L’hydrargyrUioe professionnel
Bidliügbapiiie. — Tu. tloLSSEL. jLe«ce médicale sur l'Espagne [Ünion médicale, ISii-
VicENTE DE .iVuEVACA. Étudc sur les mines d'Almaden [Botetino de medicina).
Madrid. — Tardieu. Dkl. d'hijg., arl. Mercure. — Beadcraud. Ilyg. professionnelle da mercure [Dict. cncyclop.).
Les ouvriers qui extraient le mercure des mines ‘ sous la forme de cinabre (sulfure de mercure), présentent beaucoup moins d’accidents que ceux qui font la distillation. Ce fait a été constaté à Almadcn, et le docteur Goerbez l’a signalé pour Idria.
La distillation a pour but d’isoler le mercure des substances étrangères auxquelles il est mêlé et avec lesquelles il est combiné. Le minerai est chauffé dans des fours; les vapeurs de soufre et de mercure sont entraînées. Le mercure, après avoir traversé des canaux dans lesquels il se refroidit de plus en plus, arrive dans des chambres de condensation.
Les accidents s’observent surtout chez les ouvriers qui rertlplissciit les fours de mercure, chez ceux qui vident les cuves et les nettoient, enlin chez ceux qui recueillent le mercure déposé dans des chambres de condensation L Dans les mines d’Almaden, ils sont d’une telle gravité, que, sur une population de 4000 individus environ, on compte une cinquantaine de calambrislcB., dont lu moitié meurt dans l’année, et l’autre partie reste impropre au travail des mines.
‘ Le mel'curo eBl principalement extrait des mines d'Almaden, en Espagne. Umereuro se prLTim dans la nature sous quatre ilals : à l'AUtt natif i sous forme d'amalgame avec
iWeiit • combiné avec le chlore ; sons torme de sulfure.
* Autrefois, on réservait aux galériens la tAchc la plus rude et la plus malsaine; ma comme ils firent peu de travail et qu'on les accusa d'incendies; on ix-nonça à les employer depuis iSül.
L'IlOJIMli AU rOlNT Dli VUK UES l'IlOEESSIONS.
Une des causes qui faciliteiil rinloxication mercurielle consiste dans ce l'ait que le mercure se volatilise à la température ordinaire à cet état, il est respiré par les ouvriers, et il l'ait corps avec leurs vêtements.
Les vapeurs mercurielles paraissent généralement n’agir que sur les ouvriers exposés à leur action ; en elTet, elles ne peuvent, en raison do leur poids, être entraînées à une grande distance. Cependant les recherches faites à Idria et à Alinaden, sur l’influence que peut exercer le voisinage de ces mines, ont donné des résultats contradictoires.
Jussieu et M. Théophile Roussel, qui ont visité les mines d’Alrnadon, le premier en 1717, le second en 1848, ont constaté que les habitants et les animaux du village d’Almaden, village placé près dos fourneaux, sont en bonne santé. La végétation n’est point altérée, et les sources qui jadlissent au bas de la montagne d’Almaden donnent une eau parfaitement pure et limpida.
Les mines d’Idria viennent, pour l'importance, immédiatement après celles d’Almaden; et d'après Hermann, do 'Vienne, tous les habitants d’Idria éprouvent l’inlluence mercurielle, moins sans doute que ceux qui travaillent aux mines; il attribue cette action aux rapports avec les ouvriers, dont les habits sont imprégnés de molécules mercurielles. 11 ajoute môme que les vaches, qui paissent dans le voisinage des fourneaux et sous 1e vent qui en vient, sont également infectées. Elles ont de la salivation.
On doit veiller sans cesse à la ventilation et à Tassainissement des tnines, prescrire aux ouvriers les changements de vêlements, les soins hygiéniques; il serait utile aussi de varier leurs occu|)alions, et de Coiidjallre, par un travail régulier dans les champs, les causes d’insalubrité auxquelles ils sont exposés dans les mines.
Les dkmeurs de glaces présentent des accidents mercuriels qui ont été décrits par Kcllcr ^ Divers moyens prophylactiques ont été conseillés. Dans les ateliers d’étamage de Sainl-Gobain, do Cirey cl de Lliauuy, on a tenté, sans succès, de pratiquer une aspiration au-dessus
' faraday et Colson ayant placé une laine d'or ou de cuivre au-dessus d’uno couche de mercure, virent bientôt un mnalgame se former. Le fait de la volatilisation du mercure à la température ordinaire a été démontré par les accidents qui sc sont produits* en 1810, sur le vaisseau anglais The Triumph. Le mercure s’échappa de vessies et de barils chargés sur le navire. Dans l’espace de trois semaines, 900 hommes furent affectés de stomatite, etc. Les effets se firent également sentir sur les animaux (iiie l’on avait ù bord.
* JiEi.LEn. Maladies des employés dans les fabrir/ucs dû rflaces de Fi'ietlriehal ^
Neuhurkenlal cl IHisenlhal {Wiener mcd. Wochcnsc/tn/ï, 1800. n*>' 38, et Oazitffe hebdo^ madaire de médecine, 28 déc. 1800).
272 1,’llüMMIi CONSI UlvIlL COMME INDIVIDU,
des Depuis quckiue temps plusieurs amclioralions oui été ap-
portées; les ouvriers ne .soûl plus occupés à l’éUimagc (jue peu de temps, de six licures du matin à midi, cl cela seulement deux ou trois lois par semaine. On maintient les lenctrcs de l’atelier ouvertes, et les tampons de flanelle dont l’ouvrier se sert pour étendre le mercure sur des feuilles d’étain sont placés à l’extrémité d’un bâton de de
longueur'. Enfin, M. Meyer a obtenu des résultats heureux à Saint-Gobain par l’emploi de l’ammoniaque. « Il suffit de répandre tous les soirs après la fin du travail, un demi-litre d’ammoniaque liquide du commeree sur le sol de l’atelier.... L’odeur pénétrante du gaz rend l’almosplière de l’atelier d’étamage moins fade, moins suffocante et . moins pénible pour les ouvriers. Depuis 1808, je n’ai pas vu un seul ouvrier nouveau atteint d’accidents mercuriels ; tandis qu’avant cette époque, l’influence du poison se faisait sentir chez des ouvriers qui ne travaillaient à l’étamage des glaces que depuis six mois. Quant aux ouvriers anciens, qui avaient été pris antérieurement de tremblement mercuriel, les accès, malgré la continuation du travail, sont devenus peu fréquents et sans gravité. Il convient de répandre l’ammoniaque dans l’atelier plutôt le soir que le malin ; l’action préservatrice est alors plus efficace; le gaz ammoniac libre se répand:d’une manière uniforme dans toute l’étendue des ateliers, pendant rinlerruplion du travad. » Plusieurs opérations sont dangereuses dans la domre au mercure , la préparation de l’amalgame d’or, la préparation des pièces et 1 application de la dorure. Des vapeurs mercurielles s’élèvent eu effet des bains de dissolution, ou des molécules mercurielles se volatilisent au moment de l’application de la dorure. On a signalé aussi 1 absorption cutanée par le contact des mains avec l’amalgame d’or. 11 y a encore une cause d’intoxication mercurielle dans la préparation des pièces avant l’application de l’amalgame ; elles sont imprégnées d une disse- Lùon dcniti-alc acide de mcrcuce. que Ion obUent en fa.eanUbanf-
fer un mélange d’acide nitrique et de mercure. ^ •
Qiiehiuefois, les /ùjurines deplâlrc^onl argentées par e procédé su vaut : leur surface est frottée avec un amalgame dans leipiel il eu e parties égales de mercure, de bismuth et d’étaiu ; puis elle est recouverte d’une couche de vernis.
su),slituanl l'argent précipité, pour donner a la surface des glaces et ‘’TÏ.;:!S'‘;Srd;r doreurs présenteraient une proportion de
8 plilliisiques sur 100 malades.
L’HOMME AU POINT DE VUE DES PROFESSIONS
Les /Icitrisles, en employant quelquefois les rouges de mercure, c’està-dire le sulfure, le bi-iodure et le cliromate de mercure, sont e.xposécs à l’into.xication mercurielle.
Chez ccvtains empailleurs, l’emploi du sublimé corrosif occcasionnc aussi des accidents.
Les photographes y sont également exposés en maniant le bichlorure de mercure.
La préparation du fulminate de mercure présente peu d’inconvénients au point de vue de l’intoxication mercurielle, mais elle offre un très-grand danger à cause de la nature toxique des produits qui se dégagent pendant 1a fabrication.
Dans certains ateliers de bijouterie et d'orfèvrerie, on réunit les balayures, puis on les grille,, on les lave, et les cendres ainsi retenues sont amalgamées. Le mercure est ensuite distillé.
Le sublimé est employé pour l'imprimerie des draps, dans la préparalion de l'aniline, pour damasser les canons de fusils et comme moyen de conservation des bois (poteaux télégraphiques).
L’industrie de la chapellerie nous occupera plus longtemps.
Les matières premières employées dans la fabrication des chapeaux de feutre varient suivant la qualité du produit auquel elles sont destinées. Les poils du castor, du lièvre, du rat musqué, du cachemire et du veau sont employés pour les feutres de première qualité.
On se sert, pour les autres, d’âne, d’agneau ou de chameau. 11 faut que ces poils arrivent à s’accrocher si bien les uns dans les autres, que, d’une certaine pression à laquelle on les soumet, il résulte un tissu appelé feutre, qu’on ne peut plus séparer qu’en le déchirant.
On commence par l’opération du ségallage, qui a pour objet de nettoyer les toisons, au moyen d’une carde fine, et de les battre pour en enlever la poussière; Vébarbage et consistent à couper
ou à arracher de longs poils, appelés jarres, qui ne peuvent pas se feutrer. Ces travaux préliminaires ne peuvent êire nuisibles que par le fait de la poussière qu’ils répandent '. Enfin, les peaux sont
' l’our prévenir l’effet nuisible des poussières, Gosse, de Genève (1783-1784), proposa emploi d un masque. On conseille aussi des appareils clos, des cages vitrées entourant a )le de travail ; enDn l’on a émis l’idée, pour l’éjarrage des poils, de coupeuses mûniques. M. de Freycinet a vu à Francfort une de ces coupeuses : la peau, poussée par an-,™'’’ des cylindres qui, en même temps <|u'ils la découpent en fines
mouvenient de rotation assez rapide pour entraîner tous les poils, toutes inenTcbse*^^* précipiter, du côté opposé à l’ouvrier, dans une caisse herinétiquc-
VBOUSr. HÏCIÈ.NE. ,o
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IVollces avec une brosse trempée dans une solution de nitrate de mercure : c’est le sécrclmje qui doit préparer les poils au feulrntje; ce travail amenant Iréquemment des phénomènes d’into-xication, on a essayé, sans succès, de remplacer le mercure par un mélange de soufre d’Alicante et de chaux vive.
MM. Hillairet et Bergeron ont proposé, pour empêcher l’intoxication mercurielle, d’enduire les peaux, du côté du poil, avec de la mélasse, puis de laver avec une solution étendue d’acide nitrique; celle-ci .se décomposant, il se fait une production d’acide nitreux qui amène la séparation facile des poils ; l’acide, au contact de l’air, passe à l’état hyponitreux. Le dégagement est beaucoup moins considérable que dans l’ancien procédé, et, surtout, l’on a évité le danger que provoque l’existence des vapeurs mercurielles.
Les poils, placés en tas sur une claie d’osier, sont traversés par la I corde de l’arçon (arc), qui, mis en vibration, les agite et les mélange I intimement; les arçonneurs sont exposés à la formation d un nuage I de poils et de poussière imprégné de sels mercuriels et d acide aisénieux, dont la nocuité se manifeste sur les yeux, les orifices des mu- (lueuses, des bronches, etc.
Les masses nuageuses qui forment le tissu sont roulées et comprimées entre des pièces de linge et des feuilles épaisses de papier, jimir être feutrées. Le travail terminé, les pièces de feutre sont petées à la foule, où, après avoir été trempées dans un bain de lie de vm ou d eau ai-uisée d’acide sulfurique, elles sont foulées pendant plusieurs heures. Enfin le feutre est dressé sur une forme (dressage), plonge dans une matière colorante végétale ou saline (teinture), et (malemenl revêtu d’un enduit qui lui donne un certain degré de fermete moelleuse (apprêt). . ,
Malgré les assertions de Parent-Duchatelet en faveur de mnocui de cette profession, il résulte de la statistique de Lombard de Geneve que le chiffre des décès par phthisie cliez les chapeliers est, a celui des décès par autre cause, de 25,6 pour lÜO, le rapport moyen general pour tous autres états étant 11,4 i.our 100. D’après Bcnoiston de Chàteauneuf, la proportion des entrées par phthisie dans les hôpitaux est,- pour les chapeliers, 4,78 pour 100, le rapport moyen étant 2,».
*^°Lcs chapelleries sont d’ailleurs rangées dans la deuxieme classe des établissements insalubres ou incommodes , et les Lonseï s r salubrité ne tolèrent pas l’existence des foules fréquentée. En outre, une ordouiuuice de iiolice du 12 juillet
L'IIÛMJIE AU POINT UE VUE UES PUOPESSIONS
prcscril qu’à Paris elles soient placées au rez-de-chaussée ou dans le fond des cours. Les buées provenant de l’atelier de chapellerie doivent être recueillies dans une grande cheminée qui les porte au-dessus du toit des maisons les pins élevées des alentours. Quant au.x inconvénients résultant de l’écoulement des eaux et de la préparation du vernis, il est facile d’y remédier par l’application des règlements aux(picls sont soumis les teinturiers, fabricants de vernis, etc. Le vernis est i)articulièrement employé pour l’application de la soie sur les feutres; c’est un vernis de gomme-laque ; les ateliers qui servent pour sa préparation sont souvent fort exigus, et là où cette fabrication s’opère sans précaution et sans aucune des conditions voulues, elle est réellement une chose fâcheuse.
Symptô.mes. — L’intoxication mercurielle a, pour symptômes principaux, des stomatites avec salivation plus ou moins intense, des tremblements et divers accidents nerveux. On a noté, dans quelques cas, des phénomènes paralytiques, portant plus particulièrement sur les extenseurs ; des troubles intellectuels, caractérisés surtout par la dépression, ont également été signalés.
Il résulte des recherches de M. Roussel, recherches qü’il a entreprises en Espagne, à Almaden, en 1848, que l’intoxication mercurielle ■SC présente sous la forme aiguë ainsi que sous la forme chronique.
La stomatite aiguë, qui se déclare habituellement chez les nouveau- Ycnus dans la mine et chez ceux qui se livrent d’emblée aux travaux les plus malsains, est quelquefois d’une violence extrême.
La muqueuse du pharynx et de la bouche s’enflamme et s’ulcère dans toute son étendue. Toutes les glandes salivaires s’engorgent. La langue ne peut plus être contenue dans les arcades dentaires, et les malades, ne pouvant plus ni avaler ni dormir, succombent au milieu d’affreuses douleurs.
Dans les difl'érentes formes que peut revêtir la stomatite chronique, les gencives sont fongueuses, détachées du collet ; les dents se déchaussent, s ébranlent, s altèrent, cl les malades finissent par les perdre l’une après 1 autre. J’ai vu, à l’hôpital Saint-Antoine (1876), un étameur de glaces encore jeune, auquel la perte de toutes ses dents donnait une physionomie singulière.
La phthisie est fréquente.
Les phénomènes nerveux se préscnicnt sous trois formes distinctes :
1“ Le tremblement mercuriel proprement dit;
J Le tiemblement mercuriel avec convulsions et douleurs. ü*est cet
07G I, 'HOMME CONSIDÉHÉ COMME IMllVlDÜ.
ensemble de troubles, pbenomènes convulsifs, douleurs plus ou moins vives ou plus ou moins fréquentes, qui constitue un des caraclèies principaux de l’état que l’on appelle, en Espagne, calambrcK.
5“ Enfin la paralysie mercurielle avec altération de l’intelligence.
En Espagne, on a remarqué que les mouvements convulsifs augmentent sous l’influence du vent d’est, qui, à Almaden, est appelé salano. C’est d’ailleurs dans ses mines que les accidents neneux graves ont surtout été observés.
D’une manière générale, l’iiydrargyrisme atteint plus les femmes (|ue les hommes. Sur 100 ouvriers, 80 souffrent d’accidents, et on remarque que les jeunes femmes sont emportées en plus grand nombre que les jeunes gens.
L’intoxication mercurielle, comme l’intoxication saturnine, exerce une influence fâcheuse sur le produit de la conception.
Goëtz relate le fait d’un enfant atteint d’un tremblement congénital. Il est né lorsque sa mère était affectée de ce tremblement.
Aldinger a cité des cas qui montrent que plusieurs membres d une famille, tous dans de bonnes conditions de santé, unis à des femmes également bien portantes, ont mis au monde des enfants sains et vigoureux; taïidis que les autres membres de cette famille, ayant épousé des sujets mercurialisés, ént procréé des enfants malingres et chétifs, j En outre, des enfants de naissance antérieure à ce travail des parents- 1 étaient bien portants, et ceux qui étaient nés depuis le travail au mer- , cure étaient dans de mauvaises conditions. ;
Il résulte des recherches de M. Lizé du Mans ‘ que 1 influence du mercure, transmise par le père à l’enfant, est tout aussi réelle que lorsque c’est la mère qui a été exposée à ces émanations.
En outre, l’influence est encore plus fatale aux produits quand le père et la mère ont éprouvé simultanément 1 influence du mcrcuie.
Kussmaul et Relier ont constaté des avortements chez les fcmmes maniant le mercure, et leurs enfants, frappés de laiblesse congénitale, souvent atteints de rachitisme, succombaient très-prom; temeiit*.
L’influence heureuse des professions mercurielles sur les individus atteints de syphilis est loin d être établie .
1 M I i7i' du Mans prétend avoir observé, cliez des ouvrières employées au séerHage, des avo. temenî des accouchemenls prématurés ou de morU-nés. Enlin, les enfants .nouraient en bas fige. 11 considère ces laits comme le résult.at de 1 innuence mercuru .
* D’anrés Hermann, les vaches qui paissent dans le voisinage des fourneaux d > sou, le vent ûü. en vient avortinl, et les veaux venus é terme péns«-nt b.c.to • î le mercure arrive dans l’organisme par les muqueuses digestive et La piau le îaLselgaleinen. pénétrer (frictions). Les globules du sang .^nt altères . ds