JO
Chlorure de magnésium. . .
Sans doute l'analyse hydrotimétrique est insuffisante pour un dosage complet, mais elle rend de grands services et peut être facilement complétée par les moyens généraux que donne la chimie. (Fr. Hétet, Cours de chimie générale, 1875, t. I, p. 198.)
Je dois faire remarquer que l'écueil de la méthode hydrolimétrique, c'est de doser en bloc les sels calcaires sans acceplion de leur nature. Ainsi telles eaux bicarbonatées calciques marquant 23° à l'hydrotimètre pourront être de meilleure qualité, comme eaux potables, que telles autres qui, ayant leur chaux sous forme de sulfate de chaux, marqueront un degré inférieur. Ce procédé est un élément d'information, mais pas autre chose. II faut compléter l'essai hydrotimétrique en déterminant la nature de l'acide du sel calcaire contenu dans les eaux.
Les eaux qui contiennent de 0e'",3 à 2 grammes de sulfate de chaux par litre sont dites séléniteuses. Ces eaux, au préalable acidulées, précipitent par l'oxalate d'ammoniaque et par le chlorure de baryum.
V. Matiéi^es organiques. — Si quelques sels, notamment le bicarbonate de chaux, améliorent les eaux en les rendant plus sapides et en apportant à la nutrition des matériaux dont elle a besoin, on peut, au contraire; considérer l'absence de matières organiques comme une qualité à rechercher.
On emploie pour doser les matières organiques des eaux potables les procédés suivants :
1° Le chlorure d'or. M. Dupasquier recommande d'introduire dans un petit ballon 20 ou 23 grammes d'eau, d'y ajouter quelques gouttes d'une solution de chlorure d'or, de manière à communiquer à la liqueur une teinte jaunâtre et de faire bouillir. Si l'eau contient beaucoup de matières organiques, elle brunit d'abord, puis prend une teinte violette bleuâire qui se prononce de plus en plus lorsqu'on prolonge l'ébullition. La coloration un peu brunâtre du liquide suffit seule pour donner la certitude que la matière organique dépasse la proportion ordinaire.
2° On acidulé l'eau et on y ajoute une solution titrée de permanganate de potasse. On en ajoute peu à peu jusqu'à ce que la coloration violette demeure stable; la quantité de matières organiques est proporlionnelle à celle de la FoNSSÀGRivES, Hyg. nav. 5G
APPENDICE
liqueur de permanganate de potasse qui a été employée pour atteindre ce résultat.
3° On évapore un volume d'eau, on dessèche le résidu à HO", on le pèse, on détruit les matières organiques par calcination, et on traite le résidu par du carbonate ammonique pour régénérer le carbonate de cliaux décomposé par la chaleur ; on pèse de nouveau, et la différence des poids indique la quantité de matières organiques.
VI. Reconnaître la présence du plomb. — Amédée Lefèvre a ajouté à son livre (Am. Lefèvre, Recherches sur les causes de la colique sècTie, etc. Paris, 1839, p. 262) une courte et substantielle instruction destinée à guider les médecins de la marine dans la recherche du plomb que peut contenir l'eau distillée'. Je la lui emprunte (I).
« 1° Nous supposerons en premier lieu qu'il faille constater la présence du plomb dans une liqueur d'une limpidité et d'une transparence parfaites, comme pourraient l'être l'eau du charnier, celle des cuisines distillatoires ou celle des caisses à eau : à cet effet, on Ja réduira par une évaporation convenable et ménagée dans une capsule de porcelaine au plus petit volume possible (Og. 13n). Ce résultat Fig.138.— Bain-marie. atteint, si la liqueur a conservé sa transparence, on la
soumettra immédiatement à l'action des réactifs du plomb ; dans le cas où elle serait devenue trouble, il faudrait d'abord la filtrer (flg. 130).
« Dans le deuxième cas, avant de la soumettre aux réactifs, il faut essayer
si la liqueur est acide; si elle ne l'est pas, on doit ajouter deux à trois gouttes d'acide nitrique pur. On disposera ensuite, sur une feuille de papier blanc, quatre ou cinq petits verres de montre ainsi disposés, dans chacun desquels on versera quelques gouttes d'eau supposée plombique; on projetlera ensuite, dans le premier verre, trois à quatre gouttes de solution d'hydrogène sulfuré fraîchement préparée; dans le deuxième, une goutte de solution de chromate potassique ; dans le quatrième, une goutte d'acide sulfurique; dans le cinquième, enfin, une goutte de cyanure ferroso-potassique ; on laissera reposer quelque temps ces mélanges, at on observera les changements survenus dans chaque verre. La liqueur sera plombique si, par l'hydrogène sulfuré, elle se teinte ou se précipite en noir fsulfure de plomb) ; si elle précipite en jaune par l'iodure de potassium (iodure de plomb); en jaune serin par le chromate potassique (chromate de plomb); en blanc par l'acide sulfurique (sulfate deplomb) ; enfin en blanc par le cyanoferrure de potassium (cyanure plombique).
« La liqueur sera exempte de plomb, au contraire, si les réactions sont négatives. Quand on peut diposer d'une petite pile de Growe, de Bunsen ou de Daniell, on doit s'en servir pour rendre évidentes des traces de plomb
Fig.
Filtre.
(1) Cette notice est due à un pharmacien distingué de la marine,
M. Herland.
EXPERTISE BROMATOLOGIQUE.
inappréciables aux réactifs ordinaires, dans certaines conditions du moins. A cet effet, la liqueur claire et concentrée suffisamment, de manière i ne donner que 10 à 12 grammes de liquide, est mise dans un petit verre à expériences ; puis on fait plonger dans le liquide les deux électrodes du couple voltaïque terminés par deux petites lamelles de platine. Au bout de vingt-quatre heures de contact, s'il y a du plomb dans la liqueur, quelque minime qu'en soit la proportion, ce plomb sera déposé sur la lamelle en rapport avec le pôle négatif. Il y formera un enduit noir ou brun plus ou moins foncé et plus ou moins épais, selon la proportion du plomb existant dans la liqueur. M. Vincent premier pharmacien en chef à Brest, a remarqué qu'au-dessus de Os^'jOOl de plomb, dans un liquide, la teinte delà lame négative devenait noire, et qu'audessus de 0,0001, cette lame prenait une teinte bistrée. Afin de n'avoir aucun doute sur la nature du dépôt, il faut le dissoudre à l'aide de l'acide azotique et traiter la dissolution étendue par les réactifs du plomb. »
§ 2. — Vins.
I. Caractères organoleptiques. — L'École de Salerne a résumé dans un vers les principaux éléments de cette analyse par les sens qui ne suffit pas sans doute, mais que rien ne remplace.
Vina probantur odore, sapore, nitore, colore.
La dégustation des vins exige un palais exercé, une aptitude spéciale que l'exercice développe sans doute, mais qu'il ne donne pas ; toutefois, comme il s'agit moins de différencier des crus très-rapprochés les uns des autres que d'apprécier les qualités sapides les plus générales des vins, une éducation préalable des papilles gustatives n'est rien moins que nécessaire.
La dégustation du vin doit, autant que possible, être pratiquée à jeun, après une lotion préalable de la bouche par l'eau froide. Le liquide à examiner doit être pris en très-petite quantité; la langue le promène sur les divers points de la muqueuse dont le centre perceptif en éveil recueille avec soin les impressions, puis il est dégluti lentement pour permettre de juger de son degré de force ou de spirituosité par la sensation gutturale qu'il produit. Il est important que les divers essais des échantillons soient séparés par un intervalle suffisant pour que la première impression soit éteinte quand l'organe du goût en perçoit de nouvelles, et qu'après chacun d'eux, de l'eau promenée avec force dans la bouche enlève jusqu'à la moindre parcelle du vin antérieurement dégusté. La mastication préalable d'amandes, recommandée par les gourmets, est au moins inutile, car elle est de nature à altérer la sensation gustative que le vin doit produire.
L'aspect extérieur du vin, son degré de limpidité, sa couleur, son bouquet, son acidité sont des qualités qui servent déjà, à asseoir le jugement des commissions; mais celte analyse par les sens serait bien insuffisante si la chimie n'éclairait sur la composition des vins.
II. Densité.. — La densité des vins n'offre qu'un médiocre intérêt ; elle est, en efï'el, le résultat d'un balancement antagoniste entre deux termes : quantité d'alcool et quantité d'extrait qui ne mesurent, ni dans un sens ni dans l'autre, la valeur d'un vin.