‹ Traité d'hygiène publique et privéeChapitre 148 sur 298 · I)E L'KAU · texte numérisé non relu

I)E L'KAU

im(|uc des eaux n’csl p.is à cel égard leur seul litre de noblesse; il l'aul donc s’en rapporter dans une certaine mesure à l’expérience et à la tradition pour juger la valeur d’une eau de source au point de vue de l’alimentation.

Puits artésiens. — Les puits artésiens sont des sources artilicielles d’où l’eau s’élève à une certaine liauteur au-dessus du sol. On peut donc leur appliquer tout ce qui vient d’être dit au sujet des sources. Les puits artésiens paraissent avoir été déjà connus des anciens. Olympiodore, qui vivait à Alexandrie vers le milieu du sixième siècle, rapporte qu’on avait creusé des puits à 200, à 500 et queL|uei'ois à 400 aunc.'< de profondeur, qu’ils lançaient par leur orifice des rivières d’eaux dont les agriculteurs profitaient pour arroser les campagnes. Le plus ancien puits artésien de l’Artois remonte, dit-oa, à 1126; il existe à Lillers, dans un ancien couvent de Chartreux.

Les puits artésiens, qui fournissent un appoint très-utile aux eaux d’une ville, ne peuvent cependant pas servir de base à la distribution dos eaux. En effet, leur débit est variable, et les conduits qui amènent l’eau à la surface sont sujets à des obstructions fréquentes. En outre, des commotions souterraines et d’autres causes inconnues peuvent faire varier la quantité d’eau qu’ils fournissent. C’est ainsi qu’à fours, 11 puits artésiens ayant été forés de 1830 à 1857, l'un d'eux a complétaient cessé de fournir de l’eau ; les autres ont vu successivement abaisser leur débit. Sur 17 puits artésiens creusés à Venise, 9 sont taris, et le débit des autres a notablement diminué.

Los puits artésiens peuvent cependant rendre de grands services. A Paris, le puits de Grenelle donne nue eau très-salubre coutenaut 0‘'^142 de substances salines par litre. Le principal reproche à lui faire est que l'eau qui en est chassée dégage un mélange gazeux contenant 22 pour 100 d’acide carbonique et 78 pour 100 d’azote. Celle eau, arrivée au réservoir du Panthéon, n’est utilisée qu après avoir été mélangée avec les autres eaux qui servent à l’alimentation de Paris. Le puits de Passy est d’un débit très-variable; il a donné 8600 mètres cubes par 24 heures; celle quantité est descendue à 7000 mètres. En élevant l’eau au niveau nécessaire pour atteindre le réservoir de Passy, on réduit le débit à 5900 mètres. Le degré bydrotimétrique de cette eau est de 12", 5.

L’eau de ces puits, lorsqu’elle est captée profoudémenl, offre toujours une température élevée. Le puits artésien de Rocheforl, fore à 856'“, 78, donne de l’eau à la température de 4.0", 6. Ou pourrait l’utiliser pour des bains.

coMi’osrnoN uks eaux pütaules.

Eaux du montagnes. — Les glaces et les neiges des montagnes, dit -M. Gautier, ne sont pas constituées par de l’eau pure. Elles contiennent une petite quantité de matières minérales où dominent les sullatcs et les chlorures, matières qui augmentent à mesure que les eau.x se translorment en torrents. Elles sont bien loin d’être dénuées de corj)s organiques, et les milliers de puces des glaciers que l’on rencontre sur les glaces ne peuvent se nourrir qu’aux dépens des détritus d animaux et de plantes qu’elles y trouvent. Chaque année, tous ces débris s’accumulent et forment de nouvelles couches, tandis que la partie inférieure du glacier, fondant par sa base, donne naissance à des torrents bourbeux de couleur grise ou bleuâtre, selon la nature des roches sur lesquelles repose le glacier, qui sans cesse les broie sous son poids énorme. Les torrents des montagnes charrient donc, avec une petite quantité de chlorures et de sulfates dissous, du silicate de potasse, de soude, de chaux, de magnésie, de la matière organiijue et une petite proporlion de gaz atmosphérique.

Nous empruntons à l’ouvrage que nous venons de citer le tableau suivant, qui donne l’analyse de quelques eaux de montagnes :

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