent indifféremment le sel, la farine d’assaisonnement, et la ration de gruau pour un jour, les clés à écrou, la boîte à graisse destinée aux roues, les effets de conducteur, etc.
En arrière du coffre, sur les supports en bois, sont placés, dans les galeries disposées pour les recevoir, deux seaux en fer; l’un, peint en rouge, sert à abreuver les chevaux; l’autre, peint en blanc, à transporter de l’eau pour la cuisine, pour les assaisonnements, etc.; dans chacun de ces seaux est déposé en route un sac contenant de l’avoine.
Les denrées destinées à la première cuisson, c’est-à-dire la moitié de la ration de viande transportée, à l’exception des assaisonnements, se placent en une fois dans la chaudière.
En Allemagne. — Les cuisines roulantes ont également été expérimentées au cours des manœuvres. Contrairement à ce qui a été signalé par les Lusses et à ce que le médecin inspecteur Nimier a pu lui-même constater, les Allemands n’auraient obtenu que des résultats médiocres avec des cuisines roulantes à feu continu, c’est-à-dire munies d’un foyer qu’on garnissait de charbon, suivant les besoins, en cours de route. Par contre, les résultats auraient été satisfaisants avec une cuisine roulante du système de la marmite norvégienne. Cette cuisine permet, suivant ses dimensions, de préparer le repas, soit de 250, soit de 150, soit même de 80 hommes. Elle se compose d’une marmite placée sur une voiture à deux roues et traînée par un cheval. Avant le départ du cantonnement, son contenu ayant été amené à l’ébullition, la marmite est placée dans un coffre garni de feutre ou d’amiante, si bien que la soupe continue à cuire en cours de route.
Fourneaux transportables japonais. — De son côté, l’armée japonaise a utilisé des fourneaux constitués uniquement par un foyer
Lemoine. — Traité d’hyg. milit. 8
avec support en tôle de fer de 0 m. 50 de hauteur et de 0 m. 65 de diamètre, se chauffant au hois, sur lequel s’adaptait une marmite d’une contenance de 53 litres. Celle-ci pouvait faire cuire en une fois la quantité nécessaire à 70 à 75 repas. La préparation du riz avec cet appareil demandait 40 à 45 minutes. Le poids total d’un jeu complet de ces ustensiles de cuisine est de 172 kilogrammes, environ. Ils sont transportés sur des chevaux de bât à raison de deux chevaux pour un jeu.
Aux dernières manœuvres d’armée, des essais ont été faits en France. On a utilisé deux types de cuisine. L’une, sans foyer, constituée par une véritable marmite norvégienne (capitaine de La Taille), n’avait comme but que la conservation de la chaleur et la continuation en route de la cuisson opérée primitivement à la halte ou mieux au cantonnement. L’autre, véritable cuisine roulante, très analogue à celle de l’armée russe, devait comme elle servir à faire la cuisine en cours de route (Système Thirion et Mottant). Deux modèles ont été essayés : un à quatre roues (cavalerie), l’autre à deux roues (infanterie).
Les cuisines de campagne ont été employées en Mandchourie dans une véritable guerre de siège. Peut-être leur utilisation serait-elle moins facile avec des troupes plus mobiles. Dans ce cas, elles constitueraient des impedimenta gênants et peu utiles, en alourdissant les colonnes. Elles semblent devoir être une ressource précieuse surtout pour les formations sanitaires tels que les hôpitaux de campagne, l’ambulance de corps, les hôpitaux d’évacuation, etc.
3° Rapidité de consommation. — La consommation doit être rapide; pour cela les aliments seront divisés d’avance, et c’est un avantage de plus à ajouter aux aliments présentés sous la forme de poudre ou de petits morceaux (saucissons des Allemands). Cette division réduit à son minimum le travail de la mastication, et elle rend plus facile la digestion.
4° Multiplication du nombre des repas. — Celle-ci est encore favorisée par la multiplication du nombre des repas. De cette façon, on évite les repas trop copieux qui alourdissent l’homme, provoquent des malaises et le rendent impropre aux fatigues d’un exercice prolongé en l’entraînant au sommeil. Il est bien préférable de manger peu et souvent. C’est pourquoi il est juste de dire avec le général Lewal : « Le soldat doit manger et dormir toutes les fois qu’il en trouve l’occasion; en campagne, on doit manger quand on peut et toutes les fois qu’on peut, l’heure n’y fait rien, surtout lors des grandes opérations et près de l’ennemi. »
Les rations de guerre viennent d’être déterminées par une décision ministérielle en date du 10 novembre 1908.
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Elles se distinguent en rations de vivres de réserve, en rations fortes et en rations normales de campagne.
Ces rations ont la composition suivante :