XVI II
AVANT-PROPOS
Cette commission, qui a son siège à l’École d’application du Service de santé militaire au Val-de-Grâce, est composée de 10 membres. Elle est présidée par un médecin inspecteur ou un médecin inspecteur général, membre de la Commission supérieure d’hygiène et d’épidémiologie militaire; elle comprend 3 membres de droit qui sont 1 : le professeur d’épidémiologie et de microbie de l’École d’application du Service de santé, le professeur agrégé d’épidémiologie et de microbie de la dite école et un des médecins majors attachés à la direction du Service de santé au ministère de la Guerre. Les six autres membres sont désignés par le sous-secrétaire d’État.
Chaque jour le président de cette commission reçoit communication, par la direction du Service de santé au ministère de la Guerre, des dépêches télégraphiques 2 adressées au soussecrétaire d’État provenant des différentes garnisons où existent des maladies conlagieuses. Il reçoit en même temps les ordres nécessaires, s’il y a lieu, pour envoyer un des membres de la section sur un point quelconque du territoire. Enfin les médecins chefs de service des corps de troupe peuvent correspondre directement avec le directeur du Service de santé du corps d’armée en cas d’urgence, (Cire, du 2 avril 1908.)
A côté de la Commission supérieure d’hygiène et d’épidémiologie ont été créés deux autres organes destinées l’un à surveiller les eaux d’alimentation, l’autre à étudier les modifications à apporter à l’alimentation du soldat.
Le premier, dit « Conseil supérieur de surveillance des eaux destinées à l’alimentation de l’armée », a élé constitué par circulaire du 24 décembre 1907. Ses fonctions consistent à examiner les projets d’amenée d’eau aux camps ou aux casernes. Par suite le Conseil est souvent appelé à donner son avis sur la nature et la pureté des eaux de boisson fournies par les com-
1. La composition nominative de cette commission est aujourd’hui la suivante :
Président : Le médecin inspecteur général Vaillard;
Vice-Président : Le médecin principal Vincent.
Secrétaire : Le médecin major de 2e classe Schneider.
Membres : Le médecin principal de lre classe Billet; le médecin major de lre classe Braun; les médecins majors de 2e classe Boussel, Cathoire, Dopter, Sicre, Henry.
2. Circulaires du 21 mai 1895, du 12 février et du 23 juillet 1896 et du 9 mars 1908.
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mîmes à leurs habitants. Ce contrôle semble devoir être clans l’avenir d’une grande efficacité au point de vue de l’hygiène urbaine, chaque ville tenant beaucoup à conserver sa garnison, et se prêtant en général assez volontiers aux exigences légitimes de l’autorité militaire appuyée maintenant sur une assemblée qui réunit dans son sein des hommes d’une notoriété reconnue par tous l.
Ce conseil est en rapport constant avec les « Bureaux d’hygiène militaire » fonctionnant dans chaque garnison et composés de 5 membres, dont 1 officier du génie, 1 fonctionnaire de l’intendance, 1 médecin militaire et 2 membres civils choisis parmi les personnes compétentes en géologie et analyses bactériologiques. Ces membres sont nommés par le général commandant de corps d’armée pour une période de trois années. La présidence de la commission appartient à l’officier le plus élevé en grade.
Aux bureaux d'hygiène incombe le soin de rassembler tous les éléments indispensables, dans l’état actuel de la science, pour apprécier la valeur des eaux potables.
Ils prélèvent et envoient les échantillons d’eau. Ils procèdent aux études iop.ograpbiques et géologiques nécessaires pour
1. Actuellement le Conseil supérieur de surveillance des eaux destinées à l’alimentation de l’armée comprend les membres suivants :
Président : M. Léon Labbé, G. sénateur, ancien président de l’Académie de médecine.
Vice-présidents : M. Villejan, député, président de la Commission d’hygiène de la chambre des députés; M. le médecin inspecteur général Delorme, O. président du Comité technique de santé, membre de l’Académie de médecine.
Secrétaire : Le médecin major de lre classe Rouget, attaché au ministère de la Guerre.
Membres : MM. Ciiautemps, docteur, sénateur; Strauss (P.), sénateur; Baudet (L.), député; Lebrun, député, ingénieur des mines; Levraud, docteur, député; Roux, C. directeur de l'institut Pasteur, président de la Commission supérieure consultative d’hygiène et d’épidémiologie militaires; Dabat, directeur de l’hydraulique et des améliorations agricoles au ministère de l’Agriculture; Miquel, chef du service bactériologique à l’observatoire de Montsouris; Dollfus, membre de la Société géologique de France; Martel, spéléologue, collaborateur de la carte géologique de France; J. Courmont, professeur à la Faculté de médecine de Lyon, membre du Conseil supérieur d hygiène publique de France; Ducuing, intendant général, directeur du Service de 1 intendance au ministère de la Guerre; Roques, C. général, directeur du Service du génie au ministère de la Guerre; Février, médecin inspecteur, directeur du Service de santé au ministère de la Guerre; Masson, O. pharmacien inspecteur, membre du Comité technique de santé; Lemoine médecin principal de lre classe, professeur à l’École d’application du Service de santé militaire; Vincent, médecin principal de 2° classe, professeur à l’École d’application du Service de santé; Bonjean, chef du laboratoire du Conseil supérieur d’hygiène publique de France; Rouget, médecin-major de lrc classe, secrétaire.
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reconnaître l’origine clés sources, déterminer l’étendue du bassin d’alimentation, ainsi que la nature des terrains qui entrent dans sa constitution, pour rechercher les différentes causes de contamination au niveau des sources et sur le parcours de la canalisation et pour délimiter le périmètre de protection. Ils étudient l’influence des saisons et des pluies sur le débit de la source et sur la limpidité de l’eau, recherchent la constance de la température de l’eau ou ses variations, contrôlent le fonctionnement des installations d’épuration, surveillent les dégradations, rendent compte de celles-ci à l’autorité militaire locale, procèdent aux suppléments d’enquête. Ils entrent ensuite en pourparlers avec les bureaux municipaux d’hygiène prévus par la loi du 5 février 1902, avec les commissions d’hygiène ou le conseil départemental d’hygiène.
La « Commission d’alimentation » créée par la décision ministérielle du 4 avril 1907 a pour fonction d’étudier les projets établis dans le but d’améliorer l’alimentation dans l’armée. Elle est composée, comme les précédentes, de membres civils et militaires1.
Comme on le voit, les années qui viennent de s’écouler marquent un véritable progrès dans l’organisation de l’hygiène militaire. C’est là une conséquence logique de la promulgation de la loi du 15 février 1902 sur la santé publique que l’armée aura été la première à appliquer d’une façon complète, et il est à désirer que semblables mesures soient prises rapidement dans le milieu civil, car de ces dernières dépend en grande partie
1. La composition actuelle de la Commission d’alimentation est la suivante :
Président : M. le professeur Armand Gautier, O. #, membre de l’institut, membre de l’Académie de médecine.
Membres : M\l. Docteur Labbé, C. sénateur, membre de l’Institut et de l’Académie de médecine; Calvet, sénateur; Fleurent, député, professeur de chimie industrielle au Conservatoire des arts et métiers; Cazeneuve, député; Grosdidier, député; Ducuing, intendant général, directeur de l’intendance au ministère de la Guerre; Maillard, agrégé à la Faculté de médecine; Gley, membre de l’Académie de médecine; Bordas, O. chef du service des laboratoires du ministère des Finances, professeur suppléant au Collège de France; Martel v, chef du Service vétérinaire sanitaire de la Seine; Alquier (J.), chimiste; Deverre, #, sous-intendant militaire de lre classe, chef de la section technique du comité de l’intendance; Balland, pharmacien principal de lre classe en retraite; Lemoine médecin principal de lre classe, professeur à l’École d’application du Service de santé militaire; Boisard, officier d’administration de lre classe détaché à la section technique de l’intendance, secrétaire.
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l’amélioration de l’état sanitaire de l’armée, celui-ci étant étroitement lié à l’état sanitaire des villes de garnison. D’ailleurs les dispositions prises par le ministre de la Guerre pèseront heureusement sur les municipalités et les pouvoirs publics. Il ne faut pas oublier, en effet, que les différentes commissions créées depuis 1904 comprennent non seulement des maîtres de la science et des officiers, mais encore des membres du Parlement; par cette heureuse association, le sous-secrétaire d’État s’est assuré des collaborateurs d’une compétence technique indiscutable, et dont l’influence sur l’opinion parlementaire et publique servira les intérêts de l’armée. Elle aura encore eu comme résultat de mettre au jour les nombreuses études accumulées dans les Archives du Comité technique de santé et de l’Intendance, de faire mieux connaître les travaux des membres du corps de santé,* et de leur fournir les moyens de réaliser les desiderata formulés par eux depuis de longues années pour le bien des hommes qui leur sont confiés. Enfin cette coopération des membres civils, outre les avantages matériels qu elle procurera à l’armée, abat quelques-unes de ces cloisons étanches qui, dans les administrations, semblent s’élever entre les divers services alors qu’un mutuel appui est nécessaire à leur bon fonctionnement.
De même que l’élément civil a pénétré dans les commissions sanitaires de l’armée, de même le médecin militaire a été introduit dans les conseils civils.
C’est ainsi que, par application de la loi du 1er juillet 1889 établissant l’autonomie du Service de santé, la circulaire du 16 juillet 1890 a remplacé les fonctionnaires de l’intendance par les médecins militaires dans les conseils départementaux d'hygiène et de salubrité. Deux circulaires du ministre de l’Intérieur du 16 juillet 1890 et du 17 juin 1898 enjoignent aux préfets de tenir la main à ce que, « dans chaque garnison où siège un conseil d’hygiène, le médecin militaire du grade le le plus élevé ou le plus ancien dans le grade soit appelé à assister aux délibérations de ce conseil ». « 11 est du plus haut intérêt, dit le ministre, que les médecins militaires puissent se concerter,
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dans les conseils d’hygiène, avec les autorités civiles en vue des mesures à prendre pour prévenir les maladies transmissibles ou pour en arrêter la propagation. »
Ainsi donc, à l’heure actuelle, tout ce qui touche à l’hygiène militaire est l’objet d’une sollicitude particulière, qui s’est traduite par une organisation en rapport avec les nécessités présentes. La Direction du Service de santé a donné à celle-ci une orientation nouvelle. Les résultats obtenus sont déjà appréciables. Nul doute que l’exécution des programmes tracés par des maîtres ne produise bientôt une amélioration notable dans l’état sanitaire de l’armée.