VOLATILE
OD COMni'STlQLES
(organiques).
MATIERES MI^ÉRALES.
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OBSERVATrONS.
(Eaux (le Paris.
Collecteur d'Asnières.
— Matières suspendues et dissoutes.
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Analyses incomplètes.
Moyenne de 6 mois.
Moyenne de 0 mois.
Moyenne de 6 mois.
‘Moyenne de 9 années.
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2“ Collecteur d'Asnières.
(Eau (iltrée au papier.
Moyenne de 8 mois.
Moyenne de 4 mois.
Collecteur de Saint Denis et dérivation de Saint-Ouen (amenant les eaux à Gennevilliers
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Moyenne de 5 Moyenne de 5 Moyenne de 1
mois.
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A Collecteur de Saint— Denis (sans Bondyj.
(Ohs. faite le 10 juillel.)
,p 1 n • ^ Collecteur de Saint-Denis (avec Bondy] .
Paris, de Uondy et de Saint-Denis. — Matières suspendues et dissoutes.)
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(;cs deux exemples, empninlés aux deux plus grandes villes del’Hurope. nous paraissent suffisants pour donner une idée générale de la composition que présentent ces eaux.
Comme on le voit, elles renferment une énorme quantité de matières utilisables au point de vue de l’agriculture et de l’industrie, mais en même temps des éléments puissants d’infection pour les rivières.
Examinées au microscope, les eaux d’égout renferment une forte proportion de matières organiques en état de décomposition putride, ainsi qu’une quantité prodigieuse de bactéries et de corps améboïdes, et quelques infusoires inférieurs, principalement des paramécies. On y rencontre aussi quelques sporules de fongus, mais fort peu de diatomées et encore moins des infusoires supérieurs, tels que les rotifères.
D’après M. Cadiat, qui, à notre prière, a examiné les eaux d’égout de Paris avant et après l’irrigation, les conditions qu’elles présentent seraient encore moins favorables au développement de la vie. En effet, examinées avant l’irrigation, elles se caractérisent par 1 absence complète d’organismes inférieurs, animaux ou végétaux, et cela grâce aux quantités considérables d’ammoniaque et d hydrogène .sulfuré qu elles renferment. On y rencontre, à la vérité, des débris organiques assez abondants, mais point d’êtres vivants. Examinées après 1 iirigation, elles ne renferment pas davantage des animalcules ou des plantes. En effet, elles se sont clarifiées en se débarrassant du sable et des matières calcaires qu’elles contenaient, mais leur composition chimique n’a pas encore complètement changé. 11 faut, pour cela, une oxydation lente et qui ne peut pas s’opérer immédiatement.
Les eaux d’égout sont donc évidemment impropres à entretenir la vie dans les organismes les plus élevés, aussi voit-on leur présence faire rapidement disparaître la vie animale et végétale, ou du moins les poissons, les mollusques et les plantes aquatiques, dans les cours d’eau dont elles sont tributaires.
Encombrement du lit des fleuves. — Altération de leurs eaux. — Depuis longtemps on s’est préoccupé de l’altération des eaux de la Tamise, empoisonnées par les déjections delà plus grande capitale du monde. Nous nous contenterons d’étudier ici l’iufection de la Seine <,ui, quoique moins considérable, a pris depuis quelques aimées dos iiroportions inquiétantes.
En amont de Paris, dit M. Durand-Claye, dans la traversée de la capitale, ainsi qu’entre les fortifications et Asnières, la Seine présente un aspect satisfaisant, au moins à la simple inspection supcrliciclle.... Eu un certain nombre de points répartis sur les deux mes, des lile s
DES EAUX IMPURES ET MALSAINES
d’cauv impures sortent de divers établissements industriels ou des égouts de la banlieue et même des égouts de Paris non encore réunis au collecteur; mais ces lilets d’eaux impures sont rapidement noyés dans la niasse du fleuve. Les poissons vivent dans toute la largeur de la rivière, des végétaux d’ordre élevé poussent sur les berges, le fond de la Seine est formé de sable blanc — En aval du pont d’Asnières la situation change brusquement. Sur la rive droite de la Seine se trouve le débouché du grand collecteur de Clichy. Un courant considérable d’eau noirâtre sort de ce collecteur et s’épanouit en Seine, en formant une courbe parabolique. Cette courbe occupe une étendue variable dans le courant. En temps ordinaire, elle tient environ la moitié de la largeur du fleuve. En temps d’orage, elle se rapproche de la rive gauche. Cetle eau est chargée de déhris organiques de toute sorte : légumes, bouchons, poils, cheveux, cadavres d’animaux, etc. Elle est ordinairement recouverte d’une couche de matières graisseuses qui, Suivant la direction du vent, vient s’accumuler sur une rive ou sur l’autre. Une vase grise, mélangée de débris organiques, s’accumule le long de la rive droite et forme des bancs d’atterrissement qui, à certaines périodes de I année, présentent des saillies considérables hors de l’eau, et ne disparaissent que grâce à de coûteux dragages. . . . Cette vase est le siège d’une fermentation active qui se traduit par des bulles innombrables de gaz venant crever, à la surface de l’eau : pendant une grande partie de 1 année, et spécialement au moment des fortes chaleurs, ces bulles atteignent des proportions considérables : 1 mètre à 1”,50 de diamètre. Elles entraînent la vase en s’en dégageant et amènent à la surface des matières noires et infectes, qui cheminent ensuite à découvert avec le courant. Le passage d’un bateau soulève des flots d’écume et crée une 'éritable ébullition qui dure quelques minutes dans le sillage. Tous ces phénomènes se produisaient, en 1870, sur la seule rive droite du cuve et 1 infection ne se manifestait d’une manière évidente que sur le premier des trois bras que la Seine forme à Clichy.
Aujourd’hui le second bras est complètement envahi et l’altération se montiesur la rive droite du dernier bras. Aucun être vivant, aucun poisson, aucune herbe verte ne se rencontre dans le bras droit; dans le nas central le poisson recommence à apparaître et se retrouve dans le gauche. Les jours de grande jiluie d’orage, lorsque le courant des ^aux d égout a envahi la totalité de la largeur de la Seine, les poisiis peuvent être accidentellement détruits, même dans les parages ^ • s réqueritent habituellement, par suite de l’infection générale et porairc du fleuve.... Au delà des îles de Clichy, cl jusqu’à l’ilc
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DE 1,’EAD.
Saint-Denis, l’élévation continue en s’accusant un peu moins lortemeiit
à la surface A Saint-Ouen commence l’ile Saint-Denis qui séjiare le
fleuve en deux bras distincts, le bras gaucbe, alimenté par la partie la moins altérée dn fleuve et ne recevant du reste aucun nouvel affluent d’ean infecte, présente des eaux qui semblent d’une pureté très-suffisante ; le bras droit, au contraire, alimenté par le courant même du collecteur de Cdichy qui a suivi spécialement la rive droite, conserve devant Saint-t^ien et au delà les caractères d’infection constatés à Clieby, ceux-ci vont cependant en diminuant d’intensité apparente jusqu’au pont suspendu de Saint-Denis — Aux premières maisons de Saint-Denis des usines commencent à amener une recrudescence d’infection par un assez grand nombre de déjections industrielles, mais i leur action est peu de chose à côté de celle du collecteur départemental | qui débouche à quelques mèti’es en aval du pont suspendu. Cet égout j vomit une eau absolument noire et fétide dont l’odeur ammoniacale est des plus prononcées. Cette eau envahit bientôt la largeur complète du bras. Des écumes flottent sur toute la surface. Des bulles de gaz se
dégagent de tous côtés; cet état se continue avec une intensité presque constante jusqu’en face le village d’Épinay. Le fond du fleuve est dans tout ce parcours garni d’une vase noire, fétide, gluante, peuplée de vers rougeâtres qui ne se trouvent que dans les eaux de \idanges les pins infectes. Périodiquement cette vase émerge au voisinage de la bouche dn collecteur, et doit être extraite par dragage. Notons que la rivière du Gi’oult, qui débouche en Seine entre Saint-Denis et Épiiiay, vient ajouter un assez notable contingent d eaux industrielles à 1 alflux infect du collecteur.
D’Épinay à Argenteuil une amélioration apparente se manifeste.... D’Argenteuil an barrage de Bezons, la Seine présente un aspect acceptable, mais au niveau du barrage une odeur très-marquée se fait de nouveau sentir, les eaux impures semblent rejetées par le barrage sur la rive gaucbe. La vase noirâtre réapparaît sur tonte la largeur du bras avec une épaisseur de 0’“,70 environ. Bientôt l’odeur disparaît. Une végétation des plus abondantes garnit les deux rives.... A Marly, les basjoyers de l’écluse sont couverts d’un dépôt noir et létide, des écumes se voient le long du barrage et des appareils annexes. L’eau conserve toujours nue teinte foncée qu’elle manifeste également dans le bras droit qui passe devant Chaton. L’iutonsité de coloration du fleuve diminue gradiicllcincnt ; l’eau est encore trouble et d un goût peu agréable à Saint-C.ennain et à Maison-Laflite. Au delà, vers La 1-Vclle"ct Coullans et spécialcincnl après le coniluent de 1 Oise, la Seine
DES EAUX 15IPURES ET MALSAINES
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a repris une apparence, un état sensiblement analogue à celui qu’elle oITrait en amont des collecteurs. A Meulan, toute trace extérieure d’inléction a disparu ‘.
L’analyse chimique vient conlirmer les données que l'ournit l’inspection extérieure en montrant que les eaux impures qui se déversent en Seine jettent dans ce fleuve deux ordres de produits entièrement dillérents. Les matières minérales encombrent le cours du lleuve et altèrent sa composition par simple mélange, les matières organiques subissent une multitude de transformations en absorbant de l’oxygène et donnent, naissance à de l’acide carbonique, de l’eau, des carbures d’hydrogène, de l’ammoniaque, de l’hydrogène sulfuré et des sels divers.
Tant que les matières organiques azotées sont abondantes, l’eau est absolument impure ; lorsque la fermentation est achevée, les eaux présentent à la fois une diminution dans l'oxygène dissous et une disparition des matières organiques azotées, remplacées par des com- ])0sés divers et en particulier par l’ammoniaque ; enfin, lorsque, par suite du mouvement et de l’aération, elles ont redissous une quantité normale d’oxygène, elles redeviennent réellement potables, c’est ce qui a lieu pour la Seine au niveau de Meulan.
Quelques caractères chimiques de cette eau permettent d’en juger la valeur :
Par mètre cube
Pont d’Asnières, amont du collée-
Azote
organique
Azote (olal y compris les sels ammoniacaux
Oxygène dissous par litre, en cent. cub.
lecteur
lz',5
Clichy, aval du collecteur, bras droit
Saint-Ouen, bras droit