IV. Invalidations. — Congés de convalescence
§ 7. — Documents de science pure.
J'appellerai science pure pour le médecin de la marine l'ensemble des connaissances qui, ne se rattachant pas directement à sa mission par rapport à l'équipage, ne doivent pour cela être négligées par lui. C'est un superflu nécessaire si je puis ainsi dire. Appelé par ses pérégrinations à une diversité de recherches qui ne doit pas le trouver en défaut, il faut qu'il mérite, dans une mesure modeste, ce litre glorieux de circumnavigateur de la science qui a été donné àHumboldt. Celui qui laisse passer par négligence ou par indifférence un phénomène inusité ou un fait naturel intéressant manque, sinon à sa mission professionnelle, au moins à ce que la science attend de lui. Les noms des Quoy, des Gaudichaud, des Souleyet, des Gaymard, etc., et de tant d'autres, sont pour le médecin de la marine un exemple el un stimulant ; la physique de la mer, la botanique, la zoologie, la minéralogie, l'élhnologie, constituent un champ immense ouvert à ses investigations; il doit avoir i cœur de ne pas laisser passer une campagne sans en rapporter quelque fait nouveau, el il n'a qu'à se baisser en quelque sorte pour cela.
Que nos camarades de la marine ne s'effrayent pas du travail que nous leur demandons; un labeur patient et régulier de chaque jour fournil a la fin d'une année, et presque sans qu'on s'en aperçoive, un résultat dont on s'étonne soi-même ; aussi nous ne saurions Irop les conjurer de travailler avec ardeur. Ils ont conquis depuis vingt ans dans la science une position des plus honorables et qui doit encore grandir. La pathologie exotique est un. mine dont on n'a encore exploré que de maigres filons et qui leur est exc usivemenl réservée. Et l'appel que je me permets de leur adresser ici, m autorisant de mon ardent désir de voir s'accroître encore leur considération scientifique jel'adresse aussi aux médecins des autres marines associes aux nôtres dans la même mission el qui doivent l'être dans la même tache.