TROISIÈME PARTIE
Je divise l'hygiène générale (voy. p. 19) en deux sections : 1° hygiène individuelle ; 2° hygiène publique et sociale. L'hygiène individuelle comprend les règles d'hygiène se rapportant aux câges, au sexe, aux professions, aux imminences morbides, aux maladies, etc. L'hygiène publique et sociale comprend les questions se rapportant aux villes, hôpitaux, prisons, aux endémies, aux épidémies, à l'hygiène internationale. Borné par l'espace, je devrai restreindre beaucoup cette partie de mon programme dont les développements pourraient exiger plusieurs volumes ; mais la plupart des grandes questions ont été abordées dans la deuxième partie en traitant des modificateurs.
Hygiène des âges. — L'hygiéniste ne sépare pas les âges de la vie comme l'anatomiste et le physiologiste ; ils doivent être pour lui ordonnés au point de vue des soins que chaque période réclame. Je les sépare ainsi : 1° vie fœtale (on en traite en parlant de la grossesse) (voy. p. 999) ; 2° nouveau-né ; 3° période de l'allaitement ; 4° sevrage à la puberté ; 5° virilité de la puberté à la ménopause ; 6° ménopause (nous en traiterons à l'article Sexe) ; 7° vieillesse verte ; 8° vieillesse caduque.
L'hygiène du nouveau-né comprend cet espace très court qui sépare la naissance du moment où l'enfant a pris le sein et s'alimente suffisamment. Pendant cette courte période, qu'on peut compter par heures, son ennemi le plus redoutable, c'est le froid, dont il faut absolument le garantir pour ne point voir éclater le sclérème. J'ai rapporté, page 619, les chiffres effrayants de la mortalité des enfants pendant les dix premiers jours de la vie et pendant le premier mois. Le froid peut prendre à sa charge une grande part dans la mortalité du nouveau-né ; des dix
premiers jours jusqu'au trentième, c'est l'athrepsic de Parrot qui, avec les maladies qui l'accompagnent, diarrhée infantile, muguet, bronchite capillaire, etc., font le plus giand nombre de victimes.
Lu période d allaitement (1) est plus dangereuse à passer quand l'enfant est privé du sein de la mère ou de celui d'une bonne nourrice. Je crois ne rien faire de mieux pour le démontrer que de donner un extrait des études sur la mortalité des jeunes enfants de la naissance à un an à Paris, imprimées dans le numéro du 30 novembre 1880 de la Revue scientifique :
« Pour la mortalité de la première année, on constate que les trois pays Scandinaves occupent le premier rang par leur faible mortalité : d'abord la Norvège, 404; puis le Danemark et la Suède, à peu près sur le même rang, avec 135 à 437 décès de zéro à un an sur 1000 naissances vivantes. Ensuite viendrait l'Angleterre, avec 154 décès. Puis, à peu près sur le même rang, la Belgique et la France, avec 173 et 179 décès déclarés comme nés vivants.
Dans le Bulletin hebdomadaire de la statistique démographique de Icf, ville de Paris, M. Bertillon adopte aujourd'hui le chiffre de 205 par an et par 1000 habitants de zéro à un an pour la France entière. La proportion, selon l'année moyenne (cinq ans), pour 1000 Parisiens de zéro à un an, serait de 337,8. La proportion s'élèverait, en calculant d'après les trente-quatre premières semaines de 1880, 462,23 pour
Voici une première question résolue : la mortalité des enfants de la naissance à un an est beaucoup plus élevée à Paris qu'elle ne devrait l'être. Pour asseoir l'hygiène de cet «âge sur la base positive de l'étiologie, il nous reste à étudier deux problèmes : le premier consistera à connaître les maladies qui causent cet excès de mortalité; le second, à rechercher les causes de ces maladies. Quand elles seront bien déterminées, des règles absolues d'hygiène en découleront.
Par la comparaison des chiffres produits, il est démontré que l'athrep- 8le et la diarrhée enfantile sont les maladies absolument dominantes parmi celles qui frappent les enfants des grandes villes de la. naissance
(H Enfants assistés, Enquête générale, ouverte, en 1800 dans les 80 départements de l'Empire, Happort de la commission instituée en 1801. Paris. Imprimerie impér., in-i", Igflj, Jioucliut, Hygiène de la première enfance, in-18, 1801 « Mortalité des enfants nouveau-nés, discussion à f Académie de médecine, MM. Monod, Brochant, llusson, Boudet, DevilOerfl, Lccadre, Piorry, Dcvergie, Blot, Guéri n, etc. (Ihillet. de l'Acad. impér. de méd., 1806-1807, t. XXXI et XXXII). — fi. Dumosnil, Industrie des nourrice, mortalité des nourrissons. Paris, 1807, in-8\ — Les jeunes détenus à la Hoquette et dans les colonies agricoles. Hygiène, moralisai ion, mortalité (Annale* d'hygtene, avril 1800). — Demarquotte, L'hygiène dans les rapports avec l'instruction primaire. nouai, 1863, in-8°. -™ Lyon, Hygiène des écoles (Ann. d'hyg., avril 1865. — Dcvilliers. Hapports de la commission de l'Acad.méd.sur l'hygiène de l'enfance— Actes du Congres international d'hygiène, 1878.