‹ Traité d'hygiène publique et privéeChapitre 129 sur 371 · LECANU. BECQUEREL. BOUCHARD AT. GAVARRET · texte numérisé non relu

LECANU. BECQUEREL. BOUCHARD AT. GAVARRET

Hommes adultes 88,4 17,54 -25 à 30 11

Enfants de 8 ans 13,5 — — 5

Femme menstruée 19,1 15,58 — (i,3

Vieillards 18,1 — — 7,4

L'urine des enfants allaités contient très peu d'urée.

On peut voir, par les nombres inscrits dans le tableau précédent , qu'il existe une relation évidente entre la quantité d'urée excrétée dans les vingt-quatre heures et la quantité de charbon brûlé. La quantité d'urée excrétée est assez constanle chez le même individu en santé et suivant un régime uniforme; elle constitue alors à peu de chose près la moitié des matériaux fixes de l'urine de vingt-quatre heures.

Dosage de Vurèe. — Pendant longtemps on a déterminé la quantité d'urée en la transformant en nitrate, et en admettant que ce sel renferme 48,8 d'urée. J'ai donné dans mon ouvrage sur la glycosurie (p. xxv) une notice étendue sur les divers procédés employés pour doser l'urée, notice rédigée par mon fils, G. Houchardat; j'y renvoie.

Origine de l'urée. — Elle existe dans l'urine, dans les eaux de I amnios, dans l'Iiumeur vitrée, dans les liquides des kisles, dans la sueur, dans le lait, dans le chyle, en quantité notable dans le sang des albu-

UUINES. — URÉE. *03 minuriques, et en très petite proportion dans tous les autres liquides ou solides de l'économie. Prévost et Dumas ont démontré que l'urée n'était pas formée dans les reins. On admet généralement que ce principe immédiat résulte de l'oxydation des matières azotées complexes du corps des animaux, et que cette oxydation s'effectue dans les capillaires.

Cette opinion me parait inadmissible. Si quelque chose peut nous éclairer sur l'origine de l'urée, c'est l'examen de l'urine dans certains états pathologiques bien déterminés. C'est la voie que j'ai suivie pour résoudre cette importante question (Annuaire de thérapeutique , 1867, et notes de mon Traité de diabète sucré, p. xxxv). J'ai examiné les conditions principales de l'augmentation de l'urée : 1° par alimentation azotée trop abondante; 2° chez les glycosuriques au régime animal ; 3° dans les accidents de goutte rétrocédée; 4° par la transformation de divers principes azotés : urates, créatine, alloxane, etc. ; 5° chez les malades atteints d'ictère de cause morale; 6° chez les glycosuriques non soumis au régime.

Si l'on veut bien étudier et comparer les faits que je rapporte de l'augmentation si considérable dans la production de l'urée dans l'ictère non fébrile de cause morale, et dans la glycosurie coïncidant avec une diminution dans les phénomènes de la combustion respiratoire, on arrive à cette conclusion que l'urée n'est point produite par l'oxydation des matières protéiques de l'économie, mais par leur dédoublement. Les matériaux qui servent à la calorification sont la glycose, les matières grasses et quelques-uns des principes immédiats de la bile. Dans quel organe se produisent les dédoublements qui donnent naissance à l'urée?

Il est très vraisemblable que ces transformations ont lieu dans des organes divers, suivant la nature des matériaux mis en œuvre.

Si l'on s'en tenait aux faits d'augmentation si considérable dans la proportion d'urée excrétée dans les cas d'ictère de cause morale, on serait en droit de dire que c'est dans le foie que s'opère cette formation. Si l'on étudie le phénomène de la production de l'urée chez les glycosuriques fortement atteints , on est porté à conclure que le pancréas, les autres glandes diastasiques, normalement ou par perversion , et le foie, sont les organes fournissant les ferments qui opèrent la transformation.

Si l'on a principalement en vue la formation exagérée de l'urée dans les cas d'accidents de goutte rétrocédée, on doit voir un dédoublement des urates dans les capillaires sous l'inûuence de l'oxygène.

Si, d'un autre côté, on considère que l'urée se trouve en plus grande proportion dans le chyle et dans la lymphe que dans le sang, on peut penser que les glandes ou ganglions lymphatiques contribuent à ces transformations. Quelques observations incomplètes après l'extir-

pationdc la rate chez les chiens pourraient encore être invoquées pour

cette étude.

On voit que bien des organes de l'économie peuvent jouer un rôle direct ou indirect dans les phénomènes de la production de l'urée; mais tous les laits pathologiques bien observés nous amènent à conclure qu'elle ne résulte pas d'une oxydation des matériaux protéiques, mais de leur dédoublement.

Tout ce que nous savons des propriétés des principes immédiats qui interviennent dans la composition du corps de l'homme, nous autorise à penser que les matières protéiques sont beaucoup moins aptes à être brûlées dans l'économie, que la glycose et plusieurs des matériaux de la bile.

Sans vouloir prétendre que des actions chimiques analogues se passent absolument de la même manière dans nos capsules que dans l'organisme vivant, il ne faut pas cependant méconnaître certaines parités pour invoquer de mystérieuses actions s'exécutant sous l'influence du système nerveux, delà vie, ou d'autres mots dont on se contente trop facilement.

Gravelles. — Calculs urinaïres. — Goutte. — (Polyurique, Oxalurie, Cystinurie, Phospliypostase). — Les graviers et les calculs urinaïres sont des maladies fréquentes. L'observation attentive prouve qu'elles sont plus communes dans certaines contrées que dans d'autres. Ces affections atteignent tous les âges et toutes les classes de la société. Elles étaient beaucoup plus redoutables autrefois qu'aujourd'hui, grâce à l'admirable conquête chirurgicale de la lithotritie. J'ai la ferme espérance qu'en éclairant leurs causes, qu'en vulgarisant les premiers signes de leur atteinte, ces maladies deviendront de moins en moins dangereuses, et qu'on s'en débarrassera facilement, grâce au progrès de la prophylaxie et de la thérapeutique hygiénique éclairées par la chimie et la physiologie.

Je ne fais qu'effleurer un sujet immense; mais je sais si bien que je ne pourrai en approfondir toutes les parties, que je n'ai nulle peine à exposer des vues d'ensemble qui, pour être développées, pourraient suffire à toute une vie de recherches. Ce qui va suivre a pour base mes méditations et mes études sur un sujet qui m'occupe depuis plus de trente ans, et de nombreuses observations que j'ai pu recueillir sur un grand nombre de malades qui sont venus me consulter.

Disons d'abord que l'histoire des gravelles comprend une série d'affections les plus distinctes qu'il faut absolument séparer, si l'on ne veut s'exposer aux plus déplorables confusions. Ajoutons, et ceci a une plus grande importance, que c'est absolument méconnaître la portée de ce

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