‹ Traité d'hygiène publique et privéeChapitre 149 sur 298 · U, OUÏS · texte numérisé non relu

U, OUÏS

sulfates ( „ „„ .

de cliaux '

et de 1

Carbonate de chaux. , . ,

magnésie. J

— de magnésie . .

— de fer. . . .

Acide siliciqueet alumine.

Autres sels . 0,014

liésidu fixe pour 1 litre. .

Les eaux de montagnes sont mauvaises près de leur source ; on leur attribue certaines maladies endémiques dans les localités où les habitants en font usage (goitre, crétinisme), mais l’eau des lacs

DE L’EAU

l'onncs par les lorreiils est en général minéralisée dans des proportions cpii en l'ont une excellente boisson, surtout quant il se trouve un déversoir naturel qui permet au trop plein des eaux de s’échapper. Il n’en est pas de même lorsqu’il n’existe jioint d’écoulement. Dans les grands lacs de l’Asie centrale, de l’Afrique et des pays chauds, on trouve des eaux changées de sels alcalins, au point d’être éminemment dangereuses : la mer Morte en offre l’exemple le plus célèbre. On sait que%ndant l’expédition d’Ihrahim-Pacha en Syrie, les troupes égyptiennes qui, après de longues marches dans le désert, arrivèrent sur les bords de ce lac, aux eaux fortement minéralisées, furent frappées des accidents les plus graves pour avoir voulu s’y désaltérer . Un grand nombre de soldats y trouvèrent la mort.

Eaux de bivièues et de fleuves. — Les rivières et les üeu\es ont pour origine les eaux de sources, qui gagnent directement leur ht sans pénétrer le sol, et les eaux qui proviennent de la fonte des neiges et des sources des montagnes.

Les rivières sont donc formées à leur origine par de l’eau de source, mais elles subissent de nombreuses modilications pendant leur cours. La proportion des gaz que l’eau tient en dissolution n est plus la même, l’acide carbonique se dégage, tandis qu’une quantité plus considérable d’air atmosphérique se trouve dissoute. Les eaux de rivières sont donc plus oxygénées et moins carbonatées que celles des sources qui leur ont donné naissance. Mais ce n’est pas tout; les terrains qu’elles traversent, la végétation qu’elles renferment, et surtout les impuretés sans nombre (]ue les villes y déversent altèrent très-sérieusement leur com-

position. . • J ,4 O,-

Le résidu solide que donne un litre d’eau de la Tamise varie dej),b

à 0 28 par litre; la Garonne 0,5; le Rhône 0,18 ; le Doubs 0,25; a Seiiie 0,25 ; la Marne 0,511, ce qui donne une moyenne de 0,24 par

litre (Eonssagrives).

Mais ces chiffres ne sauraient indiquer, ménm approximativement, le degré de pollution auquel arrivent les rivières qui traversent les .rrandes villes. C’est surtout par rabondaiice des matières organiques et par leur nature éminemmeut suspecte que ces eaux se distinguent des sources pures qui présentent, sous ce rapport du moins, une immense supériorité comme boisson. Parkes a représente dans son ouvra.m les éléments microscopiques du sédiment des eaux de la Tamise. On Y trouve des conferves, des diatomées, des paramécies, des vorticollL, de, IcucopUry,. des angeillidcs, elc. , en un mol, tout un monde tmiinc qui indique un immense liovail de fermentation putride. .Mau.,

COMPOSITION DES EAUX POTABLES

ce qui est encore plus grave, c’est la présence d’éléments visiblement tirés de l’organisme humain ou des vêtements à l’usage de l’homme. On y voit des poils, des cellules d’épithélium pavimenteux, des filaments de laine, de lin, de coton, et l’on comprend sans peine comment des ferments patliogéniques peuvent être charriés et répandus par cette

voie.

D’ailleurs, les usines qui versent leurs résidus dans les lleuves peuvent les empoisonner au point de les rendre impropres à tout usage. L’eau de la Bièvre, à Paris, qui dégage pendant les chaleurs de l’été des gaz d’une odeur intolérable, renfermant 6 pour 100 d’hydrogène suKuré, est tellement altérée, qn’à partir d’Antony, les herbes vertes, abondantes jusqu’alors, disparaissent complètement au-dessous de cette localité. Ce n est là d ailleurs qu’un faible échantillon de l’impureté à laquelle peuvent atteindre les rivières empoisonnées par l’industrie: les grandes villes manufacturières de l’Angleterre, Lceds, Schefield, Halifax, en offrent des exemples bien plus marqués. Il est d’ailleurs évident que le degré de pollution varie non-seulement avec la quantité de débris organiques jetés dans la rivière, mais aussi avec le volume de ses eaux.

Au point de vue chimique, ces modifications se traduisent surtout par la présence d une grande quantité de sels ammoniacaux et par la dispaiition de 1 oxygène. Mais il est évident que pour l’hygiéniste, les matières organiques ou organisées peuvent avoir une importance bien jilus grande encore.

Lorsque la masse d eau que débite une rivière est très-considérable, malgré les impuretés qn elle reçoit, cette eau peut encore rendre de glands services. Il se produit d’ailleurs des changements ijui permettent d en laire usage quelque temps après l’avoir recueillie. Les marins anglais, prêts à partir jiour un long voyage, remplissent voloulieis leurs tonneaux avec de l’eau de la Tamise puisée au-dessous de Londres. Celte eau, très-impure, subit une sorte de fermentation, laisse échappei des gaz et dépose un sédiment. Au bout de quelques jours elle est clarifiée et parait pouvoir être employée sans danger.

Enfin, 1 on reproche à l’eau de rivière ses fréquents changements de température ; chaude I été, Iroide l’hiver, elle offre un contraste désagréable avec I eau des sources, qui se maintient habituellement

a une température constante.

Mais si I eau des rivières subit, comme on le voit, des causes d’infection très-nombreuses, il n en est pas moins vrai que ces causes sont au nombre de celles qu une administrai ion bien inspirée peut le plus

PBOUSI, HTGIÈXE. ‘

DE L’EAU

facilement combattre. Nous étudierons plus loin les précautions qu’il convient de prendre à cet égard.

Les grandes villes ne pouvant point se suffire avec les eau.v de sources devront donc employer aussi les eaux de nvieres en les filtrant.

Quelques mots seulement àeseauxde canaux. Ils sont remplis par l’eau de rivière; l'écoulement y est moins rapide, et la pureté sera généralement moindre; quant à Veau des drains, qui est une eau courante, elle ne doit pas être utilisée dans l’alimentation.

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