ÉLIMINATION GRASSE. — SUEUR
Missent à la fois la possibilité de cette absorption et sa faible puissance; dans un bain d'eau elle est nulle ou peu s'en faut, comme Ilomolle l'a démontré; 5° à l'élimination grasse; 6° à l'élimination amyloïde; 7° à l'élimination sudorale; 8° à l'élimination épidermoïdale. Nous allons nous arrêter sur ces quatre derniers points.
Élim ination grasse de la peau. — Les follicules (glandes sébacées) ont été étudiés par llugier, Robin, Sappey. Ils sont en rapport avec les bulbes pileux; ils sécrètent un corps onctueux, gras, dans lequel Lutz a trouvé des acides oléique, stéarique, de la soude, de la potasse, de la cholestérine, de l'albumine. Ce corps sert à oindre la peau, les poils et à l'excrétion de la cholestérine. Chaque poil a ainsi deux organes lui fournissant la pommade nécessaire à sa conservation. Quand les cheveux sont longs, très-abondants, cette perte de matière grasse peut contribuer à affaiblir. L'administration de l'huile de foie de morue, d'un ferrugineux, répare cette exagération de perte.
L' élimination amyloïde a été démontrée par Luiz et Rouget. Cette matière peut jouer le rôle de la farine de riz, pour absorber la graisse éliminée en excès et servir ainsi à la conservation des poils.
Sueur, transpiration insensible {élimination aqueuse). — L'élimination aqueuse est très-variable pour la quantité. Sous l'influence de l'exercice elle augmente; elle est alors en rapport avec l'intensité des phénomènes chimiques se passant à la périphérie : c'est le modérateur de la chaleur animale. Elle est très-faible dans la polydipsieetdans la glycosurie intense. On a cherché à évaluer sa quantité; on a dit qu'elle était de 1 gramme par minute, 1 kilogramme et demi environ dans les vingt-quatre heures. Cette quantité, qui est variable à chaque instant, suivant les conditions où l'on est placé, me parait trop élevée pour une moyenne. Les principales conditions d'accroissement sont l'exercice, l'élévation de température à la périphérie, la lièvre, les sueurs nocturnes des phthisiques. Les conditions de diminution sont : l'abaissement de température à la périphérie, le repos, l'inanition, la polydipsie, la glycosurie intense, l'albuminurie chronique. On a exagère le rôle de l'élimination sudorale comme moyen d'excrétion. On va voir, en examinant l'analyse suivante, due à Favre, combien elle renferme peu de matières fixes pour 1000 grammes :
a»m1'VJ/w: 905-5733 Acide lactique, lactatc de soude
ÎL? , qUC; hydr0tal° de et de potasse 0,3171
M t P0USSC ï'5623 Albuminates alcalins 0 0050
l T:TTS 0'0136 Chlorure de potassium 0 2137
bulfates alcalins nntiç m • . i r ■ . .
Chinpnraa Aa c„,r U'l,ub Phosphates alcalins, phosphates
liMOrures ue sodium 9 aqnr, „i i- . 1 . •
jjr£c alcalino-terrcux, sels calcai-
0,04-28 res, débris d'épithélium 0,0002
La sueur contient moins de 4 grammes et demi pour 1000 de prin-
cipes immédiats solides, dont il faut défalquer plus de 2 grammes de sels divers. 11 reste à peine 2 grammes de matières organiques, parmi lesquels il faut compter l'acide sudorifique, l'urée, les graisses, les matières épithéliales, dont le rôle est très-effacé. Les bases sont : la soude, la potasse et la chaux, les acides chlorhydrique, phosphorique, lactique, sudorique, et les acides gras volatils. La présence de ces derniers acides, non accusée dans l'analyse de Favre, l'est bien par l'odeur spéciale de la sueur des travailleurs. La formule de l'acide sudorique dans le sudorate d'argent est de C10Il8Az013 Aq. Le nombre des équivalents est le même dans les acides urique, inosique et l'oxyde xantique. La sueur possède une réaction acide. Aux pieds et aux aisselles elle est souvent alcaline. Par le peu de principes immédiats solubles que la sueur contient, par leur innocuité, on comprend le vide des .théories humorales qui attribuaient un rôle de dépuration considérable aux excrétions sudorales exagérées. La suppression subite, ou même chronique, de la sueur peut être la cause ou l'indice de plusieurs maladies, comme nous allons le dire ; mais ce rôle ne peut être attribué au défaut d'élimination de substances nuisibles.
La transpiration insensible suffisante est un meilleur indice de santé que les sueurs abondantes. Quand elle est régulière, c'est un critérium de la force; par son excès, la sueur affaiblit; elle est l'indice de l'exagération et de l'irrégularité du travail organique. 11 faut se délier des sueurs et des transpirations supprimées. La suppression brusque est souvent suivie de phlegmasies du refroidissement. La suppression habituelle accompagne ordinairement la glycosurie, l'albuminurie chronique, etc. On a noté des modifications dans la nature de la sueur : visqueuse, sucrée, médicamenteuse.
Productions épidermoïdales. — Épidémie. — Les cellules de l'épiderme, de Pépithélium, le mucus, les matières cornées, les poils, diffèrent surtout de l'albumine du sang et de l'œuf par leur insolubilité relative. D'après les analyses, les proportions de soufre et d'oxygène y sont très-légèrement plus élevées que dans l'albumine. Outre leur rôle d'organe protecteur, à un certain point de vue je les considère comme des résidus insolubles des transformations des matières protéiques destinés à être éliminés de l'économie. Comme dans la cystine et dans l'acide choléique, le soufre semble s'y accumuler, mais en proportion relativement faible.
composition comparative DB L'ÉPIDÉMIE Et DE L'ALBOUNS (Schcrcrï.
Bptdonnei
Carbone 50,24
Hydrogène '"',81
Albumine
PRODUCTIONS ÉPIDERMOÏDALES. 439
Epujorme. Albumine.
Azote 17,22 15,72
Oxygène, soufre 25,63 23,52
Analyse de l'épiderme (Jonhg). — Matière cornée, 93. — Substance gélatiniformc, 5.
— Graisse, 0,5. — Sels, perte, 1,5.
Toutes les matières épidermoïdales ont une analogie d'origine ; ce sont des exsudations plastiques du derme. Les productions épidermoïdales protègent les organes qu'elles renferment contre le froid et les .autres agents extérieurs; elles s'opposent à l'absorption des gaz, des liquides et des solides délétères. Beaucoup de substances en apparence inolïensives deviendraient éminemment dangereuses sans la protection de l'épiderme. De l'eau acidulée avec un ou deux millièmes d'acide chlorhydrique ou d'un autre acide, en contact avec les organes que l'épiderme renferme, les dissoudrait s'ils n'étaient garantis par cette couche insoluble. Les circonstances principales qui augmentent la quantité des productions épidermoïdales sont l'âge viril et une irritation locale provenant de percussion ou de frottement réitéré. Dans les travaux professionnels on remarque cette production épidermoïdale s'exagérer : à la malléole externe chez les tailleurs, à la rotule chez les boulangers, à la partie antérieure et postérieure de la cuisse chez les cordonniers. Le travail corporel, les bains, les frictions, le massage, les pratiques de l'entraînement du pugiliste, augmentent l'excrétion de l'épiderme; le rasoir employé chaque jour, la coupe régulière des cheveux, accroissent la production des poils. Les lichens et les eczémas chroniques sont deux voies actives d'éliminations épidermoïdales qu'il faut quelquefois respecter, surtout dans la vieillesse, quand ces excrétions sont fortement amoindries sur les autres parties du corps. De même qu'il existe une relation, une loi de balancement, entre la production de l'urine et celle de la sueur, de même il en existe une entre la production des cellules épithéliales et les productions épidermoïdales. Quand ces dernières diminuent les autres augmentent, c'est alors qu'on observe ces bronchorrhées chroniques, ces cystites, ces diarrhées, ces flux muqueux si communs dans la vieillesse ou chez les femmes indolentes. Si ces résidus ne sont pas éliminés par les muqueuses, ils peuvent contribuer a la formation des tumeurs scrofuleuses, cancéreuses ou tuberculeuses.
Influence pathogénique de l'insuffisance des fonctions de la peau.
— Les maladies qui peuvent être déterminées par l'amoindrissement, la perversion des fonctions de la peau, la négligence des soins qu'elle exige, sont nombreuses; elles ont été observées ou pressenties dans tous les temps. Je vais rappeler quelques exemples que l'histoire nous a fait connaître et quelques autres que nous pouvons observer dans des circonstances particulières. A Athènes, à Rome, le luxe des bains, toutes
les pratiques auxquelles les baigneurs se soumettaient, témoignent assez combien les anciens attachaient d'importance à maintenir l'activité des fonctions de la peau. De l'eau à différentes températures, des frictions avec des instruments variés, des étrilles en os et en écaille, l'emploi de la farine de lupin, du savon gaulois, de la terre glaise, des massages prolongés avec de l'huile parfumée (Michéa, Union médicale, 10 avril 1856) : voilà toute une série de moyens mis en œuvre par les masseurs (tractatores) dans ces splendides édifices consacrés aux soins de la peau. Parmi les médecins il n'en est pas qui, plus que Uufeland (Macrobiotique) ait insisté sur l'utilité de ces soins; il cite avec raison l'exemple du palefrenier'qui ne les néglige pas un seul jour pour le cheval qui lui est confié. En étudiant plus loin l'hydrothérapie, l'entraînement du pugiliste, nous verrons que, de notre temps, ces utiles pratiques transmises par la tradition se sont à la fois simplifiées et perfectionnées.
Ce n'est point une chose facile que d'indiquer les maladies qui peuvent être déterminées par l'altération, par l'amoindrissement des fonctions de la peau. Ces questions comprennent un grand nombre de problèmes ardus qu'on ne peut encore sévèrement aborder; ce que je vais exposer ne sera donc qu'un essai, qu'un premier pas dans cette voie nouvelle. Si beaucoup de réserve est commandée par la difficulté du sujet, il faut se garder d'un scepticisme indolent; il faut donner comme vérité acquise ce qui est démontré; comme hypothèse ce qui ne l'est point encore et qui doit y conduire par des recherches bien dirigées. Les fonctions de la peau peuvent être entravées, modifiées par les causes les plus diverses : 1° par des actions directes, parmi lesquelles je citerai l'application d'un vernis sur toute la surface du corps, des brûlures étendues; 2° par des actions indirectes ou internes, exemple : empoisonnement par plusieurs substances; modification générale par les virus varioleux, rubéoleux, scarlatineux, etc. Donnons quelques exemples de l'influence pathogénique de la diminution, de la perversion ou de la suspension des fonctions de la peau : 1° congestions vers les séreuses, les muqueuses, le tissu cellulaire, les organes intérieurs (phlegmasies du refroidissement); 2° congestion rénale (produisant l'albuminurie, la polydipsie); 3° appauvrissement général ou misère phvsiologique (sous la dépendance de l'inertie relative des capillaires de la peau); 4° congestion des lymphatiques, accumulation de résidus albuminoïdes insolubles vers divers organes, d'où, avec misère physiologique, scrofules, tubercules, cancers; 5° circulation générale modifiée, engorgement des veines caves (maladies du cœur); 6° altération dans la composition du sang à la périphérie (scorbut): 7° innervation modifiée, d'où tétanos des blessés: 8° maladies de la peau, exemple: modifications de l'épidermc (dartres, psoriasis, lichens) ; champ plus convenable au développement des parasites (podures, mucédinecs).
MALADIES DÉTERM. PAR PERVERSION DES FONGT. DE LA PEAU. Ui Je vais revenir en détail sur quelques-unes des questions que je viens d'indiquer sommairement.
Albuminurie (maladie de Bright). — La présence de l'albumine dans les urines peut tenir à des conditions très-variées qui peuvent être i absolument indépendantes des fonctions de la peau; je me contenterai I d'en citer deux exemples. L'injection d'albumine de l'œuf dans les veines provoque une albuminurie passagère; le rein goutteux, chargé de bi-urate sodique, souvent à la longue, laisse passer de l'albumine dans les urines. On a rangé la maladie de Bright parmi les affections des reins, parce qu'on trouve toujours, dans des formes déterminées de l'albuminurie chronique les altérations analomiques décrites par I Bright, et que les désordres les plus graves sont la suite de ces altérations. Ajoutons, et j'insiste sur ce point, que ces altérations ne sont pas '. toujours primitives ; cela ressort de plusieurs observations de Rayer et î d'observations très-attentives que j'ai faites avec Stuart Cooper. La classification de la maladie de Bright parmi les affections des reins n'indique rien pour la cause et pour le traitement.
Avant d'aborder la question étiologique de l'albuminurie chronique, un mot sur l'état du sang. Dans cette maladie, le chiffre de la fibrine est normal, mais le nombre des globules est abaissé ; il peut descendre de 127 à 64. La proportion d'albumine diminue; la densité du sérum i du sang peut décroître de 1,028 à 1,013, d'où les hydropisies qui sont • si fréquentes dans l'albuminurie chronique. Voici les raisons principales qui m'ont conduit à rattacher l'albuminurie chronique à une perversion ou à un affaiblissement des fonctions de la peau. 1° Presque tous les observateurs, parmi lesquels je citerai Bright, Rayer, ont accusé l'influence du refroidissement pour produire l'albuminurie chronique ; dans la plupart des 128 observations que j'avais recueillies avec Stuart Cooper, cette influence était manifeste. 2° L'expérience si remarquable de Fourcault vient donner un important appui à ces observations. Il a vu, en effet, que lorsqu'on recouvrait en entier le corps d'un animal d'un enduit imperméable, ses urines accusaient bientôt la présence de l'albumine, et qu'au bout de très-peu d'heures il succombait, sa température s'abaissant progressivement. 3° La scarlatine est presque toujours accompagnée ou suivie d'albuminurie. 4° Double et Bouillaud ont constaté que l'application d'un vésicatoire faisait souvent apparaître l'albumine dans les urines. On le voit, bien des modifications du côté de la peau déterminent l'albuminurie. On ne saurait méconnaître l'importance de ces relations. Le rôle de plusieurs causes prédisposantes a l'albuminurie peut se comprendre par une diminution apportée par ces causes aux fonctions de la peau : ainsi la continuité de l'alimentation insuffisante, l'alcoolisme, un travail corporel insuffisant, irrégulier ou excessif, les maladies chroniques, affections cancéreuses, tubercu-
leuses, syphilitiques, maladies du cœur, du foie, etc., qui conduisent souvent à l'albuminurie, amoindrissent ou pervertissent les fonctions de la peau.
Rappelons, avant de terminer, que le traitement rationnel de l'albuminurie chronique consiste essentiellement à animer les fonctions de la peau par les frictions huileuses, le massage , et à prescrire le régime lacté exclusif dont j'ai exposé les bases page 145.
Dans la glycosurie intense, les fonctions de la peau sont diminuées ou perverties ; les chiffres de l'éliminatiou grasse et aqueuse sont abaissés, la calorification aiïaiblie (voy. p. 109<et suiv.). Dans la polydipsie, l'exhalation aqueuse de la peau est considérablement amoindrie, la soif est des plus vives ; les malades rendent de 5 à 30 litres d'urine, après avoir ingurgité autant de boissons aqueuses. Cette maladie, dont le pronostic est peu grave, est le plus ordinairement aussi longue que rebelle ; on la combat en animant les fonctions de la peau par les frictions, le massage, l'hydrothérapie, les bains de mer. Dans les brûlures atteignant une grande surface de la peau, les fonctions de cet organe sont considérablement modifiées, comme lorsqu'on la recouvre d'un enduit imperméable. Ne pourrait-on, dans ces cas graves, avoir recours aux bains prolongés pendant plusieurs jours, comme je l'ai indiqué dans mon Formulaire magistral, page 592?
Dans la vieillesse, la peau est ridée , parcheminée ; ces modifications arrivent plus tôt quand les soins de cet organe sont insuffisants. Ce sont surtout les excrétions épidermoïdales (épiderme, poils, ongles) qui diminuent : d'où les bronchorrhées, les catarrhes chroniques, apanages de la vieillesse. Il importe donc à tous les points de vue de veiller attentivement à l'intégrité des fonctions d'élimination de la peau. Le repos au lit dans les maladies, l'inertie des convalescents, retardent un complet rétablissement en diminuant l'énergie des fonctions de la peau. Un grand nombre d'affections de l'estomac sont liées à la perversion, à la diminution des fonctions de cet organe. La dépense amoindrie dans les capillaires abaisse le niveau de l'appétit, qui devient irrégulier, capricieux. L'excrétion acide de la peau, accrue outre mesure ou amoindrie, exerce une influence immédiate sur la sécrétion du suc gastrique. L'élimination épidermoïdale diminue, l'appareil digestif y supplée; les cellules épilheliales sont plus abondantes : d'où les sabures, les flux muqueux.
Ces résidus épidermoïdaux, qui ne sont point normalement excrétés, peuvent se fixer dans d'autres organes : dans les ganglions lymphatiques, et compliquer les accidents de la scrofule; au sommet des poumons, et favoriser l'évolution des tubercules. Nous reviendrons sur ces questions en traitant la misère physiologique ; mais je dois insister ici sur l'influence de la diminution des productions épidermoïdales. sur la genèse des cancers. L'influence de l'hérédité est certaine, mais exagérée; "ait-
RÉSIDUS ÉPIDERM01DAUX. - MALADIES DE LA PEAU. 143 menlation azotée trop abondante y prédispose , elle donne naissance à une plus grande masse de résidus épidermoïdaux. Les trappistes , qui s'abstiennent de viandes, sont exempts de cette maladie, suivant de Breyne. Une irritation locale est une condition importante de la fixation de ces résidus, qui, par leurs modifications, donnent naissance aux cancers. Chez les 'femmes, ce sont les seins, l'utérus, qui sont le plus souvent affectés ; chez les fumeurs, les lèvres ; chez les gros mangeurs, ou mangeurs irréguliers, l'estomac. Le cancer se développe surtout ci l'âge de retour, quand les cheveux tombent, quand l'épiderme devient corné. Pour prévenir cette terrible maladie , les indications hygiéniques sont des plus nettes : régime sobre , en modérant les quantités de matières azotées (viandes, fromages avancés) ; exercice de chaque jour, frictions énergiques, massage.
11 me resterait à indiquer les modifications que la peau subit pendant l'inanition; je traiterai ce sujet important en parlant des famines.
Maladies de la peau. — Bien que l'étiologie des maladies de la peau soit des plus variées et que les causes les plus importantes soient en dehors des fonctions de cet organe, je crois utile de présenter ici un tableau résumant les faits principaux qui s'y rattachent. Pendant longtemps on a classé les maladies de la peau en s'appuyant sur les observations d'anatomie pathologique. Certes , cette méthode, adoptée par Williar, Biett, Cazenave, présente de grands avantages au point de vue de la netteté des descriptions, mais elle confond les maladies les plus dissemblables par leur nature ; elle éloigne les unes des autres des affections qui ont une même origine; la prophylaxie est au second plan, et la thérapeutique ne s'appuie que sur l'empirisme. La thérapeutique étiologique adoptée par Bazin, perfectionnée par Hardy, Devergie, est plus rationnelle et plus efficace.
Plusieurs maladies de la peau se rattachent à des perversions de ses fonctions ; l'excrétion grasse peut être considérablement accrue, comme dans Yacne sebacea; les sueurs peuvent devenir fétides, profuses et s'accompagner de sudamina; les excrétions épidermoïdales peuvent être modifiées comme dans Yichthyose, le lichen, le psoriasis ; mais quelles sont les causes de ces exagérations, de ces perversions de fonctions? Voilà ce qu'il importe de déterminer. Reconnaissons que plusieurs manifestations morbides peuvent être sous la dépendance de causes très-différentes. Ainsi l'urticaire peut être déterminée par le contact d'orties, de dolichos, de certaines chenilles et par l'ingestion de plusieurs substances (moules, salaisons, copahu, etc.). Avant d'aborder ce qui a trait aux causes déterminantes, jetons un coup d'oeil rapide sur les causes prédisposantes. On a beaucoup exagéré l'influence des tempéraments sur le développement de plusieurs maladies de la peau. On
MA EXCKÉT10NS.
admet que le tempérament lymphatique prédispose aux affections sécrétantes à forme purulente (impétigo, eczéma, intertrigo) ; que le tempérament nerveux est souvent accompagné d'affections papuleuses non sécrétantes (diverses variétés de lichen, prurigo, etc.); que le tempérament bilieux a des relations intimes avec les taches hépatiques, le pityriasis versicolor.
On admet généralement que Y organisation de la peau, suivant ses nuances, est favorable au développement de certaines affections ; la peau épaisse, blafarde, opaline, à Yacne rosacea; la peau sèche et brune, au pityriasis; la peau fine et mince, QMlichen. Les âges ont généralement aussi une détermatologie spéciale. On observe dans la première enfance Y eczéma impétigineux, Yimpétigo du cuir chevelu et de la ligure ; dans la deuxième enfance, à la puberté, les lichens, Yerythema nodosum; dans la jeunesse, Yerythema ; dans l'âge adulte, le psoriasis, la lèpre vulgaire; à la ménopause, Y eczéma des oreilles, du cuir chevelu, des bourses, Y intertrigo du sein, de l'aine et des cuisses, le prurigo de la vulve et de l'anus ; dans la vieillesse, le prurigo et le rupia. Les lésions gastriques s'accompagnent souvent d 'herpès et de pityriasis. L'influence des climats se montre dans l'évolution de la lèpre des Hébreux, des Grecs, des Arabes, du pian d'Amérique, etc. Il faut ajouter que toutes les conditions que je viens d'énumérer n'ont rien d'absolu ; cela est vrai à la limite. Je donne dans le tableau suivant un essai de classification étiologique, d'après les auteurs les plus autorisés.