‹ Traité d'hygiène publique et privéeChapitre 14 sur 371 · Troisième partie. — iiypiène générale · texte numérisé non relu

Troisième partie. — iiypiène générale

I* Percepta Bygièue publique et sociale : hygiène des villes, des hôpitaux, des

prisons, etc.; endémies, épidémie!».

** "" ' Hygiène individuelle : hygiène des sexes, des âges, des professions,

des imminences morbides, des maladies, etc.; mouvement de la

population.

Ou le voit, comme tous ceux qui m'ont précédé, je donne dans une introduction la définition de l'hygiène telle que je la comprend? (vov. p. I); j'insiste sur son importance cl son avenir dans ses rapports avec la philosophie médicale ; je fais connaître les bases de ses

classifications; j'esquisse son histoire; je traite de la vie, de sa durée; de la santé relative et absolue. J'aborde ensuite l'étude du sujet de l'hygiène, puis de ses principes, en traitant d'abord de l'action des principaux modificateurs sur l'homme : chaleur, lumière, atmosphère et terre, alimentation; puis j'étudie les principales modifications de l'économie ou l'action de l'homme sur lui-même par l'exercice de ses fonctions : excrétions, exercice, perceptions. Puis, dans des chapitres d'application que j'ai compris sous le titre d'Hygiène générale, je reviens sur l'étude du sujet, en me servant des connaissances acquises; c'est la méthode qui consiste à marcher du connu à l'inconnu. Puis j'aborde successivement les deux grandes divisions que j'ai établies dans ce livre de l'hygiène générale.

Outre toutes les différences qui découlent de cette conception, voici ce qui me sépare de mes prédécesseurs. Je restreins considérablement l'étude préliminaire du sujet de l'hygiène : je renvoie au physiologiste tout ce qui le concerne, évitant ainsi de nombreuses répétitions, n'anticipant point sur des connaissances qui ne sont pas acquises ; je réserve pour l'hygiène générale tout ce qui se rapporte à l'hygiène générale individuelle; je fais ainsi tous mes efforts pour être sobre de discussions oiseuses ou prématurées.

Plusieurs auteurs, parmi lesquels je citerai Sanctorius, F. Bérard (de Montpellier), H. Royer-Collard, Becquerel, admettent dans les matières de l'hygiène une classe qu'ils désignent sous le nom de Genitalia. Je renvoie à l'hygiène générale du sexe les questions qui s'y rattachent, parmi lesquelles je citerai tout ce qui se rapporte, en hygiène, au mariage, au célibat, à la prostitution, à la grossesse, à la lactation.

Si Royer-Collard et Becquerel ont retranché la classe des Applicata de Hallé, qui comprend les vêtements et les cosmétiques, je ne saurais approuver la pensée qui leur a fait enregistrer tout ce qui se rapporte à ce sujet dans le chapitre qui traite de l'atmosphère; on n'aperçoit en effet aucune relation raisonnable entre les cosmétiques et l'atmosphère.

Je démembre la classe des Applicata. Quel est le but principal des vêtements? Conserver la chaleur ou préserver de son excès en même temps que de la radiation solaire. Leur étude formerait donc un appendice naturel à celle du calorique et de la lumière; mais je crois cependant bon de traiter sommairement des vêtements et du coucher. Le corsel est renvoyé à l'hygiène de la femme.

Pour les cosmétiques, ils se rapportent presque exclusivement aux soins de la peau el de ses annexes ; leur place naturelle est dans celte division.

Je rétablis la grande classe des Excréta, supprimée par plusieurs hygiénistes modernes.

Je me borne à étudier les grands résidus des actes organiques : ceux élimines par les poumons, la peau, les reins, l'appareil digestif,

L'étude de ces résidus intéresse l'hygiéniste a un triple point de vue, comme : 1° mesure de santé; 2° cause de maladies; 3° perfectionnement de la santé.

Nous verrons plus loin que le moyen le plus facile de nous rendre compte de l'énergie des fonctions organiques est la détermination quantitative des grands résidus de ces actions, parmi lesquels nous devons citer l'acide carbonique et l'urée. Ces évaluations permettront de substituer des nombres aux divagations sur les degrés et les formes des santés, qui encombrent les ouvrages d'hygiène sans avancer la science.

Les excrétions mal réglées peuvent devenir causes de nombreuses maladies, ou d'affaiblissement de la santé, de vieillesse prématurée ; lorsque celles de la peau sont amoindries, les chances de plusieurs maladies augmentent en raison directe de cette diminution.

Les excrétions alvines mal réglées sont une des grandes causes de l'altération des santés; mais parmi les excrétions, celles qui nous arrêteront plus spécialement sont celles des reins. Nous rattacherons à cette étude tout ce qui tient à l'étiologie des gravelles et des calculs, de la goutte et de quelques autres affections.

Rien n'est plus important pour le perfectionnement de la santé que de maintenir et accroître, si cela se peut, toute l'énergie fonctionnelle des poumons et celle de la peau. L'excrétion épidermoïdale, les phénomènes de calorilication à la périphérie, touchent par des points de la plus grande importance au perfectionnement de la santé.

Les auteurs qui ont supprimé, dans les études hygiéniques, le chapitre des excrétions ont perdu l'occasion de grouper des phénomènes qui ont la plus grande importance pour mesurer, perfectionner les santés, et éloigner les causes de nombreuses maladies.

J'ai séparé l'élude des influences de 1 électricité, de la lumière et de la chaleur, de celle comprise dans la division ancienne des Circnmfusa.

Lorsqu'on a voulu comprendre, dans les traités d'hygiène, l'étude de la chaleur dans la division de l'atmosphère, elle a été aussi incomplète qu'infructueuse, et cependant c'est la plus importante qu'on puisse aborder.

Il est indispensable de relier à l'élude de l'influence de la chaleur atmosphérique tout ce qui se rapporte aux phénomènes si complexes et si intéressants de la chaleur animale.

La chaleur développée dans les phénomènes de la vie des animaux est le point de départ auquel doit être rapporté tout ce qui lient à l'influence de la chaleur extérieure sur l'homme.

La chaleur produite; à l'intérieur cl celle qui agit à l'extérieur constituent les deux termes d'une équation qu'on doit toujours comparer. Sans celle considération, tout est obscur dans cette partie de l'hygiène; tout, au contraire, devient net et précis lorsqu'on compare ces deux éléments.

HISTOIRE DE L'HYGIÈNE. 21 De cette comparaison, des discussions qu'elle comporte, doivent naître des aperçus aussi nouveaux qu'importants sur les causes des maladies.

La production de la chaleur animale est une fonction des êtres vivants, liée, par conséquent, avec l'étude du sujet de l'hygiène; mais sa liaison avec l'influence des modifications produites sur l'homme par l'action de la chaleur extérieure est trop évidente pour que l'on puisse séparer ces deux objets d'étude, qui se trouvent réunis lorsqu'on embrasse dans un ensemble tout ce qui se rapporte aux influences de la chaleur sur la santé. Je crois donc avoir introduit beaucoup de clarté dans les problèmes les plus difficiles de l'hygiène, en réunissant dans un même groupe tout ce qui se rapporte aux phénomènes de la chaleur dans leur rapport avec la santé.

J'envisage l'exercice, la dépense de chaleur et de force tout différemment que les auteurs qui m'ont précédé, et je crois, en adoptant la marche que j'ai suivie, avoir préludé à de grands progrès en hygiène.

J'ai séparé en quatre classes, comme on le voit dans le tableau, page 18, l'ancienne classe des Circumfusa. L'exposition des faits justifiera, j'en ai l'espérance, cette division nouvelle.

Histoire de l'hygiène. — L'hygiène, qui nous apprend d'abord à satisfaire les besoins indispensables à la conservation de l'existence, est aussi ancienne que l'apparition du premier homme sur la terre; mais si les sensations eussent suffi pour établir les règles du régime, il n'y eût point eu d'art; car, dit Hippocrale, où tout le monde est savant on ne peut donner le nom d'artiste à personne, ni le nom d'art à ce que tout le monde connaît sans étude.

C'est dans les écrits d'Hippocrate qu'il faut d'abord chercher pour trouver l'hygiène élevée en corps de doctrine. Bien avant lui, sans doute, des règles hygiéniques étaient consacrées chez différents peuples. Nous retrouverons dans les livres saints des préceptes que le temps n'a fait que confirmer.

Certes, nous ne voulons pas entreprendre de faire ici l'histoire de l'hygiène; il faudrait y consacrer trop d'espace. Les questions seront traitées sous ce rapport au fur et à mesure qu'elles viendront. Là, je m'efforcerai de rendre à chacun justice. Je crois cependant utile de dire quelques mots des grands noms de l'hygiène, et renvoyer ceux que cette élude intéressera à l'excellent article de Hallé, dans le Dictionnaire des sciences médicales, et aux trois Rapports sur les progrès de l'Uifijiè nique nous avons publiés, M. Lévy, M. Leroy de Méricourt èt moi, chez Hachette.

Dans le Coran, on rencontre <;à et Là d'excellents préceptes hygiéniques.

Ilerodicus, h; maître d'Hippocrate, appliqua le régime au traitement des gens faibles; Platon l'eu blâmait, Il était mauvais, selon le philosophe, de prolonger la vie à des hommes inutiles à la patrie. Voici l in-

gg INTHOniJCTION ET SUJET DE L'HYGIÈNE.

dication des principaux ouvrages d'Hippocrate qui ont des rapports avec

l'hygiène :

4° Traité de l'air, des eaux et des lieux. Il y parle de l'influence des gouvernements sur les mœurs et constitutions des peuples.

2° Traité de l'aliment; sa nature et ses proportions suivant les âges et les tempéraments.

3° Le Traité de la salubrité du régime, attribué à Polybe. On y trouve des notions sur l'amaigrissement et l'embonpoint.

-i° Les Trois liiïes du régime, attribués à Hérodicus. Les sujets hygiéniques qui y sont abordés sont les suivants : des bains, des vomissements diététiques, du gymnase.

5° Le Livre des songes, dans leur rapport avec le régime.

G0 Le Traité du régime dans les maladies aiguës.

7° Le Livre de l'usage des liquides: puis quelques préceptes d'hygiène dans tous autres écrits.

Gelse écrivait la trentième année de notre ère. C'est un traducteurcommentateur judicieux d'Hippocrate. Voici les principaux sujets dont il a abordé l'étude : du régime, du choix des aliments, des travaux, du gymnase, du syrmaïsme, etc. Citons de lui un excellent précepte : a II faut prendre garde d'user dans la santé les ressources de la maladie. »

Claude Galien, né à Pergame l'an 131, a publié de nombreux ouvrages ayant trait à l'hygiène :

1° Six livres sur la Conservation de la santé.

"2° L'hygiène appartient-elle à la médecine on à la gymnastique:'

3° De la meilleure complexion du corps: de la manière de la connaître et de la défendre, des causes qui peuvent la déranger.

4° De la constitution, de la constitution athlétique

5° Propriétés des aliments.

6° Sur les aliments qui forment de bons et de mauvais sucs.

7° Sur le régime attén uant.

8° Sur r exercice de la petite balle.

9° Manière de connaître et guérir les passions de l'âme.

10° SUT les habitudes.

1 1° Commentaires sur les livres dliygiènc d'Hippocrate. Oribase fui sou commentateur en bvgiène.

L école de Salerrie est célèbre par l'ouvrage de Jean de Milan : Anglorum régit srrihil srhola Snlemi (Hoberl, duc de Normandie). Gel ouvrage a eu des commentateurs nombreux :

Mercurialis, six livres excellents sur la gymnastique des anciens.

On doit à Sanctorius l'inauguration de l'école expérimentale. 11 est né a Capo d'Istria, en Iô7l. On peut consulter son mémoire intitulé : iïelatinns entre 1rs aliments et la transpiration.

L'histoire de l'bygiène comprend quatre écoles distinctes : f° l'époque

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