FIN
APPENDICE
GUIDE POUK l'expertise BROMATOLOGIQUE.
Les médecins de la marine étant appelés journellement à faire partie de commissions de vivres soit dans les ports, soit dans les relâches, et y jouant un rôle prépondérant à raison de leurs connaissances spéciales, il m'a paru utile de condenser ici, dans un petit nombre de pages, les notions sommaires qu'ils doivent posséder pour s'acquitter convenablement de cette tâche.
Mais l'instruction ne suffît pas, et il faut, de toute nécessité, que le médecin d'un navire soit muni d'un outillage scientifique, exigu sans doute, mais à la rigueur suffisant pour la solution des questions qui lui sont posées. Et cela est indispensable aussi à un autre point de vue. Des questions médicolégales peuvent surgir sur son bâtiment, et il faut que, tout en réservant les substances et les organes suspects pour une analyse ultérieure et accomplie dans de meilleures conditions, il ait au moins les moyens sommaires qui peuvent l'éclairer sur l'utilité de telle ou telle mesure à prendre.
Voilà, à mon avis, les objets qui devraient être mis à sa disposition pour ce double objet :
1° Une boîte à réactifs de 25 flacons avec papiers d'essai ;
2° Quatre entonnoirs en verre avec papier à filtrer ;
3° Deux lampes à alcool ;
4° Dix tubes à essai ;
5° Une petite capsule de platine (de 40 à oO fr.) ; . '
6° Dix capsules de porcelaine de 20 à 25 centimètres cubes; 7° Six verres à expériences; 8° Dix fioles à fond plat;
9° Quatre pipettes jaugées de S à 10 centimètres cubes ; iO° Une éprouvette graduée; 11° Dix tubes de verre avec agitateurs; 12° Un trébuche t sans cage en verre ; 13° Une forte loupe ;
14° Un microscope petit modèle de Nachet, avec l'objectif n° 3 ; 15" Un alcoomètre de Gay-Lussac ; 16° Les deux aréomètres de Baumé.
Il serait à désirer qu'une grande caisse disposée à cet effet et cataloguée sous le titre : Caisse d'eoopertise, contînt tout ce matériel.
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La plupart de ces objets rentreraient dans les magasins au désarmement, et la dépense causée par cet outillage serait, au reste, minime.
L'eau, le vin, les farines, les viandes, le sucre sont les substances dont on a le plus souvent à apprécier les qualités soit dans les ports, soit en cours de campagne.
§1. — Eaux potables.
I. Ai7\ — On fait bouillir l'eau et on reçoit les gaz dans une cloche graduée. On peut aussi verser dans l'eau une petite quantité de sulfate ferreux. Ce sel, au contact de l'air, passe au maximum d'oxydation, et il se produit au sein du liquide une coloration d'ocre. Un cristal de sulfate de fer produirait le môme effet. Il ne faut pas attacher beaucoup d'importance à cette réaction.
II. Acide carbonique. — Les proportions d'acide carbonique libre ou contenu dans l'air sont déduites delà diminution éprouvée parle volume gazeux obtenu quand on le traite par la potasse caustique. Il faudrait, bien entendu, se servir ici d'une cuve à mercure.
UT. Sels. — L'évaporation ménagée de l'eau dans une capsule de verre permet de reconnaître, après dessiccation du résidu à 100°, la quantité de substances salines qu'elle renferme.
IV. Sels de chaux et de magnésie. — Un des moyens d'en constater la quantité est le procédé dit hijdrotimétrique, imaginé par MM.Boutron et Boudet, et il est indispensable que chaque navire soit muni d'un hydroUmètre. Ce procédé est fondé sur la propriété qu'ont les sels de chaux et de magnésie en dissolution dans l'eau, d'empêcher celle-ci de mousser tant qu'ils ne sont pas décomposés intégralement par une dissolution titrée de savon telle que un degré de la burette hydrolimétrique corresponde sensiblement à un centigramme de sels terreux par litre d'eau. J'emprunte à l'excellent ouvrage de M. Hétet la description de ce procédé : « Pour faire l'essai hydrolimétrique d'une eau, on en mesure 40 centimètres cubes dans un flacon jaugé, et on y verse goutte à goutte la liqueur de savon à l'aide d'une burette graduée, en agitant de temps en temps le flacon ; on s'arrûte lorsque l'agitation produit une mousse légère et persistante. Le degré lu sur la burette indique le titre bydrotimétrique de l'eau. «On peut avec l'hydrotimétre avoir non-seulement une idée des proportions de sels calcaires que contient une eau potable, mais on peut aller plus loin et déterminer, à l'aide de ce moyen, par une véritable analyse, les proportions des divers sols calcaires, des sels de magnésie, des chlorures, de l'acide carbonique. Voici comment on y parvient. On fait quatre opérations successives : 1° dans la première, on prend le degré hydrotimélrique de l'eau à l'état naturel ; '2° dans la seconde, on prend le degré après avoir précipité la chaux par l'oxalate ammonique; 3° dans la troisième, on en prend encore le degré après avoir éliminé l'acide carbonique et le carbonate de chaux par l'ébullition ; 4° la quatrième, enfin, sert de contrôle aux préQédentes : on prend le dcgré,hydrotimétrique de l'eau bouillie et précipitée, après ébullition, par l'oxalate ammonique. On calcule la composition de l'eau d'après le tableau d'équivalents en poids d'un degré hydrolimétrique par litre d'eau,
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des matières qu'on rencontre le plus ordinairement. 11 suffit de multiplier le chiffre des degrés observés pour chaque corps par l'équivalent d'un degré indiqué pour ces substances dans le tableau suivant :
Chlorure de calcium
Carbonate de chaux
Ol'iO