‹ Traite d'hygiene navaleChapitre 65 sur 224 · VIBRATIONS ET BRUIT · texte numérisé non relu

VIBRATIONS ET BRUIT

Le bruit, quand il est intense et répété, est un modificateur physiolo- ; gique des plus puissants (1), et en aucun endroit plus qu'à bord d'un 1 navire il n'atteint une intensité aussi préjudiciable à la santé générale et

■ à l'intégrité fonctionnelle de l'ouïe. Si l'on songe, en effet, que Fac- (cumulation d'un nombre très-considérable d'hommes aux habitudes I bruyantes dans un espace assez restreint, la multiplicité et la confusion (des ordres proférés à haute voix, les bruissements de la mer, le siffle-

1 ment du vent dans les agrès, le jeu des clairons et des tambours, les détonations répétées de l'artillerie, les exercices, sont des causes inces-

■ santés de production de bruit à bord d'un navire; si, d'un autre côté, on envisage les puissants moyens de renforcement qu'il rencontre : à savoir, compartiments pleins d'air et séparés les uns des autres par des cloisons

! horizontales qui leur transmettent le son comme le font les tables de certains instruments à cordes; propagation de celui-ci par un système

exitœ'ÏJ°îfrnntT';J"'''l^ sui- l'influence que le bruit

Park lR^n PI r i ^'^"'^^ d'hycjiène et du bien-être domestiques.

' ^'Vd- assainissement des villes. Paris, 1874, p. 199).

de corps solides partout continu à lui-môme, si, disons-nous, on rapproche ces conditions les unes des autres, on se rend aisément compte de l'intensité des vibrations sonores à bord d'un navire, et l'on est porté à ne plus dédaigner cet élément d'éliologie morbide.

Certains bâtiments sont plus mal partagés que d'autres sous ce rapport, tels sont les navires en fer, dans lesquels les chocs extérieurs retentissent avec force, ceux mus par la vapeur (1), ceux dont les ponts et les murailles sont d'une épaisseur peu considérable, ceux dont les ponts sont en fer (2). Tels logements sont aussi plus exposés au bruit que tels autres, comme les chambres des dunettes, celles de la batterie haute, l'hôpital des frégates et des vaisseaux de second rang, les cabines du faux-pont des navires à batterie-barbette, etc.

§ 1". Influence sur l'ouïe.

L'influence préjudiciable d'un bruit très-intense, soit durable, soit brusque, se traduit de deux manières différentes: ou par des altérations de l'ouïe, ou par des modifications nerveuses générales.

A la longue, le séjour des navires, principalement chez les personnes sédentaires qui vivent dans leur chambre et se livrent à des travaux d'esprit plutôt qu'aux occupations agissantes du pont, détermine un certain degré d'obtusion de l'ouïe ; ce sens perd sa finesse, n'entre plus enjeu qu'à l'occasion de bruits intenses, et une dysécée, qui peut devenir permanente, en est le résultat. Les détonations brusques et réitérées du canon dans l'air confiné des batteries produisent assez souvent des saignements d'oreilles, indice d'une déchirure du tympan, ou des bourdonnements incommodes, et si le phénomène se reproduit souvent, l'ouïe peut en recevoir une atteinte irrémédiable; c'est principalement sur les écoles d'artillerie, à bord des navires spéciaux, telles que canonnières, bombardes, batteries flottantes, que ces accidents fâcheux^sont principalement à craindre, et ils le deviennent bien plus aujourd'hui, que les pièces d'artillerie prennent des proportions de plus en plus colossales.

Les chargeurs qui ont le corps en dehors au moment oîi la pièce voisine fait feu, sont surtout exposés à ces commotions. M. Barthélémy, qui a étudié avec tant de soin l'influence des conditions professionnelles des diverses catégories de matelots sur la production des lésions chirurgicales, considère la rupture du tympan comme assez rare chez les

m Sur tous les bateaux à vapeur, le tirage de la cheminée et l'émission de la vapeur par les tuyaux de décharge, la trépidation lorsque -}'f'\Tl^^^^^^^^^ Le cause de bruit, importune par sa continuité et son intensité, et on a peine à entendre sur le pont. Ce sont surtout les bateaux à haute pression qui ont cet inconvé-

nient (Flamme, Grenade). , ,,, u„>jx j„ unio .

(2) Le pont supérieur de l'Océan est en fer , la tôle est doublée d ^o f é de bois le plancher du deuxième faux-pont est en fer et recouvert en bois, sauf dans le réduit où le fer est à nu, etc.

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