‹ Traite d'hygiene navaleChapitre 47 sur 224 · O.MO · texte numérisé non relu

O.MO

O.OiO

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Si je compare la composition de ce sac à celle qui était rcglemenlaire il y a -vingt ans, à l'époque où je publiais la première édition de ce livre (I), je constate des différences sensibles, des améliorations dont la plupart correspondent à des idées que j'émetlais alors. Il n'est pas cependant inutile de voir encore si cette composition du sac est suffisante, si elle est susceptible de quelques additions ou de quelques retranchements, soit d'une manière absolue, soit en vue de nécessités spéciales à certaines navigations.

§ 2. — Vêtements de corps.

I. Gilet de flanelle. — • Il est un vêlement que nous regrettons de ne pas voir figurer dans la composition du sac : c'est le gilet de flanelle; nous discuterons ailleurs son utilité dans les pays chauds ; mais d'une manière générale, on peut affirmer que c'est là une lacune véritablement sensible. Le matelot est si insoucieux de sa conservation, il s'expose' si étourdiment aux causes de répercussion sudorale, qu'il faut, pour le garantir du danger, bien moins compter sur le succès des conseils de prudence qu'on lui donne que sur l'efQcacité d'une prescription réglementaire. Aussi demandons-nous, au nom de presque tous les médecins navigants, que deux gilets de flanelle sans manches entrent désormais dans la composition du sac. Si celte mesure a été jugée nécessaire pour les soldats de nos colonies, ne l'est-elle pas encore plus pour nos matelots qui subissent les mêmes influences climatériques et qui sont, par surcroît, voués à des travaux bien autrement pénibles? C'est donc là une question d'équité autant que d'hygiène. L'État prendra-t-il celle dépense à sa charge? nous croyons qu'il serait libéral et économique à la fois qu'il le fît : libéral, car nos matelots y verraient une preuve de plus d'une sollicitude toujours agissante ; économique, car les frais de séjour à l'hôpital et de traitement que celte précaution épargnerait couvriraient cent fois celte dépense. Nous, sommes en effet, convaincu que l'habitude de porter de la flanelle sur la peau, dans certaines campagnes, au Sénégal et aux Antilles notamment, abaisserait d'un tiers peut-être l'effectif annuel des malades de nos navires.

Si l'on répugnait à l'adoption d'une mesure qui offre beaucoup d'avantages, et à laquelle nous cherchons inutilement un inconvénient, encore demanderions-nous qu'à défaut de gilet, une ceinture de flanelle fût

(1) Fonssagrives, Hi/gifine navale, 185G, p. I.'iT. Les principaux changements réalisés dans la composition du sac, sont : la disparition du paletot, l'addition d une vareuse et d'une chemise en molleton, de deux paires de bas de laine, de coilTes blanches, d'une brosse à dents, d'un peigne, etc. Une circulaire toute récente apporte encore quelques modifications h la composition du sac : elle remplace le" pantalon îi brayette par le pantalon h. petit-pont, supprime le chapeau de feutre, donne au bonnet de travail une disposition nouvelle, etc.

fournie aux matelots. Les diverses maladies abdominales : diarrhées, dyssenleries, qui entrent pour une part si considérable dans la pathologie des pays chauds, seraient ou atténuées ou prévenues par l'emploi de ce simple moyen. C'est là une question grave et qui mérite qu'on s'y arrête (1). Ce double vœu n'a pas reçu encore satisfaction, et la nouvelle composition du sac présente celte double lacune que je signale avec insistance (!2).

' II. Chemises. — Jusqu'à ce que le matelot soit muni de gilets de flanelle, les chemises de colon épaisses lui vaudraient mieux que celles de toile, car elles absorbent plus complètement lasueur et préviennent cette réfrigération que détermine la toile humectée. Quant aux collets et aux parements bleus à triple liseré blanc, dont les chemises sont garnies, c'est un pur ornement dont la physionomie enfantine contraste d'une manière piquante avec les allures viriles et parfois rébarbatives du matelot ; l'hygiène ne saurait l'incriminer et, la tradition le protège; nous voudrions toutefois que les liens dont l'ouverture de la chemise est munie servissent plus efficacement à la protection de^a poitrine, surtout chez les hommes qui ne portent pas directement appliqué sur le corps ce gilet blanc à raies bleues par lequel ils remplacent la flanelle qui leur manque, comme pour protester contre son absence.

III. Caleçon. — Les soldats ont des caleçons, les matelots en sont dépourvus ; ce vêtement leur serait cependant bien plus indispensable qu'aux premiers, puisque les ablutions d'eau-douce et les bains de propreté leur sont presque complètement interdits. Aussi leur peau, habituellement couverte de sueur, est-elle bleuie parle pantalon, et celui-ci destiné à une longue durée, pendant laquelle il ne doit subir aucun netfoyage, s'imprègne-t-il d'une sordidité préjudiciable. Ici encore la dépense à intervenir serait couverte, et au delà, par l'usure moins prompte des pantalons de drap dont la durée minimum pourrait être portée aisément de douze à dix-huit mois; il va sans dire que les caleçons devraient être blancs, et non pas bleus, pour qu'on pût mieux juger de leur propreté et pour garantir la peau contre la déteinte de cette partie du costume.

IV. Bas. — Pour achever ce que nous avions à dire des vêlements qui sont en contact direct avec la peau, nous devons parler des bas de laine,

(1) Fonssagrives, [Ji/g. nav., 1«56, p. 138.

(2) M. Jules Marécliat a opposé îi l'introduction du gilet de flanelle dans le sac du matelot canoiuiier (celui de tous h qui la violence de ses exercices rend cette précaution le plus nécessaire) des arguments qui,. je l'avoue, ne m ontpas convaincu; ils reposent surtout sur une étiologie contestable de la pneumonie, étiologie qui fait une part nulle aux refroidissements et la ratUiche à la suractivité fonctionnelle du poumon {Arch. ttewé'/. nav., t. VllI, p. 410). Le tricot do coton ne saurait, ;\ mon avis, remplacer la flanelle qui, imbibée de sueur, ne se refroidit pas comme le font les gilets de coton.

dont les avantages hygiéniques pour les pays froids ou pour les traversées de retour eu France ne sauraient évidemment être coutcstôs. Par malheur (et la vulgarité du détail n'exclut pas son importance pratique), il arrive très-souvent (jue des souliers dout l'ampleur a été mesurée sur sur celle des pieds nus se refusent à admettre des pieds couverts de bas, et ceux-ci, môme par les temps froids, restent, au grand préjudice de l'hygiène, enfouis au fond du sac. Le nouveau sac contient des demibas ou chaussettes; celte addition ne peut être regardée comme superflue.

§ 3. — Habits.

I. Pantalons. — Les pantalons de drap sont d'une utilité plus habituelle, même dans les pays chauds, que les pantalons de toile; ces derniers ne doivent être portés, en effet, que dans le milieu de la journée : le matin et le soir, ils ne prémuniraient pas d'une manière suffisante contre l'abaissement de la température. M. Lagarde, chirurgien major de la Vengeance, s'est élevé, je ne sais pourquoi, contre l'habitude imposée aux matelots en station dans les pays chauds de prendre le soir des pantalons de drap ; nous maintenons l'excellence de cette mesure de précaution justifiée parle refroidissement de l'atmosphère, par l'abondance de la rosée, et par la pratique familière aux matelots de coucher sur le pont.

Le pantalon de fatigue est un abri pour le pantalon de drap sous les latitudes tempérées; c'est un vêlement du matin en rade, et de tout le jour à la mer sous la zone lorride ; le matelot a pour lui une prédilection spéciale; il ne l'oblige point, en elfet, à ces ménagements- de toilelle qui lui sont insupportables, et il échappe au contrôle gênant des inspections.

IL Vareuse. — La vareuse est dans le même cas. Le matelot n'est jamais plus à l'aise que quand, à ces deux vêtements, il joint le bonnet de travail, sa coiffure favorite.

IIL Caban. — Le caban est aussi dans ses goûts, c'est-à-dire dans ses besoins : son ampleur laisse au mouvement une liberté parfaite, et sa longueur fournit au torse tout entier un moyen de protection qué les mauvais temps surtout font apprécier. Pourquoi ne donnerait-on pas aux matelots le caban à capuchon? Ce que je demande ici n'est pas précisément une innovation, puisque les matelots romains avaient le bardocmulLus ({\x\ li't&i qu'un caban muni d'un capuchon (l). Si nous

(l) A. Rich, Dict. des nntiq. romaines et r/î'ccg'Me'^. Paris, 18G1, p. 36. Végèce dit que les matelots romains avaient des vêtements velus, vesles peUi -pœ. L'inui'liiuin/ium, étoffe de laiiie à, longs poils sur ses deuxfaces, devait probablement servir aux matelots comme aux soldats.

FONSSAGRiVES, Hyg. nav.

L'HOMME DE MEll.

nous en déclarons très-résolûment le partisan, nous ne professons pas la môme admiration pour le paletot {\) de drap qui prot(^.ge à peine la poitrine, laisse à chaciue efl'oi t, entre lui et le pantalon, un hiatus par lequel s'échappe la chemise et pénètrent les lumbagos, gêne les aisselles et les poignets, et ajoute à ces inconvénients hygiéniques une" (lisgracicuseté de forme incontestable; qu'on donne au m;itelot une chemise de laine de plus (2), qu'on lui enlève ses paletots, et son bienôtre, non moins que le coup d'oeil des inspections, gagnera à cette réforme (3).

IV. Ceinture. — Une ceinture de laine rouge faisant plusieurs fois le tour du corps, serait véritablement une innovation à introduire dans le costume de nos matelots ; elle serait pour eux d'une ressource hygiénique très- grande en abritant et les lombes et le ventre contre les causes de refroidissement; les muscles larges du tronc trouveraient d'ailleurs dans cette ceinture un soutien opportun lors de la production des efforts, et les viscères abdominaux, contenus par une pression large et uniforme, auraient moins de tendance à se hernier. Nous ne voyons pas du reste ce que le pittoresque du costume perdrait à cette acquisition (4).

V. Cravate. — La cravate est la partie du vêtement maritime qui laisse le moins à désirer, autant par sa nature que par la manière dont elle est portée. Une cravate de lasling, en forme d'écharpe allongée, passe sous le col bleu de la chemise, s'entrecroise au-devant de la poitrine, et ses deux bouts, retenus par les lacets de la chemise, laissent

(I) Le paletot du matelot a été d'abord modifié : il est devenu plus long, plus ample, et il permettait une plus grande liberté de mouvements. Je m'explique mal aussi comment M. Lauvergne a cru devoir défendre cette partie du costume nautique dans son intéressant travail (Lauvergne, UM'iUloI, Esqi.ù.se dlujg. nuidiqne, Montpellier, 1862, le p. 34). Je ne conteste pas sa valeur traditionnelle et artistique, mais je porte la question sur le terrain du. bien-être et de la commodité. Du reste la composition du nouveau sac réglementaire m'a donné raison, et le paletot a disparu sans laisser, je le crois, de

regret à personne. , ,

(2j Ce vœu est aujourd'hui satisfait ; le sac du matelot contient deux chemises de

molleton.

(3) Tourtelle attribue à la chemise de laine bleue teinte à l'indigo, que portent les matelots, l'immunité dont ils jouissent par rapport îila vermine. Le fait et l'explication sont aussi bizarres que dénués de fondement (Ê/t'm.ti'Aj/^., 3'" édition, Paris, 18 1 5, t. 1,

(4) La ceinture de laine est d'ailleurs tolérée à bord de la plupart des navires et U n'y aurait qu'à en régulariser l'usage. M. Coste voudrait que les matelots ne la prissent qu à certains moments déterminés par un ordre do tenue, et il attribue à son usage permanent des inconvénients qui me parais>cnt peu fondés C'est une addition à •aire an coutume du matelot. Je maintiens encore ce vœu. La ceinture a fait, il est vrai son apparition, il y a un an environ, dans le costume nautique, mais sous une forme qui ne satisfait ni le coup d'œil ni la commodité; outre qu'elle me paraît peu solide elle a l'inconvénient d'avoir une buucle de cuivre sur le devant, et des matelots que j'ai interrogés \ Toulon sur ce point m'ont annoncé leur intention de faire glisser cette boucle sur le côté quand ils se livreront à quelque travail. Je crois, en somme, que le règne de celte ceinture ne sera pas long.

à découvert la partie antérieure du cou, dont le hâle vigoureux accuse l'action habituelle du soleil tropical. Celle écharpe garantit assez bien la nuque et les parties latérales du cou, n'exerce aucune constriction sur les vaisseaux jugulaires ; et si le lar3nx n'est qu'incomplètement abrité, l'habitude émousse ou fait disparaître cet inconvénient. La cravate de laine entre plutôt dans la composition du costume usuel que celle de satin, destinée uniquement à la grande tenue, et son utilité est incontestable, principalement pendant les temps froids et humides. Le matelot, inventif par nature et par besoin, tire d'ailleurs de cette cravate un parti avantageux, et la soumet à des usages hygiéniques variés (1).

VL Mouchoir de poche. — Le mouchoir de poche constitue aussi une lacune qui ne saurait certainement profiter à la distinction du matelot. MM. Pop et Rey dans leur élude intéressante sur Rouppe, font remarquer que, du temps de ce médecin, la composition du sac réglementaire du matelot indiquait trois mouchoirs de poche (->). Serait-ce un raffinement d'élégance et de bien-être que de demander que nos matelots soient ramenés par ce détail de la pratique des Nouka-Hiviens à nos habitudes civilisées (3) ?

§ 4. — Vêtements imperméables.

L'art d'imperméabiliser les tissus a fait, dans ces dernières années, des progrès réels: le caoutchouc laminé, placé enlre deux étoffes, a remplacé le caoutchouc dissous et employé sous forme d'enduit; on est arrivé de plus, par des artifices de fabrication, à conserver leur souplesse aux tissus imperméables. Ces vêtements trouveraient certainement leur apphcalion utile à bord des navires où les hommes sont si habituellement en butte, dans les divers services de jour et de nuit, soit à la pluie soit aux embruns. Les matelots du commerce tirent un excellent parti du classique sud-ouest qui leur abrite la tête et du caban ciré à l'aide duquel ils se défendent contre la pluie. Les matelots des navires de guerre qui vont en Islande sont seuls munis d'une vareuse imperméable; encore, suivant la remarque de M. Chastang (4), cette vareuse esl-elle

(1) Il est des campagnes dans lesquelles une cravate de laine est indispensable. M. Chastang a insisté avec raison sur la nécessité d'en munir les équipages qui vont «n Islande. i i- r> -i

(2) Pop et Rey {Études sur Houppe, in Arch. de méd. naua/e, t. III, p. 6231 Les mômes auteurs signalent avec raison l'abseuce du peigne comme une lacune regrettable tous les matelots n'y pourvoyant pas par leurs acquisitions personnelles

[6) Les derniers règlements sur la composition du sac de matelot ont encore oublié lir^l'h '^'^ "^^teiots en sont, sous ce rapport, moins la sordidité

aes iiaDitudes. au niveau des soldats prussiens dont les manches, au dire de M VicnrLVnTHo"? l'écemmont l'addition de deux boutons saillants destinés à

prévenir des tentatives qu. le bon goût réprouve. Nos soldats ont des mouchoirs : pourquoi les matelots n'en auraient-ils pas ? u»i-iiuua , pour

(4) Chastang. Thèse de Monlp. 18GU.

trop courte; il faudrait qu'elle descendît jusqu'aux bottes, quand les matelots ne portent pas de pantalons cirés. Une dépêche du 25 mars 1872 a bien accordé des vêtements imperméables (sud-ouesl, vareuse et pantalon cirés) aux hommes des trois grandes embarcations, mais j'estime avec M. Fournier (1) que cette concession est trop restreinte et qu'elle devrait être généralisée. Ce médecin distingué, revenant en France sur la Flore, a vu ses hommes acheter à Valparaiso des vêtements cirés en prévision des rigueurs du Gap-Horn, d'autres en improviser avec de vieilles toiles ou de vieux draps enduits de peinture noire. Ces artifices indiquent maniCestemeni un besoin auquel il est urgent de satisfaire. En attendant, on devrait au moins avoir des capotes imperméables afifeclées, quand le temps l'exigerait, à des services divers, tels que ceux des hommes de barre, des vigies, etc.

Les vêtements imperméables complets ont l'inconvénient d'emprisonner la transpiration. Un médecin delà marine, M. A. Foncaul, a proposé un système de vêlcmml imperméable aiitnpneumatique, applicable même à la chaussure et qui lui paraît assurer d'une manière automatique le renouvellement de l'air emprisonné dans un costume imperméable ('2). C'est trop compliqué et trop ingénieux pour être pratique.

Les officiers sont presque tous munis d'étofïes irapeVméabilisées et souples, dont l'usage à la mer leur rend des services très-grands (3). C'est une raison de plus pour eu munir les matelots.

§ 5. — Chaussure.

C'est une question très-controversée'parmi les officiers de vaisseau et les médecins de la marine que celle des avantages ou des inconvénients des chaussures pour les matelots. Les uns voudraient qu'à bord ils fussent constamment pieds nus; les autres, qu'ils eussent toujours des chaussures (4). Nous nous décidons sans hésiler pour ce dernier avis. Certainement, l'agilité nécessaire pour les exercices de mâture, dans lesquels le matelot utilise ses pieds aussi bien que ses mains, est un peu compro-

(f )Fournier, Rapport sur In campngne.de In Flore (Collection de Brest).

(•>) A. Foiicaut, Nule -sur les vêlements inipermisuhlus uulo-pneMmiitiques à Vusagedes gens- i/f mer {Aruh'ii. fie uird. ti'iv. lS(i7, t. VIT, p. 12!)).

M Balard m'a communiqué la formule d'une solution à imperméabiliser qui est d'une grande simplicité et que je reproduis ici parce qu'elle peut trouvi-r parfois son application utile. Elle se com|iose du ^l) grammes d'alun et de :>() grammes d'acétate de plomh dissous dans ôOit grammes d'eau. Une étofTe impréirnéc de c(!U.e liqueur devient imperméable tout en conservant sa llexibiliié. Mais il serait îi craiudrn que e t enduit s'écaillaut h bord ne disséminât dans l'air des poussières plombiques. 11 faut chercher ailleurs.

(4) Il est cependant certains travaux qui ne peuvent être effectués que les piod^ nus : le lava-re du pont est dans ce cas : h bord des navires de commerce, i-t surtout, des paquebots les maKïiots gardent ou Ôtent leurs bottes de mer p-iid;.nt le lavage. M. h oucaut ditavec rai-son h ce propos : « Se mouiller h-s pieds n e>1 r en ; rester avec les chaussures mouillées, c'est tout différent. » Je suis complétcir eut de cet avis (Foucaut, Arch. de méd.,t. VU, 100, t. VUI, 194).

mise par l'inflcxibililé d'une semelle qui paralyse le jeu de loules les articul.ilionsdu pied ; mais c'est 1;\ une aflaire d'habilnde, cl d'ailleurs nous n'avons pas vu que les malelols, surpris le dimanche dans leurs habils d'inspection, et par conséquent munis de souliers, parles exigences imprévues d'une ascension dans la mâture, s'en tirassent moins habilement qu'à l'ordinaire. Si, au contraire, on songe que les matelots peuvent éventuellement faire des expéditions et des marches à terre ; que les canotiers se blessent tous les jours sur des pierres ou sur des coraux, ou par l'introduction de corps étrangers(l)4 que l'exposition des pieds nus au soleil peut amener des érythèmes eu de véritables brûlures; que, l'hiver, descongélalionslocales sont possibles, oncomprendra tout l'avantage qu'il y a à donner aux matelots l'habitude de porter constamment des souliers (2). Seulement il faut que ceux-ci soient mieux faits qu'ils ne le sont d'ordinaire.

Les grandeurs de pied, et, par suite, les types de chaussure, sont compris entre trois ou quatre numéros qu'on emmagasine et qu'on distribue au fur et à mesure des besoins ; cr, il' n'est pas nécessaire d'être anatomiste (3) pour savoir que nulle partie du corps ne présente des différences

(I) M. Barthélémy a dressé, dans le travail que nous avons déjà cité, une statistique des contusions ou plaies contuses, réparties suivant leur siège et qui se produisent chez les matelots canonniers. Sur 121 lésions de cette double nature, 6S se montraient au pied 27 à la mai,, et 26 à la têto. Il rapporte qu'en 1866, M. Guillabert, chirurgienmajor du Sultren, pour diminuer la fréquence des contusions du pied, provoqua un ordre qui enjoignait aux matelots de porter des souliers pendant les exercices. Sans aucun doute la cliaussur* ne préserve le pied que contre les contusions légères, mais elle atténue la gravité des autres. M. Barthélémy a signalé la fréquence, et aussi la gravite relative, des durillons qui se développent par l'habitude de marcher piPds nus, durillons qui siègent au talon, à la plante du pied, au niveau de la tête du premier mé- TZTr^',- l'^s parties sous-jacentes, y déterminent la production d'abcès

e main lennent éloignes du service un bon nombre de matelots. La fréquence et la gravite de la piqûre de la plante des pieds par des éclisses de bois, des clous, du verre, =ostume"du mat'eTot ^^'^''^ rétablissement de la chaussure dans lé

/,i5lt*^7Ji!T•V''''^^''';"''^'* "P'^' ^"^ Ï'^P^^*' décrit, sous le nom de ma- ' s^aZrLt£ ' ""f caractérisée par la formation d'une sorte de durillon

deur Pt n r,""''' ^"'■"^^^''^ particulier est de s'étendre en profon"

i du nérios?p" nf • la longue des inflammations des bourses synoviales,

souven obs-v. .''^f l ^ '""'*'' ' ^«"^ bien

( fréonentP pt rf «™P'« ^ ^^'^ ^es navires : elle est

lévldèmment. ' ^ ''^^^^^'^^ ^« "^^^^l^^^" Pieds nus sur le pont y prédispose

; .'ulcèrp'.lp'r".'""^ '^'^ ruédecins de la marine, l'ulcère phagédénique des pays chauds a P, HP L "^'^ Gochinchine), favorisé d'ailleurs par des conditions géné-

' la mol. f^Pf'7°" nutritive, aurait son point de départ dans une lésion locale telle que ^Piqûîes fp ^''T''f ^^-'P'"' «""''^''«/^■^). de la chique (Pulex penelrans), le^

■'iZVL^^W^^^^^^ P'^''" moustiques, des excorialions

Vvoy. ire Ile, U/cere p/tayé/Zcuque des pnij.s- chauds).

'James DonnîpT.i'"''''^'^' rapports avec l'hygiène a sa littérature. Cowper,

ivPi ll^vT- P"P''^^^"«'«tc-' ont consacré des traités fort érudlts. Plus récemmon

S X ' rom"'/::rTVT"r'"' ? "^'^^""^ ^'^^'^^^''"^ - mé\~pé. cette question d'hSne et' ^'Jr'' '870) ont étudié

HMisso disa^U qm if tn sollt "'f' ' ^"'"^"^ mérite. Frédéric de

que it bon soldat se reconnaît au ventre et aux pieds. Cette formule

2i4 L'HOMME DE MER.

plus individuelles et plus nombreuses de conformation : la voussure du pied, sa largeur, sa longueur, sa forme, sont des éléments qui se combinent à l'innni pour produire des différences dont des souliers faits à l'avance ne sauraient évidemment tenir compte. Il faudrait que les chaussures des matelots fussent, autant que possible, faites sur mesure (1), que le cuir en fût flexible (2), et les semelles assez minces pour permettre aux pieds ses mouvements partiels principaux, et assez compactes pour que l'humidilé du pont ne les pénètre pas. Les souliers de toile goudronnée, que les voiliers se fabriquent eux-mêmes, remplissent à merveille ces condilions. Donner aux matelots qui marchent constamment sur un pont lisse et uni ces chaussures épaisses et lourdes qui doivent résister aux étapes du soldat, c'est évidemment rapprocher des besoins dissemblables. Nous regretterions d'avoir tant insisté sur un sujet si mesquin en apparence, si nous n'avions pas constamment en vue le but d'utilité qui nous a inspiré cet ouvrage, et duquel nulle aridité de détail ne saurait nous faire dévier.

§ 6. — Coiffure.

La coiffure du matelot appelle surtout des améliorations. Les influences climatériques auxquelles le soumet la navigation, non moins que la nature de ses travaux habituels, exigent en effet de sa coiffure des qualités diverses : tenir solidement à la tête, sans exercer sur le front et sur les téguments du crâne une constrietion circuilaire ; s opposer aux effets cabrifiques et lumineux de la radiation solaire ; l-ser entre son fond et le verlex une chambre d'air dont le renouvellement soit facile, tels sont les avantages que la coiffure de l'homme de mer doit réaliser. Voyons jusqu'à quel point celle dont il se sert les présente :

P Chapeau verni. - Nous nous ferions volontiers l'écho des reproches unanimes que l'on adresse au chapeau ciré nGir(3) qui représente tout à fait dans le costume du matelot le chapeau rond des citadins, et sem-

JL «lopp ni au couraee ni à la vertu militaire, s'applique en-

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(3)Le ™».i», -ilf'- f,"Si;'^;,^,:^^^^^^^ mais elles pouvaient

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ble, comme lui, n'être, ainsi que l'a dit spirituellement M. Lévy (1), « qu'une forme dégradée des armures dont nos guerroyants ancêtres se couvraient la tête», si une disposition récente ne venait de le suj)primer.

Nous ne saurions dire à quelle époque remonte l'introduction du chapeau verni dans la marine, mais tout notre respect pour les soaivenirs traditionnels qui plaident en sa faveur ne saurait nous cm[iôcher de faire ressortir ses inconvénients. Sa couleur noire était le premier de tous ; elle absorbait avec intensité le calorique solaire, raj/onniiit diflicilement le calorique de nos organes, et son bord, généralement un peu relevé, réfléchissait les rayons lumineux comme le ferait un miroir, et les dirigeait directement sur les yeux; d'un autre côté, son fond était tellement bas qu'il touchait au sommet de la tête et lui transmettait une chaleur dont aucune couche d'air intermédiaire n'affaiblissait l'intensité ; de plus, la dureté, comme ligneuse, du pourtour de sa cuve ne se prêtait nullement aux inflexions de l'ovale que décrit le cî âne (2), et ce chapeau ne se maintenait sur la lête qu'à la condition de contractions musculaires fatigantes ; son poids enfin n'était pas la moindre de ses conditions désavantageuses. Nous avons fait faire jadis plusieurs pesées de chapeaux vernis : le poids minimum a été de 450 grammes, le poids maximum de 600 grammes. Ces chiffres contrastent avec ceux qui représentent les poids des chapeaux de soie ordmaire, poids que nous avons trouvés renfermés entre les limites de 175 grammes et de 200 grammes. Le mode de fabrication des chapeaux vernis des matelots rendait compte, au reste, de cette pesanteur effrayante. Ils étaient faits avec une paille ronde cousue très-serrée ; des couches de peinture appliquées successivement les unes sur les autres, recouvraient la paille eteffaçaient complètement ses rugosités quand le chapeau avait atteint son dernier vernis. Quelques matelots faisaient donner une couche de peinture intérieure pour garantir les fils contre l'action destructive de la perspiration cutanée. Le prix de ce chapeau variait de 8 à 15 francs, selon le Uni du vernis et le nombre des couches de peinture; il est vrai que sa durée était en quelque sorte illimitée.

J'ai décrit ainsi les modilications qu'il conviendrait de faire subir ;\ cette coiffure. «La cuve est trop basse, elle n'excède presque jamais 7 à 8 centimètres; on pourrait l'élever de 2 centimètres au moins et la percer en deux points opposés par un bouton perforé analogue à ceux des shakos d'infanterie, afin d'avoir deux ventouses qui puissent assurer le renouvellement de l'air. Les ailes sont de 0'",08 ; on pourrait les élargir jusqu'à O'^jlO, les rendre à peu près horizontales et peindre en vert leur

(l)M. Lévy, Traité d'hyçf. privée et publique. 5» édit. Paris, 18G0, t. H. :2) Il n'était pas rare de voir survenir sur le front des kystes volumineux qui tenaient k la pression arculaire exercée par les chapeaux vernis.

face inférieure (1). Nous croyons que pour les chapeaux vernis, comme pour le reste du cosUime, il serait opportun que l'adminislralion se chargeât fies achats ou de la confection. Sans doute on peut oi)jecter à ces récriminations que le chapeau noir est remplacé dans les pays chauds [-2) p tr un chapeau de paille dont l'usage est autrement avantageux; mais cette substitution ne se fait pas en un seul jour, et, soit difficulté de se procurer la paille nécessaire, soit négligence, il arrive souvent que, deux ou trois mois après avoir franchi les tropiques, les matelots en sontencore réduits à leur chapeau noir (3). Voilà sans doute beaucoup de mots pour une question bien futile en apparence ; mais l'hygiène n'est que la résultante d'une multitude de faits de détail, et cette étude, pour triviale qu'elle paraisse, peut, en réalité, rapporter plus de bien-être au matelot que bien des considérations générales et savantes sur l'atmosphère maritime, l'assuétude aux climats chauds et autres questions élevées d'hygiène philosophique. In parvis utililas.

IP Chapeau de paille. ~ Le chapeau de paille, quelque mal confectionné qu'il soit, vaut incontestablement mieux que le chapeau verni dans les latitudes chaudes; il est plus léger; l'air circule aisément dans les interstices de sa tresse ; sa couleur défend mieux la vue contre l'agression d'une lumière éclatante; sa flexibililé lui permet de s'adapter au contour de la tête, et le peu de conductibilité de son tissu pour le calorique atténue l'action de la chaleur solaire.

Peut-être encore, pour le chapeau "de paille, vaudrait-il mieux que l'État se chargeât de sa fabrication, au lieu d'en remettre le soin au matelot lui-même; beaucoup, par paresse ou par inhabileté, ne se

(1) Les modifications que nous proposions ainsi, quoique bien légères en apparence étaient cependant de nature à rencontrer dans l'application des difficultés trèsréelles Il importe, en effet, de ne pas oublier que la coiffure du marin, entre autres conditions qu'on peut en exiger, ne doit apporter par sa hauteur aucune gêne pour la circulation dans des batteries ou des faux ponts peu élevés (la hauteur des batteries actuelles éloigne cet inconvénient) et que la trop grande largeur des ailes du chapeau serait un empêchement au maniement du fusil, tant il est vrai que les exigences mu t,pies de la navigation opposent des obstacles aux réformes par ailleurs les plus simples

et les plus désirables. ' , .,, i n-

(2) Pendant les quarts de jour en rade l'usage du chapeau de paille pour les ofliciers n'est qu'une tolérance ; il serait k désirer- que les règlements sur l'uniforme autorisass >n cette coiffure qui est indispensable dans les pays chauds. Je proposerais aux d ape ers de nos ports de mer de réserver à la jonction de la cuve et du bord deux ouvCures par lesquelles passeraient deux languettes à boutonmère d un couvre-

^que en loue bllnche à forme trapézoide Ces languettes ^^^'^^^^'^ l^'tons ménagés h cet effet, et de cette façon le couvre-nuque laissant libre la partie pos térieure des ailes du chapeau s'appliquerait directement sur 1 occiput

(3) L'ancien chapeau vernis a été remplacé par un chapeau '^"f ^^^"'^^f .^^^ vernis noir dont le poids était de 130 grammes, dont les ailes plates étaient mûmes le 3 ux v touses ; l'ispect de ce ch.peau était peu gracieux, il était d une durée mé- Uocre Le problème d'une coiffure commode et économique pour le matelot n était pas .mcore résolu. Voilà que ce chapeau vient, comme l'autre, de disparaître de la composition du sac réglementaire.

munissent de ce chapeau que tardivement, et l'appât d'une récompense devient souvent insuflisant à stimuler leur zèle. M. Leroy de Méricourla fait à ce sujet, une réflexion pratique qui a sa valeur. « 11 seraità désirer, dit-il, que les bâtiments qui parlent pour de longues campagnes dans les pays chauds eussent, au départ, une certaine provision de paille à faire des chapeaux qu'on livrerait aux hommes pendant la traversée. 11 serait facile de s'en jirocurer dans plusieurs de nos colonies, surtout k Cayenne. Il n'arriverait plus qu'une année entière s'écoulât avant que l'équipage pût être débarrassé de ce chapeau noir qui a ses avantages, mais qui a aussi ses inconvénients dans les pays à haute température (1). » Nous nous associons à ce vœu dont nous avons souvent apprécié toute la justesse.

IIP Bonnet de travail — Le bonnet de travail est la coiffure qui convient le mieux au matelot, pour l'hiver de nos climats et pour toutes les saisons des latitudes septentrionales ; c'est aussi celle que l'instinct de son bien-être lui fait affectionner de préférence ; c'est en quelque sorte sa coiffure de maison, et qui réalise, comme le bonnet grec dont les citadins font usage chez eux, le triple avantage d'être très-légère, trèschaude, et de s'adapter exactement à la tête; tout au plus pourrait-on lui reprocher de se laisser imprégner d'eau et de ne défendre en rien le crâne contre le choc des objets qui tombent de la mâture (2). Mais nonobstant ces défauts et celui d'une forme à laquelle l'esthétique militaire peut, à la rigueur, trouver à redire, c'est une coiffure avantageuse, et elle le devient d'autant plus que le matelot en fait une sorte de soute à son usage personnel, et que l'interposition des objets qu'il y accumule prévient à merveille le danger des insolations.

Quant à l'usage du bonnet de travail dans les pays chauds, fût-il môme recouvert d'une coiffe blanche, ainsi que cela se pratique dans quelques stations je ne saurais le considérer comme inoffensif. iM. Fournier, médecin de la division de l'océan Pacifique, adresse à celte coiffure le reproche d'être lourde, de n'abriter ni le cou, ni la face, d'échapper par son enveloppe à l'examen de l'inspection de propreté et enfin de ne pas compenser ces inconvénients par ses avantages esthétiques qui sont en effet médiocres. Le chapeau de paille est véritablement la seule coiffure qui convienne aux pays chauds (3).

(1) Leroy de Méricourt, Thèse citée.

(2) M. C. Barthélémy a réuni les principaux cas de blessures par épissoire tombée de la mâture, entre autres celui de la Jeamie-ffAïc, dans lequel l'épissoire pén<^tra dans la poitrine et ouvrit l'artère pulmonaire; de l'Hercule dans lequel un matelot eut le pied traversé de part en part, cloué en quelque sorte ; de la Zénu/Ae dont l'un des matelots eut, par un accident de ce genre, une plaie pénétrante du crâne. (C. Barthélémy, Etuf/e.'i S'ir la na'ure et les causes des lésions trnuniatiqws à b rd des bdlimetds de guerre ivivanl les profesnons {Arc'i. de méd. naval., IStkS.'t. III, p. 107).

(3) Foiirnier, l\iipp m.f'.d. de la campagne de la frégtde la Flore dans l'océan Pacifique de 1870 « 1872 (Gollect de Brest). — M. Fournier a vu des matelots remplacer le bonnet de laine par une cuill'ure en toile de leur fabrication et qu'ils recouvraient de la coilTe blanche ordinaire.

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