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TYPES DE NAVIRES

CARRÉ ABSOLU d'aération.

ClItRÉ SPÉCIFIQUE.

Types nouveaux, l"Ta,ï\g{Friedland, Richelieu).

l-^î, 19 1 GO 1 11 0 51 0 76 0 85

M. Bourel-Roncière a introduit dans cette étude un élément nouveau - représentant le rapport du carré d'aération au volume pour 100 mètres cubes. Ce rapport est de 8'"^51 pour les anciens vaisseaux; de 4'°%191 pour les anciennes frégates; de lO"'^ pour les corvettes à voiles à batterie couverte; de 6"'^l pour les anciens cuirassés, de 7"*^ pour les grands cuirassés actuels, de S-^SSB pour le type Friedland, de ô^Sla pour les corvettes cuirassées.

Ainsi donc, et d'une manière générale, les anciens vaisseaux à voiles,, les anciennes frégates, les anciennes corvettes à batterie couverte offraient à chacun des lits plus d'air que n'en offrent aujourd'hui les cuirassés, et de Và découle la nécessité, plus grande pour ces navires que pour les autres, des ressources d'une ventilation artificielle. Mais il ne faut pas oublier cependant que la valeur respiratoire d'un carré d'aération dépend moins encore de sa grandeur que de son efficacité, c'est à dire de la façon plus ou moins directe dont il alimente d'air pur, venant du dehors, le compartiment dans lequel on l'examine. A ce titre, un hôpital de batterie peut avoir un moindre carré d'aération qu'un hôpital de faux-pont et être mieux aéré que lui. C'est ce qui arrive en réalité pour les hôpitaux de cuirassés.

(l) Barihélcmy, Descript. et usages dm fanal pour les hôpitaux des iiavires {Ardu de méd.nav., 18G8, t. IX, p. 63).

HOPITAL ET DÉPENDANCES. Il5

y Aménagement. — Les détails qui se rangent sous cette désignation générale comprennent : 1° Le revêtement du pont ; 2° les bouteilles; 3" le matériel d'hôpital ; 4° la pharmacie.

1° Revêtement. — On n'est pas encore fixé sur le revêtement qui convient le mieux au pont de l'hôpital. Quelques navires ont employé une toile cirée analogue à celle qui recouvre le carré et les chambres et dont le nettoiement s'opère aisément à l'aide d'une éponge mouillée ; cette disposition est propre et agréable à l'œil, mais à la longue il se forme sous celle toile des vides ou boursouflures dans lesquelles stagne l'humidité. On a proposé également de cirer le pont de l'hôpital, mais on le rend ainsi trop glissant. Le mieux est de le laisser tel quel, de le briquer à sec de temps en temps et de profiter, à très-rares intervalles, d'un beau temps et de la vacuité de l'hôpital pour en laver le pont à l'eau chaude savonneuse et à l'éponge.

^"Bouteilles et bailles d'aisonces. — Les bailles d'aisances dont l'inodoréilé est bien loin d'être parfaite, sont insuffisantes en nombre même dans les circonstances ordinaires (1) et il semble que le chiffre réglementaire en ait été déterminé plutôt par la répugnance à multiplier les foyers d'infection à bord des navires que par une appréciation des besoins du service des malades.

Aussi, dès qu'une épidémie, même légère, si surtout sa nature est de solliciter des évacuations alvines plus nombreuses, vient à éclater à bord, se voit-on obligé de remplacer les bailles d'aisances par des baquets mal fermés, exhalant une odeur repoussante, quelque activité que l'on imprime au service de leur nettoyage. Serait-ce, en vue d'éventualités semblables, encombrer l'hôpital que d'y placer un nombre de bailles d'ai^ sances double de celui qui existe aujourd'hui. Parfaitement inoffensives au point de vue des émanations puisque, en temps ordinaire, on n'en, ferait pas usage, elles deviendraient d'une utilité bien précieuse dans les cas où de nombreux dysentériques encombrent les batteries. Il est indispensable que les bailles d'aisances soient à double fond, qu'une soupape mobile réalise pour le bassin supérieur les avantages de la cuvette des bouteilles et que le réceptacle, ou la fosse, contienne toujours des substances susceptibles de désinfecter les matières fécales au fur et à mesure qu'elles y affluent (2). En 1863, à bord de la frégate hôpital l'^rmide, on mit en expérience une chaise inodore de tôle galvanisée, d'une forme cylindrique et à deux compartiments séparés l'un de l'autre par une soupape. Le malade en s'asseyant sur le siège, faisait, par son propre

(H M. Beaumanoir, chirurgien-major du R/nn a fait ressortir l'insuffisance pour le service du nombre de bailles d'aisances concédé par les règlements sur les navires dont l'hôpital n'est pas muni de bouteilles (Beaumanoir, Rapp. sui' la campagne de la corvette le Rhin. — CoUect. de Brest).

(2) Les cendres pyriteuses provenant de la houille constituent pour les matières fécales un moyen de désinfection que l'on peut utiliser à bord des navires. Le sulfate de fer, embarqué h. cet effet, conviendrait encore mieux,

ne LE NAVIRE.

poids, ouvrir la soupape, qui, une fois libre, se refermait d'elle-même et interceptait assez bien toute communication de mauvaise odeur audehors. Ce jeu de soupape automatique aurait évidemment des avantages.

Les bassins de commodité dont l'usage, d'ailleurs tout à fait restreint, ne s'adresse guère qu'à des agonisants trop faibles pour qu'on puisse les déplacer, ou à desbommes conchés sur un lit à fractures, n'exigent d'autre amélioration qu'un émaillage intérieur et une forme qui permette à un couvercle à charnière de s'y adapter exactement, aQn qu'aucune émanation ne s'en dégage dans le transport de l'hôpital à la poulaine. C'est principalement pour les urinaux que leur forme rend difficile à nettoyer exactement, que le doublage en émail serait d'une utilité d'autant plus réelle qu'il ne compromettrait en rien leur solidité.

« Serait-il possible, disais-je en 1836, d'établir dans la gatte une ou deux bouteilles, affectées au service des malades alités? Tout en abandonnant la solution de cette intéressante question d'hygiène aux hommes spéciaux, nous pensons cependant que l'existence des dalots, qui traversent la guirlande du pont, enlève un peu de son étrangeté à l'idée de faire passer par l'un d'eux une manche de plomb (1). Certains bâtiments avaient jadis la bouteille de Tétat-major dans la batterie-avant. Ainsi sur la Melpomène (campagne de Portugal, 1831-32) la bouteille de rétat-major était placée dans l'hôpital. M. Ghevé, chirurgien-major de ce navire, se plaignait en ces termes de cette disposition. « Le moindre inconvénient de cette bouteille est d'occuper la place d'un cadre dans un lieu qui ne peut en contenir que trois ; pour peu que la mer soit grosse, l'eau qui y pénètre et celle du réservoir sont une cause permanente d'humidité. C'est une allée et venue continuelle, plus que gênante pour les malades ; enfin n'est-ce pas être en opposition avec toutes les lois de l'hygiène que de mettre un foyer d'infection dans un local destiné au traitement des hommes, quand on sait que la pureté de l'air est la première condition non-seulement de leur rétablissement, mais encore de la conservation de leur santé? (2).» Nous ajouterons que l'humanité et le respect dus à l'homme souffrant protestent avec énergie contre l'inconvenance d'une disposition pareille. Les bâtiments hôpitaux ont depuis longtemps sur l'avant deux bouteilles affectées au service des malades. Dès 1856, le vaisseau mixie le Cliarlemigne avait dans l'hôpital une bouteille destinée aux malades. M. Gaigneron, qui a navigué sur ce navire en qualité de chirurgien-major, se loue beaucoup de celte installation et ne lui attribue que des avantages. Il n'est pas, au reste, un seul vaisseau anglais qui ne présente actuellement une bouteille dans son hôpital : il y a plus, quelques-uns d'entre eux ont, dans

(1) Fonssagrives, Traité (Vhyg. nav. Paris, 1850, p. 288.

(2) Chcvé, Rapport de fin de' campagne (CoUect. de Brest).

HOPITAL ET DÉPENDANCES. '•^'^ le faux-pont, des waler-closels uniquement affectés aux chauffeurs, et qui sont maintenus dans un état irréprochable de propreté. Aujourd'hui quelques-uns de nos navires ont réalisé cette amélioration. C'est ainsi qu'à bord de la frégate la Thémis, M. Béguin, chirurgien-major de ce navire, se loue de cette condition de bien-être pour les malades (1). Les hôpitaux de batterie-avant des grands cuirassés ont actuellement des bouteilles et la pratique a démontré l'inanité des craintes qu'avait suggérées cette innovation.

Tous les navires devraient avoir cette installation si commode et si dénuée d'inconvénients. Le siège de cette bouteille serait élevé de 0'S60 environ au-dessus du pont, aurait un obturateur clos par un cadenas, et la cuvette serait munie d'une soupape qui, se fermant de bas en haut, serait relevée lors de l'immersion de l'avant du navire, et préviendrait ainsi l'introduction de l'eau. En observant pour la construction et la désinfection de cette bouteille les précautions les plus minutieuses, et en en interdisant d'une manière absolue la fréquentation aux malades en état de se rendre à la poulaine, on s'affranchirait des inconvénients que les bailles d'aisances les mieux faites présenteront toujours, et l'hygiène des bâtiments, de laquelle celle de l'hôpital est étroitement sohdaire, gagnerait infiniment à cette disposition nouvelle. A Tépoque encore peu reculée de nous où la batterie haute communiquait par deux portes avec la poulaine, le rejet des matières excrémenlitielles était facile, mais actuellement il n'en est pas ainsi, et l'on ne peut songer sans dégoût à ce que le transport des bailles d'aisances fétides à travers une partie de la batterie, quelquefois même au moment où l'équipage prend ses repas, a d'antihygiénique et de rebutant. Encore un point sur lequel nous appelons l'attention. »

Nous serions heureux de penser que le passage de notre livre que nous venons de rappeler a contribué à réaliser cette amélioration dont les hôpitaux de quelques grands navires apprécient aujourd'hui tout le bienfait.

L'introduction d'une ou de deux bouteilles dans l'hôpital des navires est donc une amélioration à laquelle on ne saurait trop applaudir (2). Les bailles d'aisances ne les suppléent pas, en effet, et quelque soin qu'on y apporte, leur inodoréité est un mythe. Sur les cuirassés, les hôpitaux de tengue sont privés de cette annexe indispensable, les hommes demi-valides vont à la poulaine, et les alités se servent de bassins ou de bailles

(1) Béguin, Hist. méd. de la campagne de la frégate la Tliétis, 18G8-1870 {Arch. deméd. nav., t. XIII, 1870, p. 241).

(1) M. Doué, médecin-major du vaisseau la Loire employé au transport de passagers et de condamnés h la Nouvelle-Calédonie, ne se loue pas, dans son Rapport, de la présence de bouteilles dans l'hôpital, mais son navire était dans des conditions si anor maies d'encombrement, que cette opinion, un peu isolée d'ailleurs, no saurait incriminer la valeur de cette innovation qui a été réclamée et qui a été acceptée par le plus grand nonibro des médecins navigants.

H8 LE NAVlUE.

d'aisances. Le il/arm<70 et rOcéa?i n'ont qne des fausses bouteilles, mais les types nouveaux de cuirassés de première classe, tels que \cltichelieu, auront une véritable bouteille dans leur liôpital ; les hôpitaux d'avant-carré sur les corvettes cuirassées (A/ma, lîeine- Blanche, Alulanie, Monicalm) ont, les uns des bouteilles, les autres des tinettes placées au-dessous d'un bâtis en bois. M. Bourel-Roncière croit que ces fausses bouteilles valent à peu près les bouteilles vraies. Cela est possible pour les hôpitaux de batterie-avant et pour ceux qui sont sous tengue, mais les hôpitaux d'avant-carré exigent impérieusement, à mon avis, l'établissement d'une bouteille fixe, dans le double intérêt de la salubrité de l'hôpital et de la santé des hommes et des officiers qui couchent sur l'arrière du réduit. Il faut songer aussi à la possibilité d'épidémies dysentériques pour bien comprendre l'absolue nécessité des bouteilles, même pour les hôpitaux placés sur l'arrière.

Une baignoire de traitement est indispensable également dans un hôpital de navire. Sur les anciens types, elle était placée danslagatte; on lui cherche un emplacement convenable dans les hôpitaux des cuirassés ; les nouveaux types {Richelieu, Friedland) auront une salle de bains, ce qui constituera une amélioration très-sensible.

3° Matériel. — Des armoires permettant de loger certains objets de literie et de pansement, le matériel de table, les médicaments d'urgence complètent enfin cette installation de l'hôpital. Je parlerai longuement plus tard des conditions du couchage des malades, mais je dois entrer ici dans quelques considérations relativement au mobilier d'hôpital. Je l'e classerai ainsi : mobilier de repos ; vêtements et linge ; mobilier de table ; mobilier de traitement ou de pharmacie.

a. Le mobilier de repos comprend, en dehors du lit, des pliants-sièges que l'on peut aisément loger quand ils ne servent pas et un ou deux bancs, J)ordant une table à manger étroite et à dossiers mobiles servant ainsi à deux fins pour les repas et pour permettre aux malades de s'asseoir ; cette installation imitée de celle qui existe dans le salon des paquebots des Messageries serait très-utile. Serait-ce aussi un luxe de bien-être que de donner à l'hôpital d'un grand navire un de ces fauteuils pliants àsiége en X et à courroies de cuir, comme on en improvise si aisément à bord?

b. Les vêtements et le linge affectés au service de l'hôpital sont insuffisants, tous les médecins le savent, et une révision de la feuille d'armement, en ce qui concerne le matériel pour le service des malades, est considérée comme prochaine et indispensable.

c. Les vstensiles de table laissent aussi beaucoup à désirer et les malades sont portés à en improviser souvent avec des boîtes de conserves, quelquefois élamées àl'étain impur et susceptibles, comme Amédée Lefèvre l'a démontré (I), de céder du plomb aux liquides sucrés, acides ou

(1) A, LeR'vro, Recfi. sur les causes de la colique sèche observée sur le» navires de

salés qu'on y renferme. Les hôpitaux ordinaires ont réalisé, dans ces dernières années, un grand progrès dans les installations de table qu'ils offrent à leurs malades ; il faut que l'hôpital nautique les suive d'aussi près que possible dans ces améliorations.

d Le mobilier de traitement, comme celui de pharmacie, est aussi trèsdéfectueux. M. Beaumanoir a insisté avec raison sur la nécessité que je signalais tout à l'heure, de réviser à ce sujet la feuille d'armement; la re<=source des demandes supplémentaires, dont la concession est d ailleurs facultative, ne compensant pas suffisamment cette parcimonie des reniements. Il indique avec raison comme pouvant servir de base au nouveau règlement les éléments suivants : effectif de l'équipage normal nombre de passagers - présence de passagères et d'enfants - nature et durée de la mission - climats dans lesquels le bâtiment doit séjourner et prévision des maladies qu'il peut subir - longueur présumée des traversées avec ou sans relâches (1). Il n'est aucun médecin de la marme qui conteste la justesse de cette exigence.

4° Pharmacie. — Tout hôpital de navire doit contenir dans des armoires spéciales et fermées avec soin, un dépôt de médicaments pouvant suffire pour le service ordinaire, mais il est indispensable qu'un local spécial soit disposé pour loger et préparer les médicaments. On a attribué à la pharmacie sur les navi,res des emplacements si variés que cette annexe de l'hôpital échappe à toute description. Être placé dans le voisinage de l'hôpital ; avoir une lumière suffisante pour que le service de la préparation et-du dosage des médicaments s'y fasse sans trop de difficulté, un espace suffisant, et des installations en rapport avec son but, telles sont les conditions que doit réaliser la pharmacie. Les navireshôpitaux lui donnent, bien entendu, une importance très-grande, et elle doit se rapprocher alors des pharmacies des petits hôpitaux ordinaires. Mais il ne faut pas oublier qu'un navire encombré de passagers, rentre dans les conditions d'un navire-hôpital et exige des installations qui se rapprochent beaucoup de celles des bâtiments affectés spécialement au transport des malades. Un minimum de cent malades, à bord de certains navires, ainsi que cela s'est vu sur des transports, implique des installations tout autres que celles qui conviennent à un navire réduit à son effectif normal.

guerre français. Paris, 18G9. M. Z. Roussin a constaté que les proportions cUi plomb •contenu dans les vases d'étain livrés par le commerce varient de 10 à, 4 p. 100 [btade sur la composition des vases en élain. in Rec. des mém. de iwid. et de dur. militaires, 18Cd). L'administration de la guerre a interdit, h la suite do ces reclierclics, l'usage •dans les hôpitaux et infirmeries militaires, de. vases et ustensiles d'étam contenant .plus de un pour cent de plomb. Ce n'est pas assez, il faudrait ciiercher un moyen do remplacer les objets d'étain, (l) Beaumanoir, loc. cit.

§ 2. — Poste des blessés.

Le poste des blessés en temps de combat est en quelque sorte une annexe de l'hôpital, aussi devons-nous en dire quelques mots ici, pour ne pas laisser de lacune importante dans ce sujet, mais sans avoir la prétention de l'épuiser en rien. Il ressortit, en eflet, bien plus à la chirurgie qu'à l'hygiène, et M. J. Rochard lui a consacré, en 1861, un travail magistral qui n'est du reste qu'un résumé des leçons qu'il a professées à Brest sur le service chirurgical de la flotte (1). M. Maréchal s'est occupé également avec fruit de cette question importante du passage des blessés, et M. Bourel-Roncière lui a réservé à la fin du travail que j'ai cité des développements importants. Sur les anciens vaisseaux et frégates le poste des blessés était dans la cale sur l'avant du grand panneau. Les bateaux à vapeur étant en quelque sorte divisés par leur machine en deux parties sans communication directe, il fallut, sur ces navires, un poste avant et un poste arrière. Les navires cuirassés ont dû modifier également l'emplacement du poste des blessés. Sur la Jeanne-d'Arc et sur VArmide, le poste est dans l'extrême avant du faux-pont. Sur ce dernier navire il a une forme triangulaire et présente 7"*, 50 de longueur et 4™, 80 de base. On a songé également sur ces corvettes à la partie arrière du faux-pont {Thétis), à la cale-arrière au-dessus des caisses à eau de tribord {Reine-Blanche) (2). J'ai visité récemment le poste des blessés du cuirassé l'Océan, accompagné de M. Bourel-Roncière qui a bien voulu me montrer dans tous ses détails ce beau type dont il a étudié l'hygiène avec tant de soin et de sagacité ; il est placé dans le faux-pont inférieur avant, au-dessous des panneaux du gaillard d'avatit : il cube 145™* et a une superficie de 95""=^ ; il est bordé de caissons latéraux de 1™,15 qui peuvent recevoir des blessés, et les deux magasins généraux suceptibles au besoin de lui servir d'annexés augmentent son cube de 89™^, 69. Il offre, comme dimensions et comme éclairage, des conditions aussi bonnes que possible. Au reste le poste des blessés n'est qu'un refuge temporaire, et toute son hygiène consiste à donner place à un nombre de matelas suffisants pour recevoir les blessés, à leur donner accès par des passages bien disposés et soustraits autant que possible au feu de l'ennemi, à être muni d'un bon appareil d'éclairage. Demander plus serait puéril. Le combat fini, le navire devient un immense hôpital d'urgence; et tout intérêt, autre que celui de sa sécurité, s'efface

(1) Voir co travail plein d'idées et de mouvement la suilc de rouvragc de M. L. Saurai qu'il complète sous forme d'appendice (L. Saurel, Traité de chirurgie navale. Paris, 1861. Appendice).

(2) Bourel-Roncière, Contrib. à l'hyg. des cuirasséi. Postes et passages des blessés pendant le combat dans les deux types {Arch. de méd. nav., t. XXIV, 187G, p. 171 et 278).

devant celui-ci. Je ne saurais qu'indiquer ici celte étude et je renvoie aux travaux de MM. Rochard (1), Bourel-Roncière et Maréchal, pour plus de détails sur le poste et le passage des blessés pendant le combat (2).

ARTICLE PREMIER

§ 1 . — Pont.

Le pont d'un navire est à l'habitation maritime ce que sont aux maisons des pays chauds ces terrasses ou salaria qui les recouvrent : un lieu où l'on va chercher le matin les influences bénignes du soleil, et le soir ces fraîcheurs vespérales, dont l'attrait est si puissant sous les tropiques. C'est aussi le seul endroit public du navire, le rendez-vous de toutes les activités, le forum de la ville maritime, le théâtre en un mot sur lequel se déroulent toutes les péripéties de la vie de mer. Ici l'espace n'est plus clos ; l'atmosphère n'est plus confinée ; le matelot en montant le dernier degré de l'échelle du grand panneau sort du domaine des influences hygiéniques spéciales et rentre dans les conditions de la vie commune. Aussi n'aurons-nous que peu de chose à dire de cette dernière partie du bâtiment chargée de l'alimenter d'air et de lumière, comme son compartiment le plus inférieur, la cale, est chargé de lui fournir ses approvisionnements de nourriture, de défense et de manœuvres.

Le pont percé d'ouvertures dont nous aurons plus tard l'occasion d'étudier la disposition et l'étendue, communique par elles avec l'intérieur du navire. Son extrémité arrière est habituellement affectée à des logements spéciaux qui, réunis sous la dunette, sont de tous les plus favorisés ; l'air et la lumière y affluent à profusion ; son extrémité avant, domaine propre de l'équipage, est d'ordinaire surmontée d'un revêtement analogue à celui qui constitue la dunette et servant d'abri aux

(1) Rochard, loc. cit.

(2) J. Maréchal, "Note complémentaire sur le transport des blessés à bord pendant le combat. Brest, 1876. Je regrette de ne pouvoir décrire ici les appareils ingénieux, ou gouttières métalliques imaginées par M. Maréchal pour descendre les blessés du pont ou de la batterie dans le poste. On a bien voulu les faire fonctionner devant moi à bord de Y Océan et elles m'ont semblé remplir très-bien leur but.

matelots, pendant les longs quarts des nuits pluvieuses. Beaucoup de navires n'ont ni dunette, ni gaillard sur l'avant ; rien n'est moins hygiénique que cette disposition, qui expose sans défense officiers et matelots aux intempéries les plus dures. Sans regretter ces immenses châteaux, qui surmontaient la poupe et la proue des navires du moyen âge, et occupaient la plus grande partie du pont, on peut dire toutefois que la réforme a été trop radicale, et que l'avant du navire pourrait être plus recouvert qu'il ne l'est. La navigation dans les climats pluvieux y trouverait un avantage hygiénique incontestable. L'équipage appelé, en effet, à passer sur le pont, pour les besoins de la manœuvre, la plus grande partie de sa vie, doit y trouver un abri contre les rigueurs d'un soleil ardent, aussi bien que contre les pluies, parfois torrentielles, de l'hivernage.

La révolution architecturale d'où sont sortis les types actuels des navires de combat a profondément modifié la disposition du pont. M. Bourel-Roncière a décrit dans les termes suivants l'aspect du pont des cuirassés de premier rang et en particulier de VOcéan. « En mettant le pied sur le pont de ce navire, on est, dit-il, tout à la fois frappé de ses dimensions et de son extrême encombrement. Une disposition caractéristique du pont des navires à tourelles est la séparation presque complète de l'avant et de l'arrière par l'écran transversal qu'elles représentent sur le milieu de sa longueur. Chaque tourelle, en effet, empiète des 9/ 10 environ de son diamètre; elles ne laissent à l'avant et à l'arrière qu'un passage étranglé de 3=^,90; la cheminée au milieu, sur l'arrière le pied du grand mât et ses bittes complètent presque entièrement l'écran et isolent les deux moitiés du pont. Il s'ensuit des résultats faciles à prévoir. Au mouillage le navire étant évité dans le lit du vent, le gaillard d'avant est balayé par la brise et fortement ventilé, mais le vent arrêté dans sa course par de nombreux obstacles se réfléchit en majeure partie et s'écoule sur les côtés sans parcourir le gaillard d'arrière. En été, sous les tentes, l'avant reste frais, mais l'arrière est dépourvu de ventilation, et la différence de température devient très-sensible entre l'avant et l'arrière et atteint quelquefois 2 à 3 degrés (1). »

Il y a donc plus d'encombrement transversal sur les ponts des cuirassés et moins d'encombrement longitudinal (si ce n'est au milieu) que sur les anciens navires. Les corvettes sont dans le même cas que les frégates, avec plus d'inconvénients peut-être pour la ventilation parce que leurs bastingages sont plus élevés.

De même que les cuirassés ont deux faux-ponts, on peut admettre aussi qu'ils ont deux ponts : l'un supérieur constitué par la plateforme qui réunit les tourelles et le recouvrement de la tengue de l'avant, l'autre inférieur qui est le pont réel. Ces abris ont incontestablement leur

(1) Bourel-Roncière, Arch. méd. «au., n' de fûvrier 1875, p. 91.

ulililé, mais en hygiène navale un avantage a toujours son inconvénient corrélatif: ici l'avantage est de fournir un abri aux hommes dans le mauvais temps •; l'inconvénient est d'intercepter en partie l'air et la lumière dont l'accès dans l'intérieur du navire doit être ménagé avec tant de soin.

Cette question me conduit à celle des abris temporaires, à 1 aide desquels on transforme le pont d'un navire en une sorte de compartiment qui n'est ouvert que par les parties latérales.

Les taudes ou lauds, les tentes et les cagnards n'ont pas d'autre but; c'est une sorte de toiture amovible, placée au-dessus du pont supérieur, et sans laquelle l'hygiène nautique des pays chauds serait véritablement bien désarmée : elle transforme le pont supérieur en une batterie supplémentaire où le matelot bénéficie' des influences atmosphériques favorables et brave impunément celles qui sont nuisibles. Nous aurons bientôt l'occasion de revenir sur ce sujet.

Les taudes, les tentes et les cagnards sont destinés à abriter les équipages, contre l'action de la pluie, de la rosée et contre celle d'un soleil brûlant : ce sont des toiles diversement disposées et qui, étendues audessus du pont supérieur, le changent en un espace à peu près clos qui protège les équipages contre les intempéries. Cette toiture amovible se compose de la grande tente tendue entre le mât de misaine et le grand mât, de la tente- de dunette et du marsouin. C'est l'une des conditions les plus indispensables de l'hygiène de la navigation dans les pays chauds : voyons comment il faut en tirer parti.

Pour qu'une tente de navire soit bien disposée, sa toile doit avoir une épaisseur assez grande pour ne pas laisser filtrer la lumière, et il est nécessaire qu'elle soit élevée de 3 mètres au moins afin que l'air circule librement ; des chandeliers détente et des filières rendent facile celte installation. On ajoute généralement des rideaux de tente du côté exposé au soleil. Les tentes ne doivent être établies que quand la majeure partie de l'eau employée au nettoyage du matin s'est évaporée ; la portion qui en reste tient lieu d'arrosage et entretient sous la tente une fraîcheur salutaire. Si le vent vient du côté du soleil, il vaut mieux ne pas mettre en place les rideaux de tente, afin de faire bénéficier le navire de la réfrigération qu'il apporte avec lui. Dès que le soleil vient à se voiler, il importe d'enlever les tentes qui sont un obstacle fâcheux à l'aération des parties basses du navire. Une averse imprévue oblige-lelle à transformer les tentes en taudes, il faut, dès qu'elle est passée, rétablir immédiatement les tentes s'il y a du soleil, ou les enlever si le temps est sombre, afin de faciliter l'évaporation de l'humidité (1).

(1) Dans les pays chauds, on peut procurer au pont des navires une fraîcheur saUi • taire en établissant une taude très-élevée, mais peu inclinée et au-dessous d'elle la tente. Une couche d'air circule entre les deux et empûche la transmission calorifique par un mécanisme analogue îi celui des fenôtres à double châssis vitré.

Au reste, ce sont là des pratiques qui, du domaine de l'hygiène, sont passées dans celui des prescriptions réglementaires, et les capitaines sont responsables de leur stricte observance. On peut dire, sans exagération, que la moitié de l'hygiène des pays chauds réside dans la sagace utilisation des ressources qu'offrent , à titre d'abri, les tentes et les taudes : aussi importe-t-il de se rappeler que , sous l'influence d'une température élevée, la toile aigrit et s'use promptement ; que les variations de la chaleur du jour et de la nuit, l'humidité qui l'imprègne souvent pendant plusieurs jours, lui font perdre toute cohésion ; que sa maille se relâche, laisse filtrer l'eau et le soleil, et se rompt ensuite aisément sous les tractions auxquelles elle est soumise ; d'oîi découle la nécessité d'assurer, par l'embarquem-ent d'un double jeu de tentes, cette précaution préservatrice de l'hygiène tropicale.

La taude n'est qu'une tente repliée en forme de toiture et offrant à la pluie deux .plans incHnés sur lesquels elle glisse. Nous ne saurions trop appeler l'attention des commandants de navires sur la nécessité de veiller à ce que tous les soirs, au mouillage, et aussi souvent qu'on le pourra à la mer, les taudes soient établies au moins sur l'avant ; cette précaution protégeant, en effet, les hommes de quart et ceux que l'atmosphère élouffante des batteries invite à dormir sur le pont contre le danger du sommeil en plein air sous une rosée profuse. Le reproche que nous avons souvent entendu adresser aux taudes de rabattre dans l'intérieur du navire les miasmes qu'y produit l'encombrement, et de s'opposer au renouvellement de l'air des parties extérieures, peut être facilement écarté par te jeu des manches à vent, ou par l'établissement d'une ventilation convenable (1).

Nous n'avons rien de parlicuher à dire ici des tentes des canots et des embarcations, si ce n'est que semblables, à la différence près des dimensions, aux tentes des navires, elles remplissent le même office hygiénique, et que c'est le seul moyen qui permette, dans les pays chauds, de braver impunément les effets quelquefois si graves de la radiation solaire. Il est donc bien important que sur les rades des régions tropicales aucune embarcation ne circule entre le lever et le coucher du soleil sans être munie de sa tente, qui au besoin, peut en cas de pluie, remplir accidentellement l'office d'une taude. Cette précaution est fidèlement observée par les capitaines jaloux de conserver la sauté de leurs équipages.

§ 2. — Dépendances du pont.

Les dépendances du pont sont: 4° les abris permanents, les dunettes et les passerelles, la lengue; 2° les bouteilles et la poulaine. Je ne parle-

(1) M. Bourel-Roncière dit s'ûtre bien trouvé îi Rio, pendant la saison chaude ot pluvieuse, de fusage simultané des tentes et des taudes {Arch.de mcd. nav., t. XMI, 1872, p. 32).

pas de l'hôpital, des cuisines, du foui-, etc., qui peuvent accidcnlcUement être placés d'une manière fixe ou temporaire sur le pont, comme je l'ai indiqué dans le cours de cette description topographique du navire en général.

I. Abris permanents. — La dunette, la tengue et la passerelle constituent en quelque sorte un pont supérieur, interrompu de dislance en distance, mais offrant en dessous des abris contre le vent et la pluie. La dunette, là où elle existe est occupée par le logement du capitaine et ne peut servir d'abri. Il serait sans doute à désirer que les navires eussent tous à l'avant et à l'arrière un abri couvert, accessible aux hommes de l'équipage et aux officiers et qui permettant aux uns et aux autres pour les temps de pluie, de prendre l'air sur le pont, laisseraient les compartiments intérieurs dans un état de vacuité favorable à leur propreté et à leur assainissement.

IL Bouleilles et poulaines. — 1° Bouteilles. — Si les résidus excrémentitiels de la respiration et de la transpiration s'écoulent difficilement à bord des navires par le fait de leur encombrement, et vicient l'atmosphère de leurs parties intérieures, ce désavantage qu'ont les bâtiments sur les habitations civiles est compensé par la facilité avec laquelle les premiers se débarrassent des matières fécales, des débris putrescibles et des eaux ménagères.

Les fosses d'aisances, même les plus hygiéniquement disposées, sont, en effet, pour nos maisons une source d'émanations délétères, et, malgré les procédés perfectionnés de vidange réputés inodores, l'odorat et la •santé souffrent également des opérations de curage qu'elles exigent de temps en temps. Rien de semblable à bord des navires ; les matières fécales traversent un tuyau de peu de longueur oià leur passage est instantané et qui les déverse dans la mer dont la mobilité perpétuelle les entraîne au loin. Quelque heureux que soit cet avantage inhérent aux conditions de la vie de mer, il n en suit pas pour cela que les cabinets d'aisances ou bouteilles des bâtiments puissent s'affranchir, sans devenir insalubres, de conditions particulières de construction et d'une incessante surveillance de propreté.

La nécessité imprescriptible des distinctions hiérarchiques, non moins que les ménagements dus à une délicatesse originelle d'habitudes , ont multiplié le nombre des bouteilles à bord des navires, et sur ceux dont les proportions ne sont pas trop restreintes, le commandant, les officiers, les élèves et les maîtres ont chacun la leur. Celle qui est commune à tous les gens de l'équipage porte le nom de poitlaine, h raison de sa position sur l'extrême avant du. navire.

a. Bouteilles du commandant et des officiers. — Le commandant, sur les grands navires, a généralement deux bouteilles, une de chaque côté de son logement, et communiquant avec lui par une porte pleine ou

vitrée. Celte disposition est en réalité plus commode qu'hygiénique, mais la possibilité d'entretenir dans un état de rigoureuse propreté une bouteille fréquentée par une seule personne, efface en partie l'insalubrité de ce voisinage. Sur les vaisseaux, les bouteilles des officiers étaient placées dans la grande chambre; sur les frégates, un des cabinets, généralement celui du bâbord, leur était affecté, tandis que celui de tribord étaient réservé au commandant en second et aux autres officiers supérieurs. La bouteille des maîtres et celle des élèves étaient placées chacune en abord sur la partie avant du navire. Ces dispositions étaient assez ordinairement modifiées à bord des vapeurs à aubes qui avaient leurs bouteilles sur l'avant et sur l'arrière des tambours, et les latrines de leur équipage dans le jardin de l'avant. Cette dernière installation était avantageuse en ce sens que les hommes étaient soustraits à la vue par le bâtis des tambours, et que le plancher à treillis en fer des jardins permettait un nettoyage plus facile et plus efficace.

A part l'étroilesse forcée de l'emplacement qui est attribué aux bouteilles sur les navires, étroitesse assez bien compensée d'ailleurs par la facilité de leur aération, elles sont actuellement dans d'assez bonnes conditions de salubrité. Leur siège est recouvert d'une planchette mobile de noyer ; un bois plus dur comme le cœur de chêne (il y a entre ces deux bois une différence de pesanteur de 0,67 à 1,17) conviendrait mieux, car il serait d'une imprégnation moins facile (1). Il est rigoureusement indispensable que cette planche soit fréquemment nettoyée, non-seulement pour l'entretien dans un état de propreté convenable, mais pour éloigner les chances de contagion ou de communication de parasites qu'une semblable promiscuité peut offrir. L'aération fréquente, l'exposition au soleil, l'arrosage avec quelques gouttes de liqueur de Labarraque sont encore des précautions qu'il convient de prendre de temps en temps. La cuvette est quelquefois garnie de plomb, et le cône tronqué à base supérieure qu'elle constitue, est fermé par une soupape mobile, se relevant d'elle-même de bas en haut, quand le poids qui l'a abaissée cesse d'agir sur elle. Un robinet à poignée placé sur la caisse du siège fournit, quand on l'ouvre, un filet gyratoire d'eau de mer qui, mû par une pression assez forte nettoie circulairement les parois de la cuvette et sort par son ouverture inférieure. Cette disposition ne laisserait certainement rien à désirer si le plomb de la cuvette était toujours remplacé par de la porcelaine ou par un émail ; le plomb s'altère en effet assez facilement, les matières sulfurées qui le traversent, le noircissent, une couche blanche d'urates et de carbonate de plomb, hérisse bientôt sa surface, et cette couche constitue une masse poreuse

(I) J'ai proposé dans un autre ouvrage d'employer pour la confection du siège des water-closets des bois imprégnés par le procédé Boucherie. Cette précaution pourrait aussi être prise pour les bouteilles des navires (La Maison, Étude d'hygiène et de bienêtre domestique. Paris, 1870, p. l8I).

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Irès-aple à s'imprégner de liquides organiques et à fournir des exhalalions félidés. Le poli de la surface inlerne de la cuvette est la condition essentielle de sa propreté ; l'émail réalise cet avantage au plus haut point, il est tout à fait inaltérable et sa couleur est dénature a déceler la moindre négligence apportée dans son nettoiement ; peutêtre pourrait-on utiliser pour les cuvettes des bouteilles les propriétés désinfectantes du charbon que l'on a proposé assez récemment pour la confection des bassins des anglaises de nos maisons. Enfin la disposition inclinée du plancher des bouteilles, son revêtement de plomb, la précaution de le recouvrir d'une caillebottis mobile facilitent et le lavage et l'écoulement des eaux.

L'aération, toutes les fois qu'elle est possible, est de rigueur absolue, et en la combinant avec les fumigations de chlore et l'emploi, de temps en temps, d'une solution concentrée de sulfate de fer pour désinfecter complètement la cuvette et le tuyau d'éjection, on éloignera sûrement toute cause d'odeur et d'insalubrité.

b. Bouteilles des maîtres. — Les bouteilles de l'avant exigent surtout une surveillance assidue. Généralement moins spacieuses, moins bien aérées, installées moins confortablement que celles de l'arrière, elles sont fréquentées par un plus grand nombre de personnes, et il n'est pas rare de les voir, même sur des bâtiments assez bien tenus, exhaler une odeur désagréable.

2° Poulaine. — Quant à la poulaine de l'équipage, s'on entretien fait partie de l'entretien général du b'âtiment, et elle est soumise à la propreté quotidienne du matin. C'est pour elle surtout que la confection d'un siège fait d'un bois dur peu perméable aux liquides, le chêne, par exemple, soit naturel, soit imprégné de sulfate de fer par le procédé Boucherie, et la substitution de bassins de porcelaine aux bassins de plomb sont particulièrement désirables ; la position intérieure de la cuvette annihile les reproches de brisement facile qu'on serait tout d'abord tenté de lui adresser. Comme les bouteilles, et plus qu'elles, la poulaine exige des désinfections répétées, et les lavages au sulfate de fer y trouvent, plus encore que les fumigations de chlore, leur utilité véritable.

Quand je m'occuperai de l'hygiène des navires-transports, je décrirai l'installation des poulaines latérales et en saillie qui existent sur quelques navires, notamment sur les transports de Gochinchine.

Nous venons de parcourir rapidement les divers compartiments, nous dirions presque les différents organes de cette machine merveilleuse où le génie inventif dé l'homme s'est vu forcé à chaque instant de concilier les exigences exceptionnelles de la navigation avec les nécessités de la vie humaine. Occupons-nous maintenant de l'autre terme du rapport, de l'homme de mer, et voyons dans quelles conditions il subit les influences de son habitation spéciale.

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