CONDITIONS SPÉCIALES DE LA VIE NAUTIQUE
§ 1. — Séquestration et isolement.
La séquestration nautique, quand elle n'est pas interrompue de temps en temps par des relâches, est une condition fâcheuse; certaines navigations, comme celles des baleiniers par exemple, la prolongent des années entières, et, dans beaucoup de campagnes plus favorisées, la crainte fondée des dangers d'intempérance ou d'empoisonnement palustre que l'équipage courrait à terre engage les capitaines à employer cette séquestration forcée comme un élément de préservation hygiénique. Nous nous sommes expliqué déjà sur les avantages et les inconvénients de cette rigueur. La séquestration, même pendant deux ou trois mois, est une condition morale très-pénible; on s'y résignerait facilement si elle était volontaire, elle devient un fardeau parce qu'elle a été imposée. L'obligation de limiter son activité de corps et d'esprit à la longueur du pont d'un navire dispose l'un et l'autre à la torpeur; la vue des mômes objets et des mômes personnes, la répétition fastidieuse d'impressions et de travaux identiques, fatiguent l'esprit, qui a besoin, comme l'estomac, d'une alimentation variée; l'habitude d'assister aux -grands spectacles que la nature réserve aux marins de profession émousse Jeur aptitude à en jouir ; d'un autre côté, la privation de toutes ces influences de la terre pour lesquelles l'homme a été créé se fait sentir avec