MALADIES DUES AU REFROIDISSEMENT
la pneumonie est très commune en hiver et au printemps pendant les mois de mars et avril, et qu'elle est très rare en été et au commencement de l'automne. La pneumonie n'entre que pour 1,3 pour 100 dans la mortalité générale en Islande; dans les pays très froids, toutes les précautions sont prises d'instinct pour se préserver des refroidissements (alimentation spéciale, vêtements, etc.). Au Gabon, aux Antilles, la pneumonie est des plus rares, au Mexique presque inconnue dans les Terres-Ghaudes; elle sévit au contraire sur les hauts plateaux. C'est une cause de mort très importante dans nos pays tempérés, France, Belgique. lAJacario a rigoureusement, constaté que dans les campagnes les hommes, qui sont plus exposés à la cause que les femmes, fournissent à la pneumonie le contingent de beaucoup le plus nombreux ; que le iihiximuiu des cas se trouvait a l'époque des travaux énergiques qui provoquent la sueur ; que les mois les plus chargés étaient mars et avril, époque où, après les souffrances de l'hiver, les ouvrages ruraux commandent un grand déploiement de forces. Il a noté que les récidives étaient fréquentes et que la pneumonie succédait assez souvent à une atteinte de rhumatisme articulaire aigu. Ceux qui sont en permanence sous l'influence de la misère physiologique (glycosuriques, vaches à lactalion exagérée, voy. p. 653) sont plus spécialement menacés. Tous ces faits concourent à démontrer que le refroidissement non suivi de réaction est bien la cause dominante de la pneumonie.
Pleurésie franche. — Tous les cliniciens, au nombre desquels je citerai Broussais, Cruveilhier, Chomel, Grisolle, reconnaissent que le refroidissement non suivi de réaction est la cause réelle évidente de la pleurésie normale. On sent le besoin de se réchauffer immédiatement lorsqu'on ressent les premières atteintes du mal.
Rhumatisme articulaire aigu. — Tous les observateurs qui ont voulu remonter avec soin à l'origine du rhumatisme articulaire aigu, ont trouvé comme cause le refroidissement non suivi de réaction. La connaissance de cette cause est importante pour éviter, lorsqu'on y est prédispose, une première atteinte de la maladie ; les précautions doivent être encore plus sévères quand on a été frappé une première fois, car il faut par-dessus tout éviter les récidives qui' sont, comme Bouillaud l'a si péremptoirement démontré, si souvent compliquées de maladies du cœur. Reconnaissons que les refroidissements non suivis de réaction sont aussi à redouter dans la polyurie (imminence de gravelle urique et de goutte).
Vus sous un certain aspect, la goutte et le rhumatisme articulaire présentent de telles ressemblances, que de sévères observateurs, comme Chomel et Requin, avaient été amenés à confondre ces deux maladies. Il y a un fonds originel commun dans ces deux affections, dans l'une et l'autre surviennent des accidents primitifs et consécutifs du même