C-UlACTÈllES DES EAUX l'OTAULES
On ne saurait atlacber trop d’importance à la composition et aux qualités physiques des eaux qui .servent à ralinienlation. Hippocrate avait depuis longtemps signalé riinmense importance des eaux sur a sauté, et tous les observateurs, ijui se sont occupés de ces questions, sont d’accord pour recomiaitre que l’eau que Fou mg«re exerce une
COMPOSITION niiS K.VIIX POTABLES.
inflnciice des plus sérieuses sur l’état des Ibnctions digestives, sur la coiiipositiou des tissus et sur la sauté générale.
Une bonne pcni potable diffère seiisiblemcnl de l’eau pure ou distillée; en elfet, les gaz dissous dans l’eau, et surtout les principes minéraux dont elle est chargée lui donnent une s.aveur agréable et jouent un rôle des plus importants dans la nutrition. Aussi M. Fonssagrives a-t-il conseillé d’emporter sur les navires qui se préparent à taire de longues traversées des paquets préparés à l’avance et destinés a minéraliser 1 eau distillée qui sert si souvent aux besoins de l’équipage.
Nous dirons, avec M. Gautier, qu’une bonne eau potable doit être limpide, incolore, sans odeur, fraîche, d’une saveur légère et agréable, aérée, le plus possible exempte de substances organiques. Elle doit tenir en dissolution une jjelite tyiantité de matières salines, spécialement du bicarbonate de chaux, un peu de silice et de sel marin, en proportion telle que cette eau ne soit ni saumâtre, ni salée, ni douceâtre, et qu’elle permette la cuisson parfaite des aliments.
L eau est un aliment; elle lait partie de tous nos organes, et comme le dit Bordeu, « nous ne sommes qu’un amas, une espèce de brouillard épais renfermé dans quelques vessies. » On sait, d’ailleurs, que le corps des sujets brûlés se rapetisse dans des proportions ridicules, et Chaussier a démontré qu’un cadavre, complètement desséché, se réduit au poids de quelques livres.
.Mais ce n est pas seulement à titre de liquide que l’eau vient apjiorler à nos tissus un élément itidispensable : elle est le véhicule de malièies minérales absolument nécessaires à l’organisme, et qui ne se renconirent pas toujours en quantité suffisante dans nos aliments solides.
Non-seulement le squelette réclame des sels calcaires, mais les autres tissus ont besoin de chlorure de sodium, de silice, etc. L’introduction de ces substances dans l’alimentation est d’une nécessité journalière, car nous excrétons par les mânes et par les matières fécales une (|uantité notable de chaux, de silice et de chlorure de sodium, qui
ne se retrouvent pas en quantité équivalente datis nos aliments azotés et larineux.
Nous empruntons à M. Gautier les chiffres suivants, qui donnent la démonstration mathématique de l’intervention des eaux dans la réi)aration des tissus.
Un adiille ordinaire en bonne santé exc.rète, en vingt-cpiaire heures.
DE i;em!.
par les urines cl les matières fécales, 2''^014 de chaux et de
silice. 1 • 1 1
La ration ordinaire d’entretien, fixée à <S.)0 grammes de pain hlaric
et 240 grammes de viande fraîche, ne renferme que 0«',777 de chaux
et 0*", 0975 de silice.
Il faut donc, pour maintenir l’équiUhre, que le vin, les légumes et l’eau fournissent au moins 1^%247 de chaux et 0«'%061 de silice. Or, c’est incontestablement à l’eau que revient ici le rôle principal, les légumes et le vin n’étant pas d’un usage conslant, ni en proportion tou-
iours égale.
Au reste, il est démontré que l’usage de 1 eau distillée entra\e les pro<rrès de l’ossification chez les jeunes animaux, et les régions peu favodsées dans lesquelles les habitants font usage d’eau presque pure sont sujettes à des maladies endémiques, caractérisées surtout par l’arrêt du développement.
Nous avons démontré l’utilité des sels minéraux ; quant aux gaz dissous dans l’eau, ils servent à lui donner une saveur agréable et a en faciliter la digestion. Il est à peine nécessaire de rappeler que exces des principes minéraux deviendrait un inconvénient plus grand encore
nue leur absence complète.
Voyons maintenant à l’aide de quels procédés on s assure qu une oau présente les caractères négalifs et positifs qui lui permellronl de jouer un rôle utile dans 1 alimentation.
C««.CTÈ»ES THÉS .B L',KSPECT,0N Ks EAUX. - L'.™alysc chimiquc .IC nous révèle pas d’ane manière absolue la vériUrble composd.on des eanv. «appelons-nous loul d’abord que lorsqu on trouve, dans n e :™uliou aqu-se, du eblore, de l’acide earbou.que, -^un , du potassium, du ealeium et d’autres éléments, ou ne sait pas, d Lanière certaine, eommeul ces éléments sont combmes C est p hvnethèse qu’on parle de la présence du clilorure de «uluiin et de «lassium, du bicarbonate do sonde et de chaux, on plutôt, ce sont des façons de parler auxi|uellcs nous sommes tcllcincnt accoutume
mi’il nous est difficile de nous en déshabituer.
D’un autre côte, l’eau renferme des éléments dont la chimie ne p pns facilement non. rendre compte ; elle coiilieiil
Ip.os exlrêiiiemeut mobiles, des organismes viviinls e ‘ J" .
,l i„, puretés, il faut donc tenir compte non-sculeincul ‘ lion chimique des eaux, mais aussi de Icur.s caractères p q .pie des piaules et des animaux .prcllcs renfermen .
COMPOSITION DES EAUX POTABLES
Dès ([UC les eaux s’altèrent, dit M. Gérardin', les poissons qui peuplent les cours d’eau é[)rouvent un malaise évident ; ils remontent à la surface, s’engourdissent, et si l’altération persiste, ils ne tardent pas à périr.... La distinction entre les eaux saines et les eaux infectées ne peut reposer ni sur la couleur, ni sur l’odeur, ni sur la saveur, ni
sur l’analyse chimique Une eau est saine lorsque les animaux et les
végétaux doués d’une organisation supérieure peuvent y vivre. Au contraire, une eau est infectée lorsqu’elle fait périr les animaux et les végétaux doués d’une organisation supérieure, et qu’elle ne peut nourrir que des infusoires ou des cryptogames Toutes les herbes vertes
ne sont pas également sensibles à l’action de l’eau ; le cresson de fontaine semble la plus délicate des plantes aquatiques, sa présence caractérise les eaux excellentes ; les épis d’eau et les véroniques ne poussent que dans les eaux de bonne qualité ; les roseaux, les patiences, les ciguës, les menthes, les sulicaires, les scirpes, les joncs, les nénuphars, s’accordent des eaux médiocres ; les carets vivent dans les eaux très-médiocres; enfin Varundo phmginiles est la plus robuste des plantes aquatiques, elle survit la dernière, et continue à croître et à se développer dans les eaux les plus infectes.
Parmi les mollusques : la physa fontinalis ne vit que dans des eaux très-pures, la valvala piscinalis dans les eaux saines ; la limnea ovala et staynalis, le planorbis margitalus dans les eaux ordinaires; la cijclas coniea, la bylhinia iinpura et le planorbis corneus dans des eaux médiocres. Aucun mollusque ne vit dans les eaux infectées, ou du moins, jamais ils n’ont été observés vivants dans les eaux complètement corrompues — On voit, par ce qui précède, que les végétaux phanérogames et les mollusques esquissent à grands traits les caractères des différentes eaux
En d’autres termes, le meilleur réactif de l’eau, c’est l’être vivant.
Lorsqu’on veut examiner une eau sous le rapport de sa composition, il est absolument nécessaire de s’en procurer deux litres au moins ; les qualités physiques et organoleptiques devront être étudiées avant d’aller plus loin. Quelle est la couleur, quels sont l’odeur, le goût, la transj)arence de ce liquide? Abandonnée à elle-même, forme-t-elle un dé|K)t ?
Pour apprécier Vodeur d’une eau, il faut la chauffer, queb[uefois morne la distiller. On peut ainsi reconnaître des traces à peine perceptibles de matières fécales. Il est quebjuefois utile d’exposer l’eau ' Annale» d’hygiène piibligue, janvier 1875.