INSOLATION
L'insolation {sun-stroke des Anglais) est un mot synthétique qui embrasse toute la série des accidents qui peuvent être la conséquence de l'action d'un soleil ardent, soit sur une partie du corps, soit sur l'ensemible de l'économie.
L'érylhème solaire qui se manifeste sur les bras, le visage, le cou, quelquefois aussi sur le dos, comme on le voit chez les paysans qui Ira- 'vaillent courbés vers la terre, ou sur les pieds comme les matelots en offrent des exemples fréquents, est tantôt simple, borné, sans réaction générale et se termine par une légère desquamation ; dans des cas où l'action solaire a été plus vive et plus prolongée, il y a production de bulles pblycténoïdes qui laissent souvent à leur suite, si le traitement en est mal •conduit, des ulcérations atoniques difficiles à guérir. Ce fait se constate plus habituellement dans les pays chauds. L'insolation grave prend la forme de la méningite, de la syncope, delà sidération nerveuse due vraisemblablement au contact avec la substance du cerveau, de la moelle et des nerfs d'un sang dont la température est élevée. Les médecins de la -marine ont des occasions fréquentes d'observer les diverses formes, légères ou graves, de l'insolation dans les campagnes des pays chauds, et non moins qu'eux les médecins qui exercent dans l'Inde anglaise. Sir Joseph Fayrer (i), à qui nous devons une bonne élude de cet accident, a insisté sur l'aptitude qu'ont les Européens non acclimatés à contracter l'insolation, et sur l'action plus dangereuse, sous ce rapport, des xenls chauds et humides que des vents chauds et secs. On y est plus -exposé sur les lieux élevés que dans les plaines, le malin et le soir qu'au milieu de la journée, lorsque le ciel est parsemé de nuages jouant l'of- ■fice d'écrans réverbéraleurs que quand il est complélemenl découvert.
Le Irailcrnent préventif du coup de soleil consiste à se préserver par ^^^n parasol, par l'usage du couvre-nuque adopté dans l'Inde, ou, à défaut <le celte pièce de vêtement, par de larges feuilles fraîches introduites dans .le chapeau et débordant sur le cou. Je me suis souvent servi, je l'ai dit, au Sénégal d'un mouchoir humide appliqué sur laiête, lesbords tombant sur les épaules et que recouvrait un chapeau de paille ordinaire ; cette
{1) Sir J. Fayrer, OnSunstroke {The Praclitiomer. Mardi 1876, p. 177).
ACCIDENTS NAUTIQUES. Olo
pratique qui atteint bien le but m'a paru inoffensive; mais elle aurait des inconvénients chez les personnes sujettes aux rhumatismes ou aux névralgies de la tête. La précaution de ne pas travailler sous l'ardeur du soleil, les moyens propres à diminuer dans les parages où cet accident est le plus menaçant, la mer Rouge, par exemple (1), la chaleur intérieure du navire, sont des moyens de préservation que j'ai indiqués dans une autre partie de ce livre (Yoy. page 219).
Dans ces cas d'insolation grave sans lésion locale apparente, que les Anglais désignent par les expressions d'apoplexie et d'asphyxie de chaleur {Heat-apoplexy, Heat-asphyxia), il faut soumettre le malade à Tusage des ablutions froides ou des affusions, stimuler la peau et les muqueuses de toutes façons et instituer, quand la vie est revenue, un traitement consécutif dont la nature est indiquée par la forme de la réaction et par la nature et par les fonctions de l'organe qui en est l'instrument principal.
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