VÊTEMENTS DES OFFICIERS
Les officiers n'étant aslreints qu'à une uniformilé extérieure de costume, peuvent, à leur gré, varier les manières de se vêtir suivant les conditions climatériques auxquelles ils sont exposés, et l'omission des règles de l'hygiène leur est imputable à négligence. Nous ne ferons que leur signaler la nécessité, pour les pays chauds, de se munir d'une ample provision de drap léger, qui, une fois l'assuétude acquise, se portent sous toutes les températures avant et après le coucher du soleil, et dont l'usage constant est une des plus utiles précautions de l'hygiène de ces campagnes.
Le laisser-aller des relations intimes du carré et des chambres autorise, au contraire, dans ces parages, l'usage des pantalons flottants et de ces vestes blanches que les créoles affectionnent de préférence, et sans lesquelles la réunion des repas serait véritablement intolérable. Dans l'intérieur des cabines, le sans-gêne du costume n'a, bien entendu, de limites que celles du malaise, et, pour peu qu'on ait stationné sousles tropiques, on sait si celles-ci sont reculées.
La coiffure des officiers appelle aussi quelques considérations d'hygiène. La casquette est commode, n'offre aucune prise au vent, sa visière fournit aux yeux un abri très-opportun ; mais comme le bonnet de travail du matelot, ce n'est ni une coiffure de soleil ni une coiffure de pluie ; son plus grand avantage est certainement son extrême commodité. Nous recommanderons aux officiers qui vont faire campagne dans les pays chauds de modifier leurs casquettes en vue des exigences de ces climats. La chute de la visière doit être ménagée, afin qu'elle ne s'applique pas sur le front, et ne lui transmette pas directement la chaleur que sa couleur noire lui fait rapidement absorber; sa face concave devrait toujours être verte. Il y a grand avantage à ce que la cuve soit élevée; les 0",04 qu'on lui donne habituellement pourraient être portés jusqu'à 0"',06 et dans le point oii cette cuve de carton se joint à la jupe, l'art du chapelier ménagerait avec avantage de chaque côté un œillet qui serait à peine visible et assurerait le renouvellement de l'air intérieur. Si nous ne craignions pas de ranimer un débat aussi ardent que celui qui divisa jadis les habitants de Blafescu et ceux de Lilliput, nous établirions entre l'ancienne casquette à baleine et celle à fond détendu un parallèle dont la conclusion serait tout à l'avantage de la première. La baleine circulaire qui entoure le fond donne en elfet à celuici une rigidité qui agrandit la chambre d'air, lui fait déborder la cuve de 0"',05 environ et fournit aux parties latérales de la face, à l'occiput et au cou, un abri très-avantageux contre les coups de soleil. Nous ne
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ferons que signaler ces casquettes excentriques dont le fondât la visière sont réduits à leur minimum et qu'un britannisme fashionable porte Quelquefois à adopter; le bon goût et les règlements se mettent fort heureusement du parti de l'hygiène pour en proscrire l'usage. N'omettons pas enfin de dire que la coiffe intérieure des casquettes au heu d'être de soie rembourrée de duvet, de chanvre ou de coton, doit plutôt être faite de cuir, et qu'une lame de tissu de crin s'interposerait avantageusement entre cette doublure et le fond. L'habitude anglaise des coiffes blanches, avec couvre-nuques de môme couleur, est une excellente précaution contre les coups de soleil, et il serait désirable qu'elle s'introduisît dans notre marine.
Le chapeau monté, dit habituellement tricorne, mérite peu de ménagements ; il est lourd, incommode, ne tient que médiocrement à la tête, et s'il protège efficacement contre le soleil quand celui-ci est au zémth, il livre sans défense à ses rayons obliques les deux côtés de la face et appelle les insolations. Son usage est heureusement moins habituel que la casquette. Nous ne proposons aucune modification pour ce chapeau, et nous avons garde d'oublier que là où l'hygiène se montre trop pertubatrice des habitudes reçues et des usages établis ses réclamations perdent nécessairement toute autorité ; aussi nous abstenons-nous. 11 y a quarante ans l'usage de porter dans les colonies, avec l'uniforme, des chapeaux de soie noirs, ou gris, était assez répandu parmi les officiers étrangers. Ce singulier bariolage montre au moins quel cas on fait instinctivement, sous les tropiques, d'une coiffure qui laisse entre la tête et le fond une chambre d'air spacieux.