Blanc. Pouvoir absorbant minimum
Le blanc résultant de la réflexion de toutes les couleurs, doit donc occuper la dernière place dans cette liste. A l’ombre, la couleur semble être à peu près sans action (Coulier et Bâche).
Dans nos contrées, où 1e froid est plus à craindre que la chaleur, il laut donc choisir un vêtement de laine, qui conservera le mieux notre chaleur; il devra, en même temps, êire de teinte foncée, de façon à absorber la chaleur solaire.
L’étoffe étant choisie en tenant compte de ces principes, il reste encore une condition importante à remplir; elle doit mettre à l’abri de Vhumidilé.
La question est double. Il y a ici, par rapport aux vêtements, humidité extérieure : c’est l’eau contenue dans l’air; et humidité intéiieurc ; c est l’eau qui provient de l’enveloppe cutanée par la sueur.
foute étoffe fixera lorcément de l’eau ; mais cette eau y sera sous deux états très-différents : à l’état d’eau hygrométrique, non constatable à la main, mais à la balance, ou à l’état d’eau d’interposition. Cette dernière change complètement les propriétés physiques d’une étofl'e.
Le coton absorbe le moins d’eau hygrométrique; la laine, au contraire, en absorbe le plus. C’est elle aussi qui conserve le plus facile-
DES VI'TEMENTS
ment ol en plus grande quantité l'eau d’interposition : de là sa sup<;riorité dans les exercices violents. Elle absorbe la sueur ; elle se sature d'eau qui, ne passant pas immédiatement à l’état de vapeur, ne prend pas au corps de calorique, et par conséquent abaisse moins la température. La vaporisation étant lente et graduée, il n’y a pointa craindre un refroidissement brusque.
Peu à peu les vêtements, si l’on n’a le soin de les changer et de les laver fréquemment, s’imprègnent de sueur et deviennent la cause d’irritations de la peau.
Les vêtements imperméables ontjm inconvénient très-grave : s’ils arrêtent 1 eau extérieure, ils conservent aussi la vapeur d’eau produito intérieurement par la transpiiation. On se trouve alors plongé dans un bain de vapeur, et le corps est maintenu en permanence dans un milieu saturé d’humidité. C’est là le reproche grave à faire aux vêtements de caoutchouc.
Nous ne reviendrons pas sur ce que nous avons dit de l’ampleur des vêtements, qui doit être plus ou moins grande, selon l’âge et le climat. Insistons seulement sur ce point, que toute compression excessive, en gênant la circulation capillaire, produit sur les parties du corps où elle s’exerce des congestions dangereuses et des déformations souvent incurables. Il ne faut pas que la ceinture ou le corset porte jusqu’à l’exagération la finesse de la taille. Il y a une perversion de goût et, disons-le, un coupable attentat contre soi-même, dans cette application de certaines femmes, et même de certains hommes, à réduire à un étranglement ridicule et choquant la partie moyenne du corps. La femme mince est loin d’être la femme svelte. Le corset trop serré, trop raidi par des lames de baleine, détruit la gracieuse ondulation des lignes, rend la marche saccadée, plaque le visage de rougeurs malsaines, et surtout, en contrariant le libre jeu des organes respiratoires, paraît être, pour certains auteurs, une cause de phthisie. Loin de nous cependant la pensée de faire au corset un procès trop sévère. Il est indispensable pour assurer le développement régulier des formes, maintenir les jeunes personnes dans l’hahitude de .se tenir droites et de ne pas s’abandonner à une liberté d’allures très-nuisible à la beauté. Le corset sert encore à corriger le trop grand relief fit l’élasticité disgracieuse des poitrines débordantes. Au reste, depuis assez longtemps la fabrication des corsets est entrée dans une voie que nous j)ouvons appeler sanitaire. La femme a compris que l’élégance et la grâce ne .sont pas le résultat d’une maigreur simuléo. üieu souvent
coimmE.
on a peine à distinguer entre celle qui porte un corset et celle qui se borne à enfermer sa poitrine dans une simple brassière de toile.
Los bretelles aussi sont en progrès. Tout en maintenant le pantalon à la hauteur voulue, elles n’exercent plus cette action désastreuse qui, à la longue, forçait l’homme à marcher le dos courhé et la tête portée en avant. Nous devons au caoutchouc cet heureux perfectionnement.
Nous en dirons autant de la jarretière. Beaucoup de femmes l’ont .supprimée, en lui substituant des tirettes de caoutchouc qui s’attachent en dedans à la ceinture de la jupe. C’est aussi une louable habitude, quand on en use, de la boucler au-dessus du jarret. Nous n’avons pas à nous en occuper pour les hommes, à qui le pantalon et le caleçon ont permis de changer le bas pour la chaussette.
La coiffure, dont nous avons déjà touché un mot, est une pièce importante du vêtement. Elle varie aussi suivant l’àge, le pays, le sexe et le tempérament. II est donc impossible, à ce propos, d’établir une règle absolue. La tête do l’enfant, dont l’ossature est incomplète, a surtout besoin d’être protégée contre les influences de l’air et contre le choc des objets extérieurs ; mais on doit éviter les doubles et triples béguins dont la sollicitude maternelle, souvent peu éclairée, couvre le crâne des nouveau-nés. La coiffure des enfants plus âgés doit toujours être légère en toute saison, et les défendre suffisamment du froid et du chaud qui les exposent aux coryzas et aux méningites. Autant que possible, dans l’intérienr des maisons, les jeunes gens et les hommes mûrs doivent rester nu-tête. L’habitude de se couvrir en toute occasion amène les calvities précoces et dispose aux catarrhes et autres inllammations des muqueuses.
Le chapeau à haute forme est certainement, au point de vue de l’aération, préférable au chapeau mou; mais celui-ci est plus commodément adapté à la forme de la tête, et défend mieux contre la pluie et les ardeurs du soleil.
Les coiffures de nuit ont beaucoup d’inconvénients, en ce qu’elles déterminent une transpiration plus abondante. Cependant nous no nous permettons pas de les proscriic, à condition qu’elles seront toujours légères et ne seront pas maintenues sur les tempes par le ruban-feu dont nos pères ceignaient et ornaient leur serre-tête.
Quant à la coiffure des femmes, on ne peut rien décider de préci.s, Elle est tantôt un abri et tantôt un ornement ; le plus .souvent un prétexte à ornementation. Nous sommes loin aujourd’hui des échafaudages du dernier siècle, où les femmes portaient sur la tête tout un
DES VÊTEMENTS
édifice de fleurs, de rubans cl iiicine de l'ruils. Le cliapcaii caljiiolel a aussi lait sou temps. Aujourd’hui, les chevcu.x constituent la partie capitale de la coilTur^p féminine.
Le chapeau, dont le modèle varie du soir au lendemain, ne sert plus que d’attache aux plumes et aux guirlandes de fleurs. Que conseiller quand a chaque instant la mode vient dérouter l'e.xpérience de 1 hygiéniste? Tout ce que nous pouvons dire aux femmes, c’est de se conserver la tête fraîche et d’être le moins ridicules possible.
La coiffure la plus naturelle du soldat est le casque ancien. Il a cependant le défaut d’être trop lourd et de fatiguer la tête. Le képi est léger, élégant, martial; c’est tout ce qu’on peut en dire, d’autant plus qu il remplace avantageusement les gigantesques bonnets à poils des vieux grenadiers et le shako monumental des fantassins du premier Empire.
Il serait bon pour tout le monde, autant que possible, d’avoir toujours le cou nu ou du moins dégagé. C’est là surtout que la compression offre des dangers réels. Les cravates étoffées d’autrefois; les cols carcans, imposés surtout aux militaires, en pressant sur les carotides et les jugulaires, déterminaient souvent des coups de sang et des oppressions. Heureusement la cravate n’existe presque plus que pour mémoire. La cravate n’est qu’un nœud ou un plastron, et nous ne croyons pas qu’on revienne jamais à la méthode de strangulation ou d’étouffement adoptée par les incroyables du Directoire, les beaux de l’Empire et les dandys de la Restauration et du romantisme.
Le cou de la femme est fait pour les chaînes d’or, les médaillons, les colliers de perles et les rivières de diamants. Dans les temps froids, et au sortir du bal ou du théâtre, la cravate, même avec surcroît de palatine et de burnous, ne serait pas hors de saison.
La poitrine doit être protégée, mais non calfeutrée. Ceci nous ramène au maillot des enfants, qui se conserve encore dans nos contrées malgré les protestations des médecins et des philosophes. N’est-cc pas, comme nous l’avons déjà dit, outrager la nature que d’impo.ser à do pauvres petits êtres qui ne peuvent se plaindre la torture de cette enveloppe à momie? Dès qu’il ouvre les yeux à la lumière, l’enfant esl poussé, par un instinct irrésistible, à se mouvoir et à se mettre eu contact avec Ions les objets dont il ne perçoit encore qu’une vague image; et c’est alors que, pour ajouter au tourment de cette impui.ssance, on cnq)risonue l’enfant dans un fourreau de plusieurs couches maintenues par des lisières. Le maillot produit des résultats tout contraires à ceux qu’on en allend. Au lieu de fortifier les enfants et de les
VARIÉTÉS. — CII.4USSURE.
préserver de loule déformation, on les affaiblit, souvent on les contrôlait, et toujours on les rend hargneux et pleureurs.
La flanelle sur la peau est devenue d’un usage à peu près universel. La seule recommandation à faire, c’est de s’en passer quand on peut, et de la changer souvent si on se trouve astreint à la porter par une susceptibilité extrême du corps aux refroidissements. 'La laine trop longtemps en contact immédiat avec la peau finit par s’imprégner de sueur et d’autres substances âcres, qui souvent sont l’origine d’affections cutanées, smon dangereuses, au moins fort désagréables.
L usage régulier des ablutions froides, en aguerrissant la peau contre les variations trop brusques de la température, exemptent ceux qui ont le courage de les pratiquer, des gilets de tlanelle et des inconvéiiients qu’ils entraînent.
La chemise de toile, quand la toile est fine, est préférable à la cliennsc de coton. Elle est meilleure conductrice du calorique; aussi se rcfroidit-elle plus rapidement. La chemise de coton est plus douce, plus ch.uide, absorbe mieux la transpiration : c’est la chemise d’à peu près tout le monde aujourd’hui. Qu’elle soit dç toile ou de coton important est d’en changer le plus souvent possible, et surtout de lie jamais garder pour la nuit la chemise qu’on a portée pendant le
I “’“™ns que peu de chose à dire, au point de vue de l’hygiène, des differentes formes de vêtements adoptées par les hommes et les ommes de notre temps. Généralement on vise, aujourd'hui, autant à la commod.to qu a I clegauce. Pour leuis ruées, les femmes ne s’altac ient plus, comme il y a peu de len.ps, à des torraes ridiculement c asees ou retrec.es. U beauté ne perd rien a ce goût judicieux, et la
J r '' ‘■“f “ ‘■f "“"P- dirions-nous aux lemmes de ..ejamais
décolleter? Le conseil no serait pas entendu. La femme en mande
il,. dîners de cérémonie et au bal, surtout si cl le a
d belles épaulés, ces épaule» qu elle cache elles elle, elle tiendra à les
,ue^ ir.: “ ’ii T,
ues auxquelles elle ne lien, nullement 'à plaire. La mode le veut,
recom ™°i ^ ^ celles qui ne passent pas. Bornons-nous doue à
mi.iander aux jeunes femmes de se décolleter le moins bas pos-
le s-iiln 1 lorsqu’elles exposent à l’admiration publique
dIuiii'- • ^ eur peau, l’angine, les pneumonies, les bronchites, les
1>| ’CSICS, sont a, à la porte, au dehors, même tout près, qui guet-
autre 'rneTt’ ’ ^
? une station troi. prolongée dans uiic embrasure de fenêtre, sul-
.W8 DtS VÉTKMliNTS.
fisent bien souvent, au milieu de l’excilalion d’un bal, pour amener
des relroidissemenls, bien souvent mortels
Nos vètemenls d’hommes sont aujourd’hui à peu près rationnels. Le panlalon, le (jilel, la redingote, le frac, le pardessus, ont à peu [ires conquis rinamovibilitc. On les modifie de temps à autre, dans la coupe, dans l’ampleur; on ne cherche plus à les remplacer. L’hvgiène les approuve, puisqu’elle n’a pas à se préoccuper, en ce qui concerne le vêtement humain, do ce qui est le plus conforme aux lois de l’élégance et du bon goût. Quelle que soit son enveloppe, l'homme sera toujours beau, s’il est bien portant.
La chaussure est, de toutes les parties du vêtement, celle dont l’homme primitif se passe le plus volontiers. Les Egyptiens n’en faisaient point usage, et dans tout l’Orient, l’habitude constante de se découvrir les pieds en signe de respect a presque habitué les populations à marcher nu-pieds. Le nègre de l’Afrique centrale, le maori de la Nouvelle-Zélande supportent difficilenuint l’usage de cette boîte qui blesse et comprime le pied, et les habitants les plus rustiques de nos campagnes semblent partager la même opinion. D’ailleurs, cette partie du vêtement, depuis les sandales et les cothurnes des anciens, a subi bien des changements. Nous ne pourrions plus nous faire aujourd’hui à ce système compliqué de courroies qui étreignaient le pied nu, passaient entre les doigts de pied, pour assujettir une semelle épaisse; notre délicatesse a de bien plus grandes exigences. La chaussure n’est plus une protection contre les aspérités du sol, elle est un vêtement. Elle doit couvrir complètement le pied sans en altérer la forme essentielle. Le plus, souvent la chaussure est faite de peau de bœuf, de veau, de chèvre et de chevreau. La peau de bœuf ou de vache n’est guère employée que pour les fortes chaussures des gens de la campagne. Le sabot, chaussure en bois très- usitée dans certaines provinces, serait plus sain que les autres chaussures, s'il n’avait rinconvénient de rendre lu marche très-difficile et de laisser le pied trop découvert, et par conséquent trop exposé à recevoir la pluie et la neige.
La bottine a à peu près supplanté dans les villes toutes les autres chaussures. Elle est légère, s’adapte parfaitement à la forme du pied, et fait corps avec le bas de la jambe. Les bottes, qui, outre qu’elles étaient lourdes, tenaient toujours le pied dans une sorte de bain de vapeur, ne sont plus portées qu’en temps de boucs, par les personnes obligées à de longues courses. Ajoutons cependant que la botte est la chaussure par excellence du militaire en campagne. Elle lui permet de marcher dans des terrains détrempés et de franchir a gué lescoui-s !