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HYGIÈNE DE LA BOUCHE. - MASTICATION

La mastication est peu utile pour le Carnivore, parce que sa digestion étant principalement stomacale, dès que l'aliment est ingéré, comme c'est dans l'estomac que s'accomplissent les principaux phénomènes de la digestion, le bol alimentaire n'a pas besoin d'être divisé pour cheminer dans le reste du canal digestif. Il est dissous dans l'estomac sous l'influence du suc gastrique. Notons cependant que lorsque l'animal ingère du tissu cellulaire gras, la division préalable est indispensable, si Je corps gras a un point de fusion supérieur à la température de l'animal.

Les herbivores, dont la digestion est exclusivement intestinale, ont besoin, soit d'une mastication parfaite, soit d'une complication plus grande de l'appareil digestif, pour permettre une sorte de macération des herbes. 11 en est de même des granivores, car les fécules ou les huiles que les graines renferment ne se digèrent que dans les intestins, sous l'influence du suc pancréatique.

Pour l'homme, la division régulière des aliments est indispensable pour une bonne digestion. En effet, il ingère à la fois des aliments qui sont digérés, les uns dans l'estomac, les autres dans les intestins. Ces derniers comprennent les corps gras et les féculents. Si les corps gras, infusibles à la température du corps; si les féculents, non desagrégeables par l'eau à 38 degrés, n'étaient pas convenablement divisés, ils pourraient séjourner dans l'estomac, y agir comme corps étrangers ou, ce qui est encore plus préjudiciable, y subir des fermentations anormales. Quand ils sont bien divisés, comme ils ne se gonflent que peu ou pas sous l'influence du suc gastrique, ils traversent le pylore, arrivent dans l'intestin, où ils subissent l'action du suc pancréatique qui les dissout ou les émulsionne selon leur nature. Les féculents, convertis en dextrine et glycose à forte rotation, sont absorbés par les veines ; et les corps gras, émulsionnés par le suc pancréatique, sont transportés par les chylifères dans le canal thoracique.

Quand un homme a une mâchoire incomplète, voici deux recommandations dont l'importance se justifie et par l'observation et par la physiologie. La première, c'est de bien diviser les aliments avec le couteau ; la seconde, c'est de les conserver dans la bouche en les mâchant, pour bien les msal.ver. De la sorte on exerce les gencives, qui peuvent, par la puissance de l'habitude, remplacer en quelque sorte les dents et contribuer, mais avec plus de temps, à achever la division des aliments, même les plus durs. Bien des vieillards qui ont adopté ces pratiques leur ont dû de bonnes digestions et la conservation de leur santé.

Cette nécessité de la mastication pour l'homme nous donne une raison satisfaisante de l'utilité des râteliers et des dents artificielles, qui

m EXCRÉTIONS. — BOUCHE.

étaient déjà fort en usage du temps des Romains, comme cela est démontré par la lecture de Martial et d'autres auteurs (1).

Les fausses dents et les râteliers bien construits ont d'incontestables avantages pour la prononciation, pour rétablir la régularité de la physionomie et pour assurer la mastication ; mais il ne faut pas méconnaître qu'ils présentent de sérieux inconvénients lorsqu'ils sont ou mal construits ou qu'ils s'appuient sur des mâchoires malades. Ils affaiblissent et irritent souvent les gencives, empêchent leur complète consolidation, exigent de grands soins, et pour la physionomie ne produisent souvent qu'une grotesque illusion.

Maladies déterminées par l'évolution des dents. — Elles sont plus fréquentes et plus graves chez les carnivores que chez l'homme. Tout le monde connaît les accidents qui surviennent presque fatalement chez les chiens à l'époque de leur dentition, et qui sont communément désignés sous le nom de maladie des chiens. Voici la série de symptômes qui, chez l'enfant, accompagnent souvent l'évolution des dents. Du côté de l'appareil digestif : de l'anorexie, des vomissements, des diarrhées quelquefois persistantes ; du côté du système nerveux : des douleurs, de l'irritabilité, des convulsions, qui sont quelquefois le prélude de névroses plus graves. Les manifestations scrofuleuses apparaissent dans quelques cas, après ces crises de dents : ophthalmie, ulcération de la cornée, photophobie, engorgement des ganglions, etc.

Quand l'anorexie continue avec un dépérissement progressif, on voit survenir trop fréquemment des manifestations tuberculeuses : le carreau, la méningite tuberculeuse. Voici, en résumé, les soins à donner dans les cas de dentition tardive ou difficile : alimentation normale de la première enfance, allaitement maternel, en surveillant bien l'alimentation de la nourrice pour la rendre complète. On peut prescrire du phosphate et du carbonate de chaux, ou mieux donner à l'enfant de la décoction blanche de Sydenham bien préparée ; à la nourrice et à l'enfant , si cela est possible, de l'huile de foie de morue.

(t) Lydie ne rougit pas d'acheter ses dents et ses cheveux , mais elle ne peut remplacer l'œil absent (Martial, lib. XI, n» 253).

Le môme auteur ajoute : « Thaïs a des dents noires, ce sont bien les siennes; celles de Lœlia sont d'une éblouissante blancheur, elle les a bien achetées. » Et s'adressant à Galla, il dit: «Le soir tu quittes tes dents ainsi que ta robe, tu renfermes tes appas dans une foule de boîtes, et tu ne couches pas avec ton visage. Tu me fais des signes, tu m'agaces avec le sourcil que tu t'es fait le matin.»

Nec dentés aliter, quam Serica nocte reponas.

Et latcas ccnlum condila pyxidibus; Nec tecum faciès tua dormiat, innuis illo, Quod libi prolatum est manc, supercilio.

(Martial, livre IX, n° 38.) Martial, dans la description d'un festin . nous montre un convive se servant d'un cure

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