CHAPITRE PREMIER Recrutement
Le service militaire, n'exigeant que de l'esprit de subordination, du dévouement et du courage, peut se recruter partout. Lorsqu'à ces qualités, qui germent naturellement sur le sol guerrier de notre France, se joint cette initiative héroïque et intelligente qui est l'un des traits de notre caractère national, le recrutement peut prendre ses soldats au hasard dans les écoles comme dans les ateliers, dans les champs comme dans les villes ; il improvise avec eux une armée que le feu mûrit vite, qui commande bientôt, comme la nôtre Ta fait si longtemps, l'admiration de toute l'Europe, et qui, si elle fléchit sous le nombre, montre môme dans ses désastres ce qu'elle vaut et ce qu'elle pourra plus tard.
Le service de la Hotte se recrute moins aisément. Trois mois d'exercices et la vue de l'ennemi suffisent pour faire un soldat, a dit le plus grand capitaine des temps modernes ; pour faire un matelot, au contraire, il faut une longue initiation aux privations et aux dangers de la
mer et une inslruclion professionnelle qui ne s'acquiert pas en un jour'- aussi la majorité d'un équipage ne peut-elle être formée que de marins de profession. Par malheur, leur nombre avait été jusqu'ici en disproportion réelle avec les besoins de nos armements maritimes, et le recrutement ordinaire était, comme nous allons le voir tout à l'heure, appelé à pallier celte pénurie (i). La réduction croissante des effectifs des équipages par la transformation des constructions et de l'artillerie navales, conduira-t-elle plus tard la marine de l'État à se passer de ce dernier élément? Ce n'est pas improbable.
Le service maritime ne se recrute pas d'une manière homogène; il emprunte son personnel:!" aux matelots de l'inscription maritime; 2° aux conscrits ; 3° aux engagés volontaires; 4° à des surnuméraires ou agents sans afférence directe avec les services maritimes, mais dont l'office est indispensable pour des emplois auxiliaires.
ARTICLE PREMIER