ÉMANATIONS PÉLAGIENNES
Les matières organiques qui pullulent dans la mer expliquent la corruptibihté de ce liquide et l'action délétère des miasmes qu'il exhale quand on ouvre un vase dans lequel il a séjourné Ion-temps
Les émanations de la mer, fort inofFensives sans doute quand on est au large, si elles ne sont pas dotées des propriétés salubres que l'imagmation leur a attribuées, perdent ce caractère sur les bas-fonds là où la couche d'eau peu profonde se laisse facilement traverser par les ^az qui se dégagent des matières organiques putréfiées qu'elle recèle et h plus forte raison dans les mouillages des ports à marées et surtout des embouchures de ces fleuves à atterrissements limoneux dont I deltas sont les foyers d'élaboration des miasmes paludéens de la nestp du choléra et de la fièvre jaune. Les navires ancJés dard;s port sains sont placés dans les mêmes conditions que les habitants de œs ports. « Le vieux port de Marseille, ai-je dit à ce propos, est le type de •cette insalubrité créée aux habitants d'une ville maritime (je poim-a dire aussi à la population nautique qui la fréquente), par les conditions méphitiques de son port M. S. Maurin a, dans une intéressante étude de topographie médicale (3), énuméré les principales causes de l'infeclon putride de ce port qui reçoit les égouts et les eaux industrielles de la ville et que contribuent activement à polluer les déjections de cette population de près de 20,000 matelots qui constituent une soil de cité
(3) S. Maurin, Marseille au point de vue de l'Iujgiène, 2» édit. 16G4 F0NSSAGR1VE3, Ilyg. nav. '
ûoUante à côlé de la ville elle-même. Les matières organiques qui sont ]elées dans le port, les dépôts limoneux qu'y apportent les eaux de la Diirance en exhaussent le fond et contribuent à y entretenir une fermentation putride qui, par les temps calmes et chauds, prend une telle activité que le nez est offusqué par des exhalaisons infectes d'hydrogène sulfuré et que l'on voit des poissons empoisonnés flotter en grand nombre à la surface (1). » L'odeur fétide qui se dégage à marée basse des bancs de vase que l'eau laisse à découvert et que chauffe un soleil parfois intense ne saurait être considérée que comme insalubre. Am. Lefèvre a sans doute démontré que la mortalité considérable de certainspoints du littoral où se font des dépôts de vase provenant de dragages ne saurait être rapportée directement à celte cause (2) , mais son influence (ou il faut récuser tout ce que nous savons en hygiène sur l'action des détritus organiques en voie de putréfaction) ne saurait certainement être considérée comme inofîensive. Or, les équipages des navires la subissent perpétuellement dans leurs mouillages et elle est habituellement aggravée par l'action du soleil des pays chauds. En résumé, les bénéfices de ces senteurs marines qu'Elbenezer Gilchrist considérait comme si salubres et dont Laënnec mourant recherchait l'impression, sont bien moins "prouvées que ne le sont les inconvénients des émanations qui se degagent des plages maritimes sous l'influence de la chaleur.
INFLUENCES DE l' ATMOSPHÈRE MARITIME.
De l'analyse des propriétés que nous avons reconnues, dans l'étude qui précède, h l'atmosphère pélagienne, nous pouvons en conclure qu elle possède des qualités qui la distinguent des atmosphères continentales : elle est plus lourde, plus humide, plus égale comme température, plus homogène, pour des surfaces étendues, moins chargée d électricité, moins mélangée de matières étrangères ; elle présente un élément que n'offre pas la première, le chlorure de sodium, elle contient des quantités à peu près semblables d'oxygène (3) et d'azote, mais des proportions plus fortes d'acide carbonique (4). L'influence plastifiante dune
taire des ports intéresse La .^^ E navires devrait être assuré jonrnel-
Z:^^ :S S^Sd^^vire . n^ire, et tout rejet . l'eau de matières putrescibles devrait être ^^jf ^^t^^.^X'^;^! J'i, sur le littoral à Voullic-
plus fortes d'oxygène que 1 a r de 1 ^t'""^';' '^^^g^^ par es vents dont l'office est do (4) Ceue pirlicuhrité s'explique par Vabseuee de tégélau..
LA MER ET L'ATMOSPHÈRE PÉLAGIENNE. 499 pression atmosphérique un peu élevée mise en relief par les recherches de Tabarié, Pravaz, Eug, Bertin, est un bénéfice dont jouit habituellement l'homme de mer; la rareté de la surcharge électrique de l'air marin, sa constance thermologique et hygrométrique, l'absence de ces miasmes infectieux qui altèrent toujours l'air qu'on respire à terre, sont autant de raisons qui nous portent à considérer l'atmosphère pélagienne comme plus salubre que l'air continental. Il faut aussi faire intervenir, pour expliquer ce fait, l'abondance plus grande de l'ozone dont la production s'explique par l'activité de l'évaporation et peut-être aussi par celle des phénomènes chimiques nombreux dont la mer est le siège. Il y a loin de là sans doute aux merveilleuses propriétés curatives que l'imagination a attribuées au climat marin, mais sa salubrité (toutes réserves faites des vicissitudes climalériques qu'entraîne la navigation) est un fait incontestable.