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MALADIES DUES AU KEFHOIDISSEMENT. G8'J

cède l'irritation d'un organe sécréteur; 5° il peut supprimer un écoulement de sang physiologique ou morbide, mais devenu habituel et lié à un état du corps qui fait de sa brusque suppression un danger; G0 une irritation existant sur un point, le froid peut l'y faire cesser; mais elle se reporte sur un autre organe, et constitue une métastase.

Il est certain que le froid peut occasionner rapidement du trouble dans la circulation générale, par suite d'un ralentissement immédiat dans les excrétions de la peau. L'évaporation qui s'y produit augmente la densité du liquide; quand cette évaporation diminue subitement, les conditions d'endosmose sont modifiées. Ne pourrait-on pas penser que Ja sueur, possédant une réaction acide, suffirait pour dissoudre la fibrine? Quand son excrétion est instantanément suspendue, ce liquide attaque les tissus. On expliquerait ainsi l'excès de fibrine qui se révèle dans le sang.

Le refroidissement non suivi de réaction produit, suivant les idiosyncrasies, des maladies en apparence très différentes. Chez les uns il détermine des coryzas ; chez les autres, des bronchites, des pleurésies, des pneumonies, des rhumatismes articulaires aigus, etc. Le temps d'évo. lution de la maladie est très variable : dans quelques cas de coryza la maladie se déclare immédiatement; dans dix cas de pneumonies bien étudiés par Grisolle, la maladie s'est manifestée quatre fois pendant la cause, quatre fois quelques heures après, et deux fois au bout de vingtquatre heures.

Nature des maladies. — On connaît et l'on caractérise pour ainsi dire par une augmentation de fibrine dans le sang (1) les affections si diverses en apparence, mais si pareilles en réalité, qui sont déterminées par un refroidissement non suivi de réaction. Voici la quantité de fibrine dans les phlegmasies pour 1000 parties

de sang :

Dans les phlegmasies (moyenne) 5,8

Bronchite aiguë 4,8

Pleurésie aiguë 6,1

Pneumonie aiguë, première saignée 7,4

Ici. deuxième saignée G, 8

Rhumatisme articulaire 5,8

Maximum dans les phlegmasies 10

A l'état normal , 2,5

ChiHVc physiologique, 2 à 3 par 1000.

On a longtemps confondu, sous le nom de phlegmasies, des maladies différentes les unes des autres pour leurs causes, pour leurs effets et pour le traitement qu'elles réclament, en comprenant dans un même

(1) Andreal et Gavarret, Recherches sur la composition du sang (Ann. de chimie et de plujs.i 3° série, t. V, p. 304).

UOUCIIAIIDAT. — UÏCIKNC 4 j.

groupe les phlegmasies spécifiques (lièvre typhoïde, fièvre jaune, rougeole, scarlatine, etc.) et les phlegmasies déterminées par le refroidissement non suivi de réaction (rhumatisme articulaire aigu, pneumonie, hronchite, etc.). L'étude des causes nous a appris qu'à tous les points de vue ces affections pouvaient être réunies philosophiquement dans le même groupe. Nous allons indiquer comment les maladies déterminées par le refroidissement non suivi de réaction peuvent être ordonnées :

1° Affections graves des organes non exposés au froid : pneumonie, pleurésie, rhumatisme articulaire aigu, etc. Elles surviennent le plus souvent chez ceux qui sont sous le coup de la misère physiologique avec une prédisposition spéciale vers l'organe attaqué.

2° Affections plus légères des organes recevant l'impression du froid : coryza, amygdalite, inflammation tonsillaire, angine non diphthéritique, bronchite, etc. Ces maladies se déclarent quelquefois chez des gens vigoureux prédisposés, mais plus fréquemment chez les appauvris.

3° Affections latentes qui éclatent ou sont renouvelées sous V influence d'un refroidissement non suivi de réact ion : diarrhée (Zimmermann), dysenterie (Broussais), coliques nerveuses (Fonsagrives), accès de goutte, colique néphrétique ou hépatique, etc.

4° Maladies dérivant d'affections déterminées par un refroidissement non suivi de réaction : maladies du cœur, hydropisies, albuminurie, etc.

Il me reste à entrer dans quelques détails sur trois des maladies les plus graves déterminées par le refroidissement non suivi de réaction : la pneumonie, la pleurésie, le rhumatisme articulaire aigu.

Pneumonie. — Grisolle, dans son Traité de la pneumonie (2e édition, p. 19), dit : Parmi les causes occasionnelles sensibles de la pneumonie, le refroidissement est de celles que l'on constate de beaucoup le plus fréquemment; mais soutenir que c'est la cause évidente dans la totalité des cas, c'est affirmer un fait non sujet de démonstration. Sur 205 malades interrogés par Grisolle, il en trouve 49 seulement chez lesquels l'impression du froid avait manifestement déterminé la pneumonie. Recherchons si, par une autre voie, l'interprétation large des faits ne conduit pas à la même étiologie. Suivant Rufz, la pneumonie est rare chez les enfants pendant les mois de juillet et août, fréquente au contraire en mars et avril ; ces deux derniers mois offrent de nombreux exemples de brusques variations de température, les enfants du peuple quittent prématurément leurs vêtements d'hiver ; le froid qu'ils ont enduré pendant la saison rigoureuse, joint aux privations, les conduit fréquemment à cette époque à la misère physiologique. Tous les auteurs qui ont écrit sur les maladies des vieillards, llourmann, Dechambrc, Prus, Durand-Fardcl, Charcot, etc., sont d'accord pour reconnaître que

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