Accidents professionnels provoqués par le cuivre
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Chevallier et Bovs de Lourï. Mémoire sur les ouvriers qui travaillent le cuivre et scs
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En nous occupant de la santé des ouvriers en cuivre, nous n’avons . pas en vue les ouvriers qui extraient le cuivre de la terre (mineurs), mais bien ceux qui mettent ce métal en œuvre. M. Chevallier a résumé les renseignements qui lui ont été transmis sur certaines localités où l’on travaille le cuivre, et en particulier sur l’état de santé des ouvriers àeVilledieu-les-Poêles, petit pays du département de la Manche, situé à cinq myriamètres de la mer, dans une vallée. Les vents qui y régnent, de rO. et du S. 0., portent les émanations vers les parties les plus élevées de la vallée ; les arbres y sont revêtus d’une couche verdâtre de cuivre, et les bois brûlent avec une flamme bleue et verte. Dans les temps chauds, par uu air calme, quand une petite pluie vient humecter la terre, on sont une odeur cuivreuse, résultat des vidanges et des eaux de fabrique répandues dans le voisinage.
Le nombre des ouvriers en cuivre y était alors de 480 :
Chaudronniers. — Curtc roupc (bassinoires, b.issins, casseroles). . . .lÜO
2» Fondeurs. — Cuivre uni au zinc (nambeaux, robinets, poids, etc.) . . lt)0 3" Voélirrs. — Cuivre (aune (chaudrons)
L'IlOMJIE AU POINT DE VUE DES PDOF ESSIONS. '2(i1
L’apprentissage commence dans les deux premières Lranclics à 8 on 9 ans; dans la troisième à 15 ans. Les coliques métalliques, rares dans les deux premières catégories, sont plus communes dans la troisième ; les caractères en sont identiques à ceux de la colique de plomb. Les récidives peuvent amener à la longue la paralysie des extenseurs de la main, jamais la mort.
La prol'ession de chaudronnier n’entraîne aucun inconvénient*; la manière dont elle est exercée exige des altitudes variées qui l'avoriscnl le jeu des organes.
11 n’en est pas de même pour les poôiiers, qui ne travaillent qu’au cuivre jaune (chaudrons, grandes bassines); leur genre de travail amène de notables changements dans l’habitude extérieure. Deux ouvriers sont simultanément employés à la fabrication des poêles, et se relèvent alternativement dans leurs fonctions. L’un d’eux, le balfenr, tient sur une enclume un morceau de cuivre jaune qu’il dirige convenablement sous les coups du marteau. L’autre, le trousseur, debout eu face de son compagnon, a les jambes écartées et tient à deux mains un marteau dont le poids varie de cinq à six kilogrammes. 11 frappe à coups redoublés sur le métal. La première position, celle du huLleur, entraîne les genoux en dedans, courbe l’échine dorsale et donne lieu à une inclinaison de la tête sur le côté gauche. La deuxième, celle du trousseur, détermine un ballottement continuel du ventre, que M. Chevallier considère comme la cause la plus efficace des coliques.
C’est par les vapeurs qui se dégagent au moment de sa fusion que le cuivre est absorbé par l’ouvrier fondeur. En outre, il se répand dans un atelier peu aéré une assez grande quantité de fumée.
Les ouvriers cbarbeurs doivent débarrasser des barbes ou aspérités qui les recouvrent, les objets fondus qui sortent des moules. Ce travail se fait à la main; l’ouvrier, penché sur son établi, absorbe les poussières métalliques qui se dégagent sous l’action de la lime, du frottoir ou de la brosse. Il subit ainsi l’inlluencc spéciale tenant à la composition même de ces poussières, et qui, dans l’ébarbagc des objets de bronze et de laiton, n’est autre que l’action des sels de cuivre qui les recouvrent.
Le cuivre joue également un rôle dans le bronzaije : art (pii a pour
Ce[|er.dant d après Tliackrah, les cliaudrunniers sont gravement al'l'ectés par les nio eoiilcs provenant du métal imparfaitemeni volatilisé, ou par le zine ou la soudure U cuivre. Ces ouvriei-s, dit-il, ont généralomcnt une mauvaise santé et souffrent d’aocidcnls analogues à ceux des fondeurs.