II. — PEAU
Fonctions et excrétions de la peau. — L'étude des excrétions de la peau a une très-grande importance en hygiène, parce que l'amoindrissement ou la perversion de quelques-unes de ses fonctions est la cause principale ou accessoire d'un grand nombre de maladies. Parmi les maladies aiguës, notons celles qui sont déterminées par le refroidissement non suivi de réaction, dont nous parlerons dans la division de l'ouvrage consacrée à la chaleur. Parmi les affections chroniques , le cancer, la scrofule, la bronchorrhée, la diarrhée séniles, l'albuminurie, etc. , se rattachent par des côtés intéressants à la perversion, à l'amoindrissement des fonctions delà peau ou de ses annexes: enfin les maladies si diverses qui atteignent te tégument externe , modifient profondément ses fonctions.
L'hygiène de la peau est très-compliquée, parce qu'une foule de modificateurs peuvent agir sur elle. Nous possédons également des moyensvariés, puissants, pour animer et modifier ses fonctions. Les excrétionsprincipales de la peau sont : 1° la sueur et la transpiration insensibles : -2° la matière sébacée ; 3° les matières épidermoïdales (cellules de l 'épiderme, poils, ongles, amidon , etc.). Voici l'ordre que nous allons suivie : Nous dirons quelques mots sur l'anatomie et la phvsiologie de la peau, nous étudierons ensuite les principales maladies qui peuvent être déterminées par l'amoindrissement, la perversion, la négligencé de
soins; nous jetterons un coup d'œil général sur l'étiologie des maladies de la peau, et enfin nous arriverons à l'étude des modificateurs (frictions, massage, bains, hydrothérapie, cosmétiques, etc.).
Chez l'homme adulte , la peau occupe en moyenne , en superficie, 1 mètre 1/3 carré. On distingue le derme ou chorion, l'épidémie et ses dépendances. Le substratum est un tissu fibreux élastique fournissant de la gélatine par sa décoction avec l'eau. Les papilles sont constituées par les ramifications nerveuses comprenant les nerfs de la sensibilité, ceux de la vie organique qui président aux décompositions chimiques , aux phénomènes de la calorification, puis enfin les nerfs du sens spécial du toucher. Les vaisseaux sont constitués par des vaisseaux capillaires, artériels, veineux, lymphatiques, dont le rôle est des plus importants par leur étendue et leur spécificité. Mentionnons les 400 000 glandes sudorifères découvertes par Stenon et si bien étudiées par Breschet, par Sappey, organes excréteurs de la transpiration insensible, de la sueur. Les glandes sébacées sécrètent une matière grasse néces saire pour donner de la souplesse aux poils et à 1'épiderme. Enfin les bulbes pileux, organes producteurs des poils, appartenant au derme par l'origine et à l'épiderme par le produit d'excrétion. L' épidémie est constitué par des résidus ou des excrétions. Un liquide muqueux apparaît d'abord à la surface du derme , en rapport avec les capillaires et les glandes ; puis, par des transformations successives, se montrent le corps muqueux, les cellules naissantes à noyaux, les cellules pigmentaires ; ces dernières ne sont pas sans analogie avec le bulbe pileux. En dernier lieu se forment les cellules anciennes à lamelles , qui se renouvellent incessamment, ainsi que les ongles et les poils. Toutes ces productions présentent une grande analogie de composition avec les cellules épilhéliales. Ce sont des matières albuminoïdes modifiées contenant plus de soufre, plus de fer, plus de sels que l'albumine du sang, et remarquables par leur insolubilité dans l'eau contenant un à deux millièmes d'acide ch loi-hydrique.
Les propriétés physiologiques de la peau sont des plus variées, comme doivent l'être celles d'un appareil aussi complexe; elles se rapportent : 1° à la protection des autres organes, nous en parlerons plus loin, en traitant des excrétions épidermoïdales ; 2° à la fonction tactile, qu'il est si important de maintenir active, pour conserver l'énergie des transformations qui s'exécutent dans le derme, et pour prévenir l'anesthésie : l'électricité, les frictions, le massage, sont les armes que nous employons pour atteindre ce but ; 3° à la calorification : nous traiterons celle question dans la division consacrée à la chaleur; 4° à l'absorption : elle est douteuse, exceptionnelle; les frictions mercurielles, l'absorption de la pommade au sulfate de quinine au creux de l'aisselle, de I'iodure de potassium entraîné dans un jet de vapeur à 38 degrés (Bremond), éla-