Accidents professionnels provoqués par le zinc
BiBUOGKAPiiiE. — Boucimi. Mémoire sur .V industrie cl Vliijcjicne de la peinture au ■ blanc de c,inc(Ann. ddiyg. put»!., 1852). — Bocvieii. Observation d'un cas de coligue observé chcc un ouvrier employé dans une fabrûiue de blanc de zinc (Comptes n iidus de l’.Vcadémie des sciences, 1850. — Unbolzy et 5Iai;jie.\é. De V intoxication zincate observée chez les ouvriei's lordeurs de fils galvanisés (Comptes rendus de l’Académie des sciences, 1850). — BnousMiciiE. Rapport au directeur du service de santé de la marine, à Brest, sur l'hygiène des ouvriers mnployés dans V atelier de zingage, 1801. — Mai^.y- NEi'VE. Hygiène cl 2>alhologie des ouvriers de l'arsenal maritime de Rochefort (Archives de rnédecine navale, t. II, 1864). — A. Layet. Hygiène et jmlhologie des ouvriers de • l’arsenal maritime de Toulon [Archives de médecine navale, t. XX, 1875, art. Atelier de zingage).
Le zinc a rendu à l’industrie un très-grand service, en permettant de substituer, pour la peinture, le blanc de zinc au blanc de plomb, et en supprimant ainsi une cause fréquente d’intoxication saturnine. j
Mais le zinc est-il lui-même inolïensif? ne peut-il être à son tour j cause d’aucun accident? !
Nous rencontrons ici des avis dillérents. -t
L’exploitation métallurgique du zinc ne parait pas être insalubre. i llirt constate que l’innuence de l’o.xyde de zinc sur les voies respiratoires est si faible que la statistique* est à peu (n-ès muette à cet égard. : M. Büuchut a observé chez les ouvriers occupés à Vembarillnçie Ju blanc de zinc, diverses éruptions, l’inllammation de la gorge cl de.» bronches, affections qui paraissent être le résultat de l action irrilanle ;
des molécules poussiéreuses. !
M. Bouvier a signalé des coliipies chez un ouvrier employé dans une fabrique de blanc de zinc. Landouzy et Maumené de Beims ont cité ((uelques accidents chez les tonleiirs de fils (jalvaiiisés destinés au licclagc des vins de Champagne. Ces (ils avaient été fabriqués sans tous les sohis nécessaires. Us étaient recouverts d’une couche d’oxyde cl de carbonale de zinc qui se répandaient dans l’atmosphère cl qui étaient inhalés par les ouvriers peiidaiit la inannlention des couronnes, le lordatfc des fils et surtout le boîtage des pagnets. Cos symptômes
L’HOMME AU POINT LE VUE DES PROFESSIONS
cüiisislaicnl en angine, avec ulcération des amygdales, stomatite caractérisée par des pellicules blanchâtres sur les gencives, de la salivation, de la fétidité de l’halcine. 11 y avait en outre des coliques et de la diarrhée.
M. F.ayet a signalé des accidents du même genre, chez les tonneliers qui se servent de jih et de bandes de fer galvanise’s. 11 fait observer toutefois que l’emploi du blanc de zinc est le plus souvent inoffensif, et il fait intervenir, comme cause morbide, l’action de l’arsenic qui se rencontre trop souvent dans le métal impur. Mais les accidents s’observent surtout lorsque le zinc est absorbé avec les vapeurs qui s’élèvent des creusets où ce métal est fondu, transformé en oxyde sous l’influence d’une haute température. 11 en est de même chez les ouvriers qui plongent les plaques dans un bain de zinc fondu ; ces phénomènes, décrits par M. Brousmiebe à Brest et par M. Maisonneuve dcRochefort, ont été relatés par M. Blandet, chez des fondeurs en cuivre, sous le nom d’ivresse zincique.
« Les accidents débutent seulement le soir, après des journées de travail accablant, et deux heures environ après la sortie de l’atelier: latigue de tout le système musculaire, engourdissement général, sensation de resserrement à la base de la poitrine, dyspnée, op[)ression, enchifrènement, râles sibilants, chaleur fébrile, tremblement dans les membres, crampes dans les extrémités inférieures, douleurs articulaires, vomissements, pas de céphalagie, pas de coliques ni de constipation ; terminaison vers le matin par une forte transpiration et par une expectoration abondante, épaisse, de crachats de couleur noirâtre et d un goût douceâtre. » (Maisonneuve.)
M. Layet donne à ces phénomènes morbides une interprétation toute différente. 11 fait remarquer que le bain de zinc fondu est recouvert â sa surface d’une légère couche de sel ammoniac. Pendant toute la durée du travail, on continue à projeter à la surface du bain, et sur la‘ plaque de tôle, de petites quantités de ce sel. D épaisses vapeurs blanches s’élèvent au-dessus du hain, quelquelois si abondantes qu’elles remiilissent tout l’atelier. Ces vapeurs sont composées d’acide chlorhydrique, de chlorhydrate d’ammoniaque, et doivent contenir, une très-minime quantité de chlorure de zinc.
Ainsi que les ouvriers eu.x-mêmes, M. Layet pense que les troubles p.ithologiques sont occasionnés par l’action sur les muqueuses des 'apeurs d acide chlorhydi iqiie et de chlorhydrate d’ammoniaijue, â laquelle vient s ajouter un autre ordre de causes tout aussi actives;
1, HOMME CONSIIJÉHE COMME IMHVIDU.
ce sont : la chaleur coiilinucllc à laquelle sont cx|)08cs les ouvriers ; les transpirations abondantes qui en résultent; la l'aligue musculaire, cou* sé(|uencc d’un travail prolongé, et le passage du chaud au froid.
D’après M. Layet, les ferblanLiers aussi éprouvent des accidents de ce genre lors de l'immersion des feuilles de tôle dans les bains d’étain londu.
Bollvin a cité un cas d’empoisonnement chronique par le zinc. Il y eut un amaigrissement continu, de l’affaiblissement, du catarrhe gastro-intestinal, enfin des troubles paralytiques portant sur le mouvement et la sensibilité. L’examen des urines y lit recounaitre la pré- ! scnce du zinc. Cependant le malade a guéri. *